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Parlons entre Politiciens ! Par Mamadou Bamba Ndiaye

La contribution de son Excellence, Amadou Tidiane WONE , ancien Ministre, ancien Ambassadeur et actuel Directeur de Cabinet de l’ancien Président Me Abdoulaye WADE «Parlons politique», celle de mon ami Ibrahima Sène, PIT/ Sénégal «A propos du Wax Waxeet de Moustapha Cissé Lô» et les déclarations du Ministre d’Eta Mbaye Ndiaye, en meeting à Mbour, sur la nécessité de suspendre la traque des biens mal acquis, m’ont inspiré pour écrire ces mots.


Rédigé par leral.net le Vendredi 10 Avril 2015 à 22:03 | | 2 commentaire(s)|

Parlons entre Politiciens ! Par Mamadou Bamba Ndiaye
En effet, le ciel politique sénégalais est assurément assombri par des incertitudes pré-électorales. Nous allons tout droit vers des alliances politiciennes qui ne différeront guère de celles qui les ont précédées en 2000 et en 2012. Autrement dit, des alliances pour chasser du Pouvoir celui qui l’occupait au moment des élections et y installer de nouveaux « affamés », pour prendre leurs parts du gâteau, servi au festin de la République…, Mais dans tout cela, c’est le Peuple sénégalais qui en fait les frais, paie les pots cassés et reste sur sa faim… La politique, au Sénégal, étant une pièce de théâtre où le peuple n’est que simple spectateur. Il est devenu sûr et certain, que le Parti socialiste présentera, au moins, un candidat à la prochaine présidentielle, que les anciens de l’Afp auront également leur candidat, tout comme la fédération de la Gauche qui se profile à l’horizon. Bref, l’heure n’est plus à l’attentisme. Tous ces partis guettent le moment propice pour quitter le navire du Président Macky Sall afin de s’attaquer à ses choix politiques, pour justifier leur départ et préparer l’opinion à leurs thèmes de campagne. Du côté du Ps, des candidats comme Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall ou Mamadou Lamine Loum n’auront pas grand-chose à se reprocher dans le bilan du régime Macky Sall, surtout s’ils partent à la présidentielle sous la bannière d’une coalition non inspirée ou guidée par le Parti socialiste. Côté anciens de l’Afp, idem. Un Malick Gakou fut ministre sous l’ère Macky, mais l’on se rappelle sa démission surprenante, pour marquer son désaccord sur la vision du Président Macky Sall. Une bonne entrée en matière pour lancer son thème de campagne. La Gauche, par la voix d’un des leurs, M. Ibrahima Sène du PIT, insiste souvent, en parlant de la politique de l’actuel régime, sur la non application des recommandations des « Assises », comme s’il préparait leur thème de campagne contre le candidat Macky Sall, avec qui, cette Gauche a cheminé, pendant au moins, plus de trois! Pour le Pds qui a déjà choisi son candidat, en la personne de Karim Meïssa Wade, actuellement en prison, la contribution d’Amadou Tidiane Wone, directeur de Cabinet du Secrétaire général national du parti libéral, Me Abdoulaye Wade, laisse entendre que tout n’est pas encore dit. Celui-ci ouvre la voie des alliances qui pourraient se nouer avec des partis ayant des candidats autres que Karim Wade. Or, une probable alliance avec Apr, Reewmi d’Idrissa Seck ou même le Ps, pourrait changer la donne, au niveau des candidatures.
Le Plus frappant dans ce méli mélo est que les politiciens peuvent toujours s’entendre sur le dos du peuple ! Ils peuvent engager les populations dans des combats de rue, quelques fois sanglants, pour ensuite, négocier en catimini, sans pour autant en avertir les pauvres militants! On se rappelle le drame des jeunes de Colobane qui sont condamnés pour 20 ans de travaux forcés ! Leurs amis et parents de Colobane se battent pour les libérer, alors que les politiciens qui les téléguidaient se la coulent douce, dans les salons douillets de Ndoumbélane…C’est là le côté tragique de l’action politicienne pratiquée au Sénégal. L’autre problème chez nos politiciens, est qu’ils ne posent jamais les vraies questions qui intéressent le peuple quand il s’agit d’amender la constitution. Toutes les réformettes qu’ils envisagent sur la constitution, tournent autour de : comment accéder au pouvoir ? Comment y rester et comment le quitter ?
Rien sur les questions fondamentales concernant le rapport des Sénégalais, hommes et femmes de foi, avec la laïcité à la française ; ni sur la manière de préserver les ressources du pays afin qu’elles ne soient pas dilapidées par des dirigeants inconscients et véreux !
On se rappelle le duel présidentiel sur l’Affaire Arcelor Mittal, et autres querelles sur l’utilisation des fonds politiques, etc. Le statut des chefs religieux, musulmans comme chrétiens, devrait être clarifié dans la constitution. Ils pèsent souvent plus lourd que la fameuse société civile, qui fait de la régulation sociale un tremplin pour accéder aux strapontins du Pouvoir, alors que les chefs religieux sont sollicités ou en tout cas, interpellés, chaque fois que les politiciens commencent à déraper…
C’est pourquoi, j’estime que le Président Macky Sall devrait annoncer, un peu plus tôt, les termes de référence du prochain référendum, afin que l’on sache, ce qu’il faudrait, réellement, y mettre. Le contenu interpelle tout le monde.
L’actuel débat sur le mandat de 5 ou de 7 ans, pour le Président Macky est parti pour divertir les Sénégalais et les détourner de l’essentiel. En effet, un tel débat devrait être mené dans les seules structures de l’Apr. Il ne concerne pas la majorité des Sénégalais au stade actuel des choses. Il appartient au parti du Président de la République d’analyser les atouts et les contraintes du non respect de la promesse du Président Sall d’écourter son mandat de 7 à 5 ans. Quant au peuple sénégalais, il reste à l’affût et prendra, le moment opportun, la décision idoine.
Je ne saurai terminer mon propos, sans évoquer la sortie fracassante de l’ancien ambassadeur de France au Sénégal, Jean- Christophe Ruffin. Malgré le tollé que ces propos ont soulevé chez les camarades de Maguette Thiam du Pit, le fait, en soi, n’est pas du tout nouveau. L’ancien ambassadeur américain avait fait la même chose, avant de quitter le pays, de même que l’actuel ambassadeur de France, à Dakar, M. Paganon…Il y a à se demander pourquoi le PIT a-t-il attendu ce moment précis pour faire une réaction aussi musclée contre l’ancien diplomate français?
Peut-être que cela annoncerait un changement d’attitude et pourquoi pas d’alliance aussi ?
Le Sénégal s’habitue, petit-à-petit, à laisser des étrangers user et abuser de sa Téranga…Comment peut-on permettre à un ambassadeur de s’immiscer si brutalement dans notre politique intérieure, sans être rappeler à l’ordre? Il est vrai que l’académicien Ruffin voulait nous transmettre un petit message, mais l’a-t-on vraiment bien compris ?
Il est évident, que la France s’apprête à changer de politique à notre égard. Pour quelles raisons ? Les prochains évènements nous en diront davantage.
En attendant, chapeau bas à M. Ruffin, pour avoir su réveiller le patriotisme de nos camarades « embourgeoisés » de la Gauche sénégalaise!
En tout état de cause, la fin de 2015 risque d’annoncer la naissance de nouvelles alliances, qui vont donner des tournis à ceux qui ne sont pas habitués aux virages déroutants de nos politiciens locaux.
Dans ces moments de tractations et de « xumbal » en sourdine,j’invite le peuple sénégalais à rester plus vigilant par rapport aux vociférations et autres fanfaronnades politiciennes.

Mamadou Bamba Ndiaye
Ancien Ministre






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