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Pierre Lapaque représentant de l'Onudc au Sénégal : « L’Afrique de l’Ouest sera le point d’attraction des groupes criminels…»

Développer des niches criminelles en Afrique, c’est ce que veulent les groupes criminels qui œuvrent dans le trafic de la drogue. C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre, hier, le représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime lors de la présentation de son rapport sur cette question. Il a, par la même occasion, expliqué les raisons qui pousseraient les narcotrafiquants à vouloir faire de cette région leur « point d’attraction ».


Rédigé par leral.net le Vendredi 24 Juin 2016 à 11:59 | | 0 commentaire(s)|

Il faudra redoubler de vigilance dans la lutte contre le trafic de drogue sur le continent africain. Si on en croit le représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc), « de plus en plus, l’Afrique en général, et l’Afrique de l’Ouest en particulier, sera le point d’attraction des groupes criminels qui vont chercher à développer des niches criminelles ». Pierre Lapaque a fait cette déclaration, hier, lors de la présentation du rapport mondial sur la drogue. Selon M. Lapaque, plus les pays se développent plus ils attirent les narcotrafiquants. En plus de cela, il ajoute que le profil qui attire généralement les narcotrafiquants partout dans le monde est celui des jeunes âgés de moins de 25 ans et issus de classe moyenne. « Les marchés européens et nord-américains sont sursaturés. Donc les groupes criminels cherchent les pays émergents. Quel est le continent qui a 1 milliard d’habitants et qui va avoir 50 milliards d’habitants avec 50% d’hommes », a-t-il ajouté.

S’agissant des saisies de cocaïne concernant l’Afrique, il faut noter qu’elles sont passées de 0,8 tonne en 1988 à 5,5 tonnes en 2005, à 1,9 tonne en 2014. D’après le représentant de l’Onudc, « cette baisse ne veut pas dire qu’il y a moins de cocaïne qui arrive en Afrique ». D’après lui, « si on va au-delà de 2014, on s’aperçoit que, de décembre 2014 à mars 2016, période qui n’a pas été couverte dans ce rapport, il y a 22 tonnes de cocaïne qui ont été saisies en Afrique de l’Ouest ou à destination de l’Afrique de l’Ouest ». « Une bonne partie des saisies a eu lieu au Cap-Vert, un pays de passage lié à sa position géographique principalement par voie maritime et aérienne. De 2009 à 2014, les saisies en Afrique de l’Ouest ont augmenté et atteint 70% », a-t-il expliqué. De même, il souligne que le Cap-Vert est arrivé en tête en matière de saisie de cocaïne suivi de la Gambie. Concernant la Guinée-Bissau et le Sénégal, des données chiffrées pour les saisies de cocaïne n’ont pas été données. Mais, d’après M. Lapaque, la Guinée-Bissau est encore un point d’entrée de la cocaïne. D’ailleurs, il souligne que tous les pays de la façade ouest africaine reçoivent leurs lots. « Géographiquement proche de l’Amérique latine, ça devient très facile d’en trouver », a-t-il dit.

Pour ce qui est des recommandations, l’Onudc insiste sur « les systèmes de prévention dans le système éducatif et sanitaire ». Dans la même veine, Pierre Lapaque a aussi attiré l’attention sur les conséquences qui peuvent découler de l’emprisonnement d’un jeune drogué. Selon lui, « un jeune drogué n’a rien à faire en prison, c’est quelqu’un qui doit être traité dans un milieu ouvert pour pouvoir après se réinsérer ». « Quand vous êtes primo-délinquant en prison, vous aurez la malchance de sortir avec un Bts de délinquance. En Afrique de l’Ouest, on a pas mal de terroristes en prison. Si on mélange les jeunes, si on les met en contact avec ces derniers, on peut aussi créer de futurs terroristes », a-t-il averti.

Le Quotidien






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