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Plan Sénégal émergent: Les bases d’un programme ambitieux

Rédigé le Dimanche 16 Février 2014 à 10:39 | | 4 commentaire(s)

Le Sénégal aussi développé que la France ? Le rêve est permis au regard des transformations majeures que le PSE veut impulser à l’économie sénégalaise, lors de ces vingt prochaines années.



Plan Sénégal émergent: Les bases d’un programme ambitieux
Le Plan Sénégal émergent (PSE) est la nouvelle recette proposée par le président Macky Sall. «Cet objectif de développement durable se décline autour d’une vision nouvelle qui permettra d’atteindre l’émergence à l’horizon 2035, autour des valeurs fortes que sont la solidarité et l’Etat de droit», explique-t-on dans le préambule du document provisoire remis à la presse.

Le même texte ajoute que «la vision de cette nouvelle stratégie est celle d’un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire et dans un Etat de droit», avec ce slogan plein de sens qui résume la philosophie du plan : «Le Sénégal n’appartient à personne, mais nous appartenons tous au Sénégal». Selon le ministre délégué en charge du Budget, Mouhamadou Makhtar Cissé, «le PSE est l’aboutissement d’un travail de synthèse et de planification économique durant ces dix dernières années».

Le PSE est évalué à un montant de 10 287, 6 milliards de FCFA, d’après les ministres de l’Economie et des Finances, Amadou Ba et le ministre délégué chargé du Budget, Mouhamadou Makhtar Cissé. Le tandem qui a multiplié les sorties cette semaine en rencontrant tour à tour les députés et les conseillers économiques et sociaux pour une lecture expliquée de ce texte, ont assuré que son financement est acquis pour 7 326,6 milliards de FCFA, soit 71% tandis que le gap de financement à rechercher est de 2 964 milliards de FCFA, soit 29%.

«Le financement acquis, d’un montant de 7 326,6 milliards de FCFA, provient de trois sources : l’Etat pour 4 804,6 milliards de FCFA (66%) dont 1 296 milliards de FCFA de recettes additionnelles générées par la croissance à la faveur de la mise en œuvre des projets du PAP ; les PTF pour 2 056 milliards de FCFA (28%) ; le Privé pour 463 milliards de FCFA (06%)», détaille-t-on dans le document.

Selon la même source, le gap de financement, d’un montant de 2 964 milliards de FCFA, est à rechercher auprès des Partenaires financiers et techniques (PTF) pour 1 853 milliards de FCFA (56%) et du privé pour 1 111 milliards de FCFA (06%). Par conséquent, le besoin de financement à rechercher auprès des PTF est de 1 853 milliards de FCFA. Au total, au terme du bouclage du financement du PSE pour un coût de 10 287,6 milliards de FCFA, celle-ci serait financée par l’Etat : 4 804,6 milliards de FCFA (47%), les PTF : 3 909 milliards de FCFA (38%) ; le Privé à travers les partenariats public privé (PPP) pour 1 574 milliards de FCFA (15%).

Ce qui donne un enjeu tout particulier à la réunion du groupe consultatif de Paris les 24 et 25 février prochains, en France. Le président de la République l’a bien compris en décidant en personne de conduire la forte délégation sénégalaise dans la capitale française. Ce en vue d’aller trouver les ressources financières nécessaires à la réalisation des principaux projets et programmes inscrits dans le Programme d’action prioritaire (PAP).

Axes prioritaires du PSE

La vision pour l’émergence sur un horizon de 20 ans est déclinée à travers un plan stratégique décennal qui sera opérationnalisé en tranches quinquennales. Le plan stratégique repose sur trois principaux axes. Les secteurs ciblés sont, par ordre de priorité : les infrastructures et services de transports pour 1 561,638 milliards de FCFA soit 52,5%, avec notamment le projet de construction de l’autoroute Thiès-Touba, le projet de réhabilitation du chemin de fer Dakar-Tambacounda-Bamako, le projet de construction du chemin de fer Dakar-AIBD, le projet de réalisation de pistes rurales, le projet de construction de ponts.

Concernant, l’énergie, les investissements prévus s’élèvent à 291 milliards de FCFA, soit 9,8% avec le plan intégré de l’électricité et le service universel de l’énergie qui sont des macro-projets comportant des projets de renforcement des capacités de production selon un mix énergétique, d’interconnexion au réseau, de réhabilitation et d’extension du réseau de transport et de distribution. L’agriculture reste dans le PSE une priorité avec des financements de l’ordre de 231,797 milliards de FCFA, soit 7,8% où l’accent est mis sur la structuration de la filière arachidière, ainsi que sur la mise en place de 150 à 200 micro-projets de soutien à l’agriculture familiale.

Au-delà de ces priorités, l’eau potable et l’assainissement vont bénéficier pour 166, 971 milliards de FCFA, soit 5,6% avec le PEPAM pour la résorption de son gap de financement. L’Education et la Formation ne sont pas en reste avec 148,780 milliards de FCFA, soit 5%, avec les projets de construction de l’Université du Sine-Saloum et d’implantation du réseau d’Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel, Dakar campus international d’excellence. La santé aura sa part de ressources financières pour un montant de 100,545 milliards de FCFA, soit 3,4%, avec le Programme national de relèvement des plateaux techniques des hôpitaux et autres centres de santé et Dakar Médical City.

A ces six (6) premiers secteurs, suivent dans l’ordre cinq secteurs tout aussi importants, tels que le tourisme pour 47,622 milliards de FCFA, avec le projet phare de développements touristique intégré. La protection sociale qui est une des priorités du gouvernement, va bénéficier pour 40,4 milliards de FCFA, avec le développement de la couverture universelle par l’assurance maladie, le programme d’appui aux filets sociaux ; les risques et catastrophes pour 40 milliards de FCFA, avec le projet de gestion des eaux pluviales et le projet de résilience climatiques et gestion des risques et catastrophes.

L’environnement aura 23,237 milliards de FCFA, avec le projet d’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans la voie d’un développement durable du pays et la liste des projets n’est pas exhaustive.

Le Sénégal, un hub du futur

La finalité du PSE est de faire du Sénégal un hub dans la sous-région. Pour ce faire, le Sénégal devra miser sur ses atouts et opportunités afin d’enclencher et consolider la progression vers l’émergence. «Faire du Sénégal un hub logistique industriel régional répond à une logique double : capitaliser sur les atouts géographiques du pays en le positionnant comme porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest pour les corridors, en particulier pour le Mali et amorcer un processus d’industrialisation indispensable au rééquilibrage pérenne de la balance commerciale», lit-on dans le document.

«L’aspiration du hub multi-services est de faire de Dakar la plateforme régionale tertiaire pour les sièges d’entreprises et d’institutions internationales, pour les prestations de soins de santé, en matière d’éducation et de loisirs», ajoute la même source. Mais, cela passe par une croissance soutenue dans la durée.

La Gazette



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