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Poids de l’engagement moral en politique face au respect de la légalité.


Rédigé par leral.net le Samedi 20 Février 2016 à 23:54 | | 1 commentaire(s)|


L'annonce faite par le Chef de l'Etat sénégalais, M. Macky SALL, sur le maintien du septennat de son mandat en cours, après consultation du CONSEIL CONSTITUTIONNEL, semble semer discorde sociale, divergence, convergence d'opinions et controverses politiques; aussi bien au sein des populations, de la classe politique que des professionnels du droit.

La diversité des postures antagonistes est à l'aune de l'étendue des considérations d'ordre moral, politique et juridique.

Sur le plan moral, c'est la crédibilité du Président de la République qui semble engagée dès l'instant qu'il s'est prononcé devant le peuple sénégalais de son engagement à réduire à 5 ans le mandat présidentiel, dès son investiture à la magistrature suprême.

Cet engagement moral lui a valu confiance et adhésion de ses concitoyens ; jusqu'aux plus réticents.

Un contrat moral et historique sans précédent !

Le pacte moral d'une aventure républicaine avec le peuple est ainsi scellé!

Au-delà de son engagement moral vis-à-vis de la société civile, le Président Macky SALL s'est attiré à bon escient le soutien salutaire, responsable et conséquent de la majorité de la classe politique sénégalaise.

Pour rappel, l’hypothèque de notre démocratie a été évitée dans la dignité et dans la légalité par le peuple sénégalais, la société civile et les politiques, en réaction à une menace de révision de la constitution, notre charte fondamentale. Le peuple souverain proclamait « Touche pas à ma Constitution ».

La classe politique d'alors, dont l'APR du Président Macky SALL, s'y était engagée en toute intelligence et de haute lutte pour préserver l'intégrité de notre expression démocratique.
La société civile comme la classe politique tiennent à sauvegarder la souveraineté du peuple.

L'hébétude et l'incompréhension ambiantes provoquées ainsi par la volonté du Président de la République de se conformer à la décision (à l'avis pour d'autres) du CONSEIL CONSTITUTIONNEL, pose l'amorce d'un débat juridique mêlé de précaution sémantique.
Pour les commodités d'une analyse critique basée sur le triptyque: morale sociale, engagement politique et légalité institutionnelle, nous nous passerons du débat sur le principe de précaution sémantique.
L'équation juridique est la part émergente de la controverse qui divise professionnels du droit, hommes politiques; engluant sur leur passage la société civile.
La posture juridique épousée par le Président de la République M. Macky SALL est assujettie à son attachement indéfectible à la sacralité de nos institutions républicaines.
Il aurait le tort de discréditer la légitimité légendaire de nos juridictions en se dérobant par voie consultative à la position des cinq sages du CONSEIL CONSTITUTIONNEL.
Son libre arbitre érigée de fait en sentence par une "flexibilité juridique" (pour ne pas dire vide juridique) est constatée et partagée par tous.
Le hic réside dans le glissement opportuniste du poids de l'engagement moral et la perspective de donner caution à nos juridictions et par ricochet à notre démocratie.
Pour ainsi dire la morale politique n'est salutaire qu'à partir du moment où elle n'entrave pas l'intégrité de nos institutions républicaines et la souveraineté du peuple.
Néanmoins le recours au référendum est un rendez-vous historique, démocratique et républicain pour que le peuple tranche sans complaisance.
Ce référendum est, de la part du Président de la République du Sénégal, une audacieuse mise à l'épreuve de son avenir politique.
Le Président de la République, reconnaît ainsi que seule la souveraineté du peuple triomphera!
Papa Waly DIOUF
Consultant en diplomatie
et en Communication Politique






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