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Pour échapper à la justice, Assange n'a que peu d'options

le 17 Août 2012 à 10:37 | Lu 465 fois

Le Royaume-Uni est bien décidé à arrêter le fondateur de WikiLeaks au moment même où il mettra le pied hors de l'ambassade.


Pour échapper à la justice, Assange n'a que peu d'options
Le feuilleton Julian Assange est loin d'être fini. L'asile politique accordé par l'Équateur au fondateur de WikiLeaks ne règle pas un problème fondamental: réussir à lui faire quitter le Royaume-Uni pour l'Amérique latine.

Le gouvernement britannique a en effet affirmé qu'il comptait bien mettre en œuvre la procédure d'extradition de Julian Assange vers la Suède. «Nous n'autoriserons pas M. Assange à sortir librement du Royaume-Uni, et il n'y a aucune base légale à ce que nous le laissions partir», a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

Comment Julian Assange pourrait-il réussir à échapper aux autorités britanniques? Voici quelques scénarios possibles explorés par la presse anglo-saxonne.

• L'emmener jusqu'à l'aéroport dans une voiture diplomatique équatorienne

Les voitures diplomatiques sont protégées et ne peuvent pas être fouillées par les autorités du pays où elles se trouvent. Leurs occupants ne peuvent donc être arrêtés. Mais, pour entrer dans cette voiture, Julian Assange devra obligatoirement mettre le pied hors de l'ambassade. L'immeuble où se situe l'ambassade de l'Équateur ne possède pas en effet de parking souterrain. Impossible donc de rejoindre un véhicule diplomatique sans se retrouver, même le temps de traverser un trottoir, sur le territoire britannique. Et les policiers postés devant l'ambassade n'attendent qu'un seul pas de Julian Assange pour l'arrêter.

Même si l'ambassade avait été équipée d'un parking souterrain, le même problème se serait posé à l'aéroport, où Julian Assange aurait dû poser pied à terre pour pénétrer dans l'avion.

• Le mettre dans une valise diplomatique

Techniquement, une valise diplomatique, qui est inviolable, peut faire n'importe quelle taille. Julian Assange pourrait donc être placé dans un conteneur qui l'emmènerait jusqu'en Équateur. Mais cette hypothèse reste hautement improbable, les valises diplomatiques «ne pouvant contenir que la correspondance, des documents ou objets de caractère officiel», comme le rappelle le site du ministère français des Affaires étrangères. Pas question donc d'y mettre un être humain.

Et si l'Équateur tentait quand même le coup? Là encore, le fondateur de WikiLeaks serait rapidement arrêté, les autorités britanniques étant loin d'être dupes sur le contenu de la «valise». Comme l'explique la convention de Vienne, «si les autorités compétentes de l'État de résidence ont de sérieux motifs de croire que la valise consulaire contient d'autres objets que la correspondance, les documents et les objets visés (par la convention de Vienne de 1963), elles peuvent demander que la valise soit ouverte en leur présence par un représentant autorisé de l'État d'envoi.»

• Lui donner un passeport diplomatique équatorien

Pour cela, il faudrait que Julian Assange obtienne le statut de diplomate. Si l'Équateur peut faire de lui un agent diplomatique, il faut que ce statut soit validé par le pays d'accueil, soit le Royaume-Uni. Improbable, donc.

• Demander un sauf-conduit

L'Équateur songe à saisir la Cour internationale de justice de La Haye pour contraindre la Grande-Bretagne à accorder un sauf-conduit à Julian Assange. Ce dernier pourrait alors rejoindre l'aéroport sans être inquiété par les forces de l'ordre britannique. Mais, comme l'a rappelé la commissaire européenne chargée de la Justice, Viviane Reding, Julian Assange est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen «et doit donc être entendu par les juges en Suède». Un argument auquel la Cour de justice devrait être sensible. De plus, une telle procédure pourrait durer de longs mois.

• Le faire rester dans l'ambassade pendant plusieurs mois ou années

Il s'agit à ce jour du scénario le plus sûr pour le fondateur de WikiLeaks. Le chef de la diplomatie britannique a rejeté l'hypothèse d'un assaut des forces de l'ordre sur l'ambassade d'Équateur. Julian Assange est donc en sûreté au sein du bâtiment. William Hague l'a lui-même reconnu: il n'y a «pas de limite de temps» pour résoudre ce casse-tête diplomatique, qui pourrait s'étaler dans le temps de manière «considérable». Cette situation n'aurait rien d'inédit. Pendant la guerre froide, le cardinal Jozsef Mindszenty avait trouvé refuge à l'ambassade américaine de Hongrie durant quinze ans.



Par lefigaro.fr