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Pour relancer le tourisme, le Sénégal mise sur la suppression des visas

« Pour la relance du tourisme, le visa payant pour l’entrée au Sénégal sera supprimé à compter du 1er mai 2015 », a annoncé le président sénégalais. Depuis sa mise en vigueur le 1er juillet 2013, le visa – appelé d’abord de réciprocité car exigé aux seuls ressortissants de pays réclamant aux Sénégalais un visa – puis biométrique, était accusé d’être un frein au tourisme au pays de la Téranga (l’hospitalité, en wolof).


Rédigé par leral.net le Samedi 11 Avril 2015 à 12:59 | | 4 commentaire(s)|

Pour relancer le tourisme, le Sénégal mise sur la suppression des visas
Le secteur touristique souffre depuis quelques années et les chiffres sont éloquents. De 491 552 en 2008, le nombre de visiteurs débarquant à Dakar est passé à 444 432 en 2012 au moment où Youssou N’Dour, alors ministre du tourisme, annonçait un objectif d’un million par an.
Lors de sa mise en vigueur, « il y avait 1 500 réservations par jour » pour l’obtention du visa, déclarait Amadou Diallo, consul général du Sénégal à Paris. Les autorités sénégalaises n’ont pas manqué de communiquer sur les bons chiffres lors de la mise en place de ce visa payant.
La verte et culturelle Casamance

Dans un hôtel chic du 16e arrondissement de Paris, Abdoulaye Daouda Diallo, ministre sénégalais de l’intérieur, annonçait en novembre 2013 : « 85 736 visas ont été délivrés en quatre mois. » Mais depuis, les communications sur les « bons chiffres » sont devenues rares.
Selon le consul du Sénégal à Paris, il y a eu « 19 738 visas délivrés » en 2014 dans la capitale française où « près des deux tiers des visas d’entrée au Sénégal sont délivrés ». La baisse s’est poursuivie au premier trimestre de 2015 avec 3 577 visas attribués de janvier à avril 2015.
Le Sénégal est l’un des pionniers africains en matière de tourisme, où il s’est développé à partir des années 1970 grâce à la verte et culturelle Casamance puis au niveau de la station balnéaire de Saly, au sud de Dakar. En 2013, le pays avait choisi d’exonérer de visas les touristes voyageant avec les tours-operators, une mesure qui a été reconduite en 2014 puis en 2015.

« Ils représentent 70 % des touristes voyageant en circuit », estime Blandine Leguichaoua, gérante d’Origin’Africa, une agence internationale organisatrice de séjours au Sénégal. « Le visa est un faux problème mais une vraie contrainte pour les touristes, formule-t-elle. Plus l’accès à la destination est facile plus les touristes sont nombreux. »
Saluant la future suppression du visa d’entrée au Sénégal comme « une décision importante », Saoudatou Ndongo, responsable de la promotion touristique à l’ambassade du Sénégal à Paris, estime qu’il « est faux de dire que le visa est un manque à gagner pour le tourisme, car la mesure concernait très souvent les binationaux, qui n’étaient pas à jour avec leurs papiers sénégalais. »
Il y a effectivement une forte présence de Français d’origine sénégalaise dans les files d’attente au consulat du Sénégal à Paris, comme à l’aéroport de Dakar, deux centres principaux d’obtention du visa sur les treize dans le monde.
« On signe des deux mains »

La fin du partenariat entre le Sénégal et la Snedai, la société de l’homme d’affaires ivoirien Adama Bictogo chargée de l’impression des visas, devrait faire des heureux. « Cette mesure a servi à enrichir indûment des amis à travers la société Snedai, dont le chiffre d’affaires est estimé à 32 milliards de F CFA, accuse Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique sénégalais, la principale formation de l’opposition. Les chiffres du ministère de l’intérieur révèlent que l’Etat ne gagnait que 1,5 milliard par trimestre. »
L’accord stipulait que le Sénégal et la Snedai se partageaient à parts égales le coût de chaque visa (52,5 euros). « Le PDS signe des deux mains la suppression du visa, poursuit Babacar Gaye. Même si elle va engendrer une perte d’une centaine d’emplois. » Quid des investissements effectués aux quatre consulats du Sénégal en France (Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux) ?
La suppression du visa relancera-t-il pour autant le tourisme ? Rien n’est moins sûr. « Le pays devrait maintenant axer sa communication sur le tourisme de découverte et proposer autre chose que du balnéaire, avec plus de visibilité sur le marché français [43 % des touristes viennent de France] », conseille Blandine Leguichaoua.

Lemonde.fr






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