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Pour sa famille kényane, Obama a gagné "parce qu'il sait aimer les gens"

le 7 Novembre 2012 à 08:10 | Lu 481 fois

AFP - Kogelo, le village des origines kényanes de Barack Obama, a célébré mercredi la réelection du fils du pays, qui a gagné "parce qu'il sait aimer les gens", selon sa grand-mère, Sarah Obama.


Pour sa famille kényane, Obama a gagné "parce qu'il sait aimer les gens"
La troisième femme du grand-père paternel de Barack Obama n'a pas de lien de sang avec le président américain réélu, mais ce dernier a fait savoir qu'il la considérait comme sa grand-mère paternelle, et il lui avait rendu visite en 2006 à Kogelo, quand il n'était encore que sénateur.

Très vite mercredi matin, le petit village de l'ouest du Kenya, niché dans les collines à une soixantaine de km du lac Victoria, a convergé chez "Mama Sarah".

"En venant chez Sarah, nous accueillons Obama", scande la petite foule. Avant que la famille Obama n'invite les journalistes à une conférence de presse sur la pelouse du jardin.

"Il a gagné par la grâce de Dieu," assure alors cette grande-mère de 90 ans. "Et aussi parce qu'il sait aimer les gens, il n'a pas le goût de la division. C'est pour cela qu'il a gagné," ajoute-t-elle dans sa langue maternelle, le luo.

"La victoire de M. Obama résonne tout particulièrement dans le continent" africain, parce que "dans beaucoup trop de nos pays, les divisions ethniques s'opposent à la construction de sociétés prospères et tolérantes", a estimé, comme en écho à Sarah Obama, le Premier ministre kényan Raila Odinga depuis la capitale Nairobi.

Le Kenya "est, comme toujours, fier de ses liens" avec le président américain, a renchéri de son côté le président kényan Mwai Kibaki.

Pour la grand-mère de Barack Obama, la réelection de ce dernier est encore plus importante que sa conquête du pouvoir il y a quatre ans. "Il est revenu une seconde fois, et il a gagné," lâche-t-elle.

Interrogée sur la déception des Kényans qui attendaient une visite du président Obama au cours de son premier mandat, "Mama Sarah" rétorque que "nous ne pouvons pas être amers". Son petit-fils doit avant tout s'occuper des Etats-Unis.

A Kogelo, nombre d'habitants ont veillé toute la nuit jusqu'à ce que les résultats donnent Obama vainqueur.

"Cela a été dur cette fois, rien à voir avec la fois dernière," reconnaît Calvin Odinga. "Mais nous sommes contents qu'Obama ait réussi".

Ce pharmacien de 35 ans n'a pas assisté à la nuit électorale organisée au Kogelo Village Resort pour 1.000 shillings (9 euros), une petite fortune pour la plupart des habitants.

Mais dans un petit local sombre situé à quelques centaines de mètres de là, il a fait partie des irréductibles qui ont refusé d'aller se coucher jusqu'à l'annonce de l'issue du scrutin américain.

La première partie de la nuit, tant que l'adversaire républicain, Mitt Romney, tenait la corde, a été difficile.

"Nous espérons qu'il fera plus"

"J'espèrais", dit Frederick Odinga, un fonctionnaire local de 27 ans. "Je savais que les bastions d'Obama sortiraient plus tard."

Il a fallu attendre le point du jour à Kogelo, pour que CNN annonce le président américain sortant vainqueur en Californie, puis dans tout le pays, provoquant une explosion de joie au village.

Sur le chemin de l'école, quelques enfants, pieds nus pour la plupart, s'attardent quelques minutes autour de la petite foule en liesse. Quelques habitants crient, mi-timides, mi-fiers, "Obama yes", au passage de journalistes.

Certains auraient tout de même aimé voir Obama faire davantage pour l'Afrique, et le Kenya. Le président américain n'a visité qu'un seul pays du continent pendant son premier mandat, le Ghana.

"Il nous a vraiment déçu en ne venant pas au Kenya (...) Nous espérons que cette fois il viendra nous rendre visite," lance Jack Koyoko, un charpentier de 32 ans.

Certes, grâce au coup de projecteur donné par la première élection d'Obama, Kogelo a changé en quatre ans : la route principale a été goudronnée, l'électricité et l'eau courante sont arrivées au village. Mais pas encore dans toutes les maisons.

"Nous espérons qu'il fera plus," glisse Jack Koyoko, venu tout de même célébrer la victoire.


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