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Pourquoi je suis décidé à soutenir Macky Sall


Rédigé par leral.net le Lundi 7 Avril 2014 à 21:09 | | 2 commentaire(s)|

En politique il n’y a, semble-t-il, pas de sentiment. C’est ce qu’on a l’habitude d’entendre en tout cas. J’ai pendant longtemps « fait de la politique » en restant dans les antichambres, dans les couloirs de la réflexion et de la bataille des idées à travers les médias, entre autres espaces. Cette posture a créé autour de ma personne un « mythe de l’intellectuel », ce qui veut dire en d’autres termes moins élégants « un esprit libre qui prend les autres pour des moins que rien ou des demeurés ». Cette étiquette pas très glorieuse a finalement perdu beaucoup de personnes de bonne foi qui pensaient bien faire en s’engageant par la plume et la parole afin de faire triompher des idéaux estimés justes. Un bon nombre de ceux qu’on appelle « intellectuels » ont finalement quitté la politique incompris et méprisés par les professionnels de ce « domaine réservé ». D’autres ont pourtant su faire preuve d’une intelligence inouïe en réussissant la belle prouesse de se faire admettre comme intellectuel et comme politique. C’est le cas de l’icône Abdoulaye Wade, le personnage public le plus « retentissant » de notre histoire politique. Quelqu’un me disait de Wade qu’il était « politique chez les intellectuels mais intellectuel chez les politiques ». Il est parti, vaincu par la volonté populaire malgré les réalisations inédites et les bonds en avant qu’il a fait faire à notre démocratie et notre marche pour le développement. Tout le monde n’accepte pas ce verdict auquel moi je reste scotché comme sur ma date de naissance ! Mais la vie est ainsi faite : l’unanimité relève plus du miracle que de la logique. Il est heureux de constater que l’actuel locataire du Palais de Roume a plusieurs fois reconnu les mérites de son prédécesseur sur qui d’ailleurs il n’a jamais tenu de propos désobligeants…La politesse de Macky Sall et son humilité sont des traits de caractère qui m’ont toujours impressionné chez lui et qui expliquent en partie ma décision de lui apporter mon soutien dans l’œuvre de construction nationale, conformément à ses vœux de voir le plus de patriotes possible, mobilisés autour de son programme de développement.
Pressenti par l’ancien Président pour occuper un poste d’ambassadeur en Russie (la seule fonction que je me croyais prêt à remplir avec succès), j’ai été l’objet de calomnies et d’agressions « métaphysiques » (c’est pour rire) qui n’avaient qu’un seul but : pousser Wade à renoncer à cette idée. J’étais à l’époque membre assez « visible » de la Cellule Initiative et Stratégie (CIS), structure des cadres du PDS que dirigeait alors Macky Sall. Alors que beaucoup de vieilles connaissances devenues ministres m’évitaient, je n’ai jamais su pourquoi, il eut la gentillesse de m’interpeller sur la question de « mon dossier russe » en s’inquiétant qu’il n’ait pas encore évolué positivement. C’était en 2003 à l’hôtel Savana où le ministère de la pêche où j’officiais comme conseiller en communication et le ministère de l’intérieur tenaient des travaux (séparément) au même moment. Je n’ai jamais oublié. L’ambassade fut finalement ouverte en 2004 et j’eus l’honneur d’avoir œuvré à son installation en qualité de Premier Conseiller.
Mais il n’y a pas que l’affectif qui me pousse vers le Président de la République. Celui que j’ai qualifié de « force tranquille » dans mon livre dédié à la réélection de Wade intitulé « MOYRAW, le peuple est avec Lui » sorti en décembre 2011, celui là donc, bénéficie aujourd’hui de la collaboration d’acteurs de la scène politique nationale qui ont eu à le traiter de tous les noms d’oiseaux ! Loin de moi l’idée de vouloir diaboliser ces derniers…Au contraire !J’ai bien appris la leçon : lorsqu’en 2003 Wade se sépara du ministre Pape Diouf taxé injustement d’être un pro-Idy, j’avais exprimé mon indignation face à l’arrivée de Djibo Kâ au ministère de la pêche et liant le geste à la parole n’avais pas hésité, un seul instant, à remettre immédiatement les clés de la voiture (de fonction) et du bureau à la nouvelle équipe…La passation de service m’avait semblé sonner le glas d’une union sacrée que l’ancien Président avait profanée. Comment pouvait-on être aussi conciliant avec quelqu’un qui a failli vous barrer définitivement la route de la magistrature suprême et aussi féroce avec des « fils » qui ont eu le seul tort d’avoir suivi à la lettre vos recommandations ? Quelques années plus tard, j’ai compris que les intérêts de la Nation, ou peut-être, les exigences de la Haute Politique, pouvaient être à l’origine de décisions qui dépassent mon entendement mais qui se justifient…De ce point de vue, le Président Sall s’est retrouvé dans la même situation que l’ancien Chef d’Etat.
Les plus virulents opposants à Wade étaient aussi des anti-Macky déclarés. Ce dernier a constamment été l’objet d’une méfiance délirante dans la collaboration qu’il s’était vu imposer pour conquérir la Présidence de la République dans la période précampagne comme pendant les joutes fatidiques du premier tour. Ses alliés d’aujourd’hui sont, pour la plupart, des adversaires féroces qui n’avaient ménagé aucun effort pour empêcher le « fils de Wade » qu’il est, d’accéder à la tête du pays. Au second tour de l’élection présidentielle, leurs consignes de vote en faveur de Macky Sall apparaissent comme un baroud d’honneur, une posture monnayée aujourd’hui à un prix jamais espéré. Car de toute évidence-et la plupart des observateurs avertis l’ont déjà fait remarquer- consignes ou pas, la messe était fatalement dite pour le « Pape du Sopi ». Il faut surtout noter que des milliers de militants du PDS, désabusés depuis le départ de Macky Sall de leur formation, ont généreusement offert leurs votes au frère rebelle…Un instinct de conservation qui a sauvé la famille libérale ?
Auréolé du titre de « Président le mieux élu » du Sénégal, Macky Sall possède des atouts puissants comme la jeunesse et l’expérience (qui ne sont pas antinomiques dans son cas) pour faire mieux que ses prédécesseurs et propulser le Sénégal vers des lendemains meilleurs. Sa volonté d’assainir les rapports Etat-citoyens par la revalorisation des symboles nationaux et le culte du devoir est une donne qui satisfait les patriotes soucieux de l’équilibre nécessaire dans notre pays entre les exigences naturelles des Sénégalais et le réalisme qui doit guider nos prétentions légitimes. A ce propos, le triptyque rappelé dans son discours du 3 avril et décliné autour des axes que constituent « la consolidation de notre expérience démocratique, le renforcement de l’Etat de droit, la stabilité et la modernisation de nos Institutions » est à considérer comme la pierre angulaire d’un projet déjà en exécution qui devrait bénéficier de l’adhésion en masse de nos concitoyens…Le Président Sall comme l’a souligné récemment une éminente personnalité politique, est celui qui doit redonner à l’Etat, l’image de la principale force régulatrice de nos ambitions collectives et individuelles, celle de garant respecté de nos libertés et de nos droits à la justice sociale…D’abord !
Senghor, Diouf et Wade ont chacun, avec des fortunes différentes, fait ce qu’ils ont pu. L’Histoire retiendra d’eux ce que la Raison dictera à la postérité. Aujourd’hui, avec le Plan Sénégal Emergent (PSE), Macky Sall a fait le pari de bâtir un Sénégal réformé, mieux préparé dans sa recherche de la performance. Il aura besoin de toutes les compétences, notamment, je le répète sans complexe, celles issues de son ancienne formation, prêtes à franchir le pas de la contribution citoyenne…A cet égard, le rêve de Djibo Ka de voir Wade et Macky se retrouver, est aussi celui de tous ceux qui, attachés à l’idéal qu’incarnait le père du libéralisme sénégalais, voudraient soutenir le Pésident Sall dans sa quête d’un Etat fort et respecté…





Souleymane Anta Ndiaye
Docteur en Pédagogie
Initiateur du Pôle de Jonction
Président du FORA














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