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Première condamnation à mort pour apostasie en Mauritanie

le 26 Décembre 2014 à 03:30 | Lu 462 fois

Pour la première fois en Mauritanie, un jeune homme a été condamné à mort pour apostasie. - Capture Google Map


Première condamnation à mort pour apostasie en Mauritanie
La première condamnation à mort pour apostasie de l'histoire de la Mauritanie depuis son indépendance en 1960 a été prononcée mercredi soir à Nouadhibou. Un Mauritanien, musulman, a été inculpé après un écrit considéré comme blasphématoire.
En détention depuis le 2 janvier, Mohamed Cheikh Ould Mohamed, l'accusé de 29 ans, avait plaidé non coupable mardi à l'ouverture de son procès. Lorsque la Cour l'a déclaré coupable d'apostasie et condamné à mort tard mercredi soir, le prévenu s'est évanoui, avant d'être ranimé puis reconduit en prison.
«C'est l'affaire d'un criminel qui a eu ce qu'il mérite», a estimé jeudi devant la presse à Nouakchott Jemil Ould Mansour, président du parti islamiste mauritanien modéré Tewassoul.
Défendre sa caste
Poursuivi pour un écrit dénoncé comme blasphématoire et portant atteinte au prophète Mahomet, le jeune homme a réfuté cette accusation en expliquant qu'il n'avait pas l'intention de critiquer le prophète mais de défendre une composante sociale «mal considérée et maltraitée», la caste des forgerons («maalemines»), dont il est lui-même issu. Dans un article controversé, le jeune homme accusait la société mauritanienne de perpétuer un «ordre social inique hérité» de cette époque.
La charia pour loi
République islamique, la Mauritanie est un pays où la charia (loi islamique) est en vigueur. A l'annonce du verdict, de bruyantes scènes de joie ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi à Nouadhibou, tant au tribunal que dans les rues, mais également à Nouakchott, la capitale.
Mardi, un juge a rappelé qu'il a été inculpé d'apostasie «pour avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet et enfreint aux ordres divins» dans un article publié brièvement sur des sites Internet mauritaniens. Des organisations islamiques l'ont accusé de contester dans son exposé des décisions prises par le prophète Mahomet et ses compagnons durant les guerres saintes.
Dans leur plaidoirie, les deux avocats commis d'office pour sa défense ont insisté sur son repentir et estimé que cela devrait être pris en compte en sa faveur. Le parquet avait de son côté réclamé la peine de mort, une requête suivie par la Cour soulignant que le prévenu tombait sous le coup d'un article du code pénal mauritanien prévoyant la peine de mort pour «tout musulman, homme ou femme, ayant renoncé à l'islam, explicitement ou à travers des actes ou paroles en tenant lieu», d'après la source judiciaire.