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Procès Hissein Habré : Acculé par la défense, le témoin se perd et évoque des troubles de mémoire

La tâche n’a pas été facile face aux avocats de la défense, ce lundi, pour Clément Abaifouta qui a fait face aux juges des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Le témoin du jour a du puiser dans ses dernières ressources pour se défendre face aux avocats commis d’office par les Cae pour défendre l’ancien Président tchadien, Hissein Habré.


Rédigé par leral.net le Lundi 9 Novembre 2015 à 23:59 | | 1 commentaire(s)|

Procès Hissein Habré : Acculé par la défense, le témoin se perd et évoque des troubles de mémoire
Clément Abaifouta, témoin du jour des Chambres africaines extraordinaires a été secoué, ce lundi, et a tout fait pour trouver des mots et se souvenir de son procès verbal d’audition. La défense en l’occurrence, Me Mounir Ballal, a demandé, au témoin de revenir sur la date d’obtention de son baccalauréat. Ce dernier soutenait qu’il avait 23 ans en 1984. Une déclaration qui n’a pas convaincu Me Ballal qui a invité le témoin à faire la soustraction avec son année de naissance 1958, qui donne à cette date 26 ans au lieu de 23 ans comme indiqué par le témoin. Une opération que le témoin n’a pas voulu faire, se justifiant par des troubles de mémoire et des faiblesses en mathématiques. « J’ai eu des troubles de mémoire après ma sortie de prison. Il m’arrivait d’oublier la date de naissance de mes enfants. Il y a des jours où je ne dors pas la nuit. Je ne me souviens pas parfois de certaines choses », confie le témoin.

Evoquant l’implication du Président Habré dans des crimes commis sou son règne, Abaifouta a maintenu ses propos devant les Cae. Pour lui, Hissein Habré était partout. Il était considéré « comme un Dieu » et Abas Moussa, « un demi-Dieu ». D’ailleurs, rappelle-t-il à Me Ballal, le slogan de l’Unir, le parti unique de l'époque était « Hissein Habré ici, Hissein Habré là-bas et partout ». Pour Clément Abaifouta, l'ancien Président était à la présidence, mais il avait des yeux partout. « Personne ne pouvait croire que le Lion de l’Unir pouvez être arrêté un jour. Lorsqu’il a été arrêté, ce jour-là, j’ai bien dormi», raconte-il.

M. Clément Abaifouta a également été invité par l’un des avocats commis d’office par les Cae pour défendre Hiissein Habré, Me Gningue, à expliquer les motifs de l’obtention de sa bourse. « La bourse m’a été octroyée par mon oncle Fachot Balam, alors président de l’Und. Il était au Bénin; c’est de là-bas qu’il m’a envoyé la bourse. Je n’avais pas le billet, je devais le récupérer à Maroua et afin de me rendre en Allemagne », révèle-t-il. La défense a voulu savoir si le témoin est membre de l’Und et en quelle qualité il a obtenu cette bourse. Le témoin s’est défendu en soutenant qu’il n’a jamais milité, ni obtenu une carte de ce parti. Une réponse qui ne satisfait pas Me Abdou Gningue, qui a pris la peine de lire devant les Cae le procès-verbal d’audition de M. Fachot Balam, président de l’Und qui est revenu sur l’objet de ses bourses octroyées aux membres de sa formation. « Du point de vue de l’Und, nous avons entretenu des relations avec des pays comme l’Union soviétique, la Rda, la Tchequoslovaquie, etc. pour l’obtention des bourses d’études à nos camarades de l’Und. La première année s’est bien passée, mais la deuxième s’est mal passée parce qu’il y a eu des trahisons et Clément Abaifouta et son camarade jeune bachelier ont été arrêtés », lit-on dans le procès-verbal d’audition de Fachot Balam.

Fara Mendy






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