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Procès Hissène Habré: les victimes demandent à rencontrer le président sénégalais

Rédigé par leral .net le 17 Juin 2010 à 14:45 | Lu 628 fois

LIBREVILLE — Les victimes de l'ex-président tchadien Hissène Habré, dont le Sénégal doit organiser le procès pour crimes contre l'Humanité et de guerre, ont demandé à rencontrer le président sénégalais Abdoulaye Wade, actuellement à N'Djamena, a appris jeudi l'AFP auprès de leur avocat.
"Les victimes voudraient profiter de la présence du président Wade pour le rencontrer. Nous avons fait une demande à travers le consulat et auprès de ses services protocolaires à Dakar. Pour le moment, nous n'avons pas de réponse", a affirmé à l'AFP Me Jacqueline Moudeina, présidente de l?Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des droits de l?Homme (ATPDH) et avocate des victimes.
Les dirigeants de onze pays africains, dont Abdoulaye Wade, participaient jeudi à N'Djamena à un sommet consacré au projet de la "Grande muraille verte", ceinture de végétation devant relier l'ouest à l'est du continent pour lutter contre la désertification. M. Wade est arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi à N'Djamena.


Le président sénégalais Abdoulaye Wade (C), le 19 mai 2010 à Kuala Lumpur
Le président sénégalais Abdoulaye Wade (C), le 19 mai 2010 à Kuala Lumpur
"Nous voulons qu'il entende le cri du coeur des victimes. S'il répond favorablement, nous somme prêts à l'accompagner sur des fosses communes", a déclaré Mme Moudeina, jointe par téléphone depuis Libreville.
"Je pense que le président Wade ne se rend pas compte qu'il y a des victimes qui attendent le procès. Des victimes qui sont fragilisées, amochées... Le facteur temps est important. Chaque semaine, nous perdons des victimes", a commenté Mme Moudeina.
L'association des victimes regroupe "2.000 personnes, mais il y en a des milliers à travers le pays", a ajouté Mme Moudeina.
Hissène Habré, 68 ans, a été renversé en 1990 par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno, et s'est ensuite réfugié dans la capitale sénégalaise. L'ancien dictateur est accusé de milliers d'assassinats politiques et de torture systématique durant ses années de pouvoir, entre 1982 et 1990.
Selon l'association, la répression a fait au moins 40.000 morts.
En 2006, l'Union africaine (UA) a mandaté le Sénégal pour le juger, "au nom de l'Afrique", pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture mais le processus s'est enlisé ces dernières années, officiellement pour raisons financières.


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