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Procès Karim Wade : les 99 milliards de Monaco, le mensonge de trop !

Cette presse, qu'il est convenu d'appeler la presse du palais, a fait répéter à ses journalistes que l'on a découvert 99 milliards à Monaco. On croyait cette histoire de 99 milliards de Monaco (objet de la 2e mise en demeure) close après l'arrêt de l'envoi qui n'a retenu dans le patrimoine attribué à Karim Wade que le compte personnel de ce dernier.


Rédigé par leral.net le Mercredi 4 Février 2015 à 13:56 | | 0 commentaire(s)|

Procès Karim Wade : les 99 milliards de Monaco, le mensonge de trop !
Disons-le très clairement, il faut être aussi malhonnête qu'un journaliste sénégalais pour oser encore parler de découverte de 99 milliards à Monaco. En effet, s'il est vrai qu'on a découvert 99 milliards à Monaco et 45 milliards à Singapour, un simple calcul arithmétique donnerait 137 milliards, or Karim Wade n'est poursuivi que pour 117 milliards.

Alors, que ceux qui poursuivent Karim Wade nous expliquent, s'ils ont découvert 99 milliards à Monaco et 45 milliards à Singapour, pourquoi ils ne le poursuivent que pour 117 milliards et non 137 milliards. On ne parlera même pas des 694 milliards de départ.

Mais, il faudrait qu'un jour qu'on nous explique où se sont passés ces 694 milliards de départ et sur quelle base (légère) les avait-on attribués à Karim Wade? Rappelons que les 99 milliards de Monaco et les 45 milliards de Singapour sont venus après la première mise en demeure.

Cela montre à quel point on joue avec l'opinion. On fait dire n'importe quoi aux journalistes. Certes, les journalistes qui sont dans les rédactions et qui ne suivent pas ce procès de près, peuvent ne pas comprendre certains détails, mais les journalistes qui sont tous les jours au tribunal savent maintenant ce qui relève des « mensonges d'Etat » et ce qui relève de l'information.

Mais, rien de surprenant dans un pays où, un substitut du procureur peut se lever et déclarer à la télévision nationale que la filiale d'une multinationale (DP World) appartient à Karim Wade, avec un poids financier (expression inventée par le parquet, méconnue du jargon comptable et financier) de près 400 milliards ; et que ce même substitut du procureur se permette de dévoiler les secrets de cette multinationale (son ingénierie financière, sa stratégie d'organisation, son système de management...) et pis, la commission d'instruction s'est permise de dessaisir les dirigeants de cette multinationale en nommant un administrateur provisoire pour les remplacer.

Pour ensuite, quelques mois après, oublier tout le mal qu'on a fait à cette société et l'enlever en cachette du patrimoine attribué à Karim Wade. Le mal n'est-il pas déjà fait ? Sommes-nous dans un pays sérieux ? Non, franchement, je demeure convaincu que les Sénégalais ne mesurent la gravité des actes qui ont été posés.

Imaginons, sur la base d'un simple témoignage, on se lève un beau matin pour dire à Bougane Gueye que ton groupe de presse ne t-appartient pas, ainsi, on renvoie le Directeur Général, nomme un administrateur provisoire, interdit à Bougane l'accès aux dossiers, et même à son bureau. Pis, on le met en taule, comme on l'a fait avec Alioune Samba Diassé qui a créée sa société en 2002 et à qui on vient en 2012 lui dire que ta société ne t'appartient et cela, sur la base de simple témoignage, en dépit des actes notariés ; mais aussi le cas de Bibo Bourgi et Pouye qui ont eux aussi créer leur société en 2002. Et le jour du procès, on fera défiler devant la barre des badauds qui disent : oui, on a vu un jour Bougane dans le salon de Pape Diop, oui Bougane n'était pas directeur mais c'est lui qui donnait les ordres, oui Bougane pour se cacher utiliser le nom de code « Dani »...

Bref, des témoignages qui ne diront jamais preuves à l'appui combien Pape Diop a donné à Bougane pour créer D-Médias ou combien Bougane reversait à Pape DIOP par an comme étant ses parts dans le bénéfice, pour au moins établir un lien financier entre les deux. Mais non, on prendra des ragots, comme l'a dit Jeune Afrique à propos des 45 milliards de Singapour, pour en faire de grands titres de journaux.

Peut-il y avoir de paix sociale dans un pays où on peut porter aussi dangereusement atteinte au droit de propriété ?

On ne cessera jamais de rappeler que le « droit de propriété est le fondement de la société et la base de l'économie ». Une nation où, des procureurs ou autres juges peuvent se lever pour porter aussi dangereusement atteinte au droit de propriété, est appelée à périr. Il ne faut pas se voiler la face.

Si cette jurisprudence passe, aucune personne ne sera en sécurité dans ce pays, aucun bien ne sera protégé. On ne peut pas fonder une décision de justice sur ce que le « notaire a dit » à la place de ce que le « notaire a fait ». Notre république ne demande pas au notaire de dire, mais de « faire des actes notariés ». Faudrait-on réinventer le métier de notariat, on ne s'y prendrait pas autrement.

Sadikh DIOP
Citoyen sénégalais






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