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Procès de Hissein Habré : Comment le frère d’Idriss Déby Itno a échappé à la mort à l’âge de 11 ans

Oumar Déby Itno est Directeur général de la réserve stratégique et frère de l’actuel président de la République du Tchad. Il a comparu devant la barre des Chambres africaines extraordinaires pour, dit-il, représenter les victimes des familles Déby et Itno dont Brahim Mahamad Itno, ministre de l’Intérieur sous Habré.


Rédigé par leral.net le Lundi 19 Octobre 2015 à 14:46 | | 2 commentaire(s)|

Âgé, à l’époque de 11 ans, Oumar Deby Itno est revenu sur les événements du 1er avril 1989. A l’en croire, à l'époque, aux environs de 4h du matin, des militaires des forces gouvernementales se sont introduits dans la demeure d’Idriss Déby qui se trouvait près de l’aéroport où vivait la maman et l’épouse de ce dernier mais aussi des enfants dont lui (Oumar Déby) et ses 3 frères. Estimé entre 400 et 500, ces derniers ont, selon ce fonctionnaire, procédé à des fouilles jusqu’au lendemain avant d’exécuter deux personnes qui sont venues leur rendre visite, à 8h et 9h du matin.

Selon ce dernier, pour échapper à ces militaires, lui et ses frères ont escaladé le mûr pour se retrouver dans la maison mitoyenne habitée par des Américains où ils sont restés deux jours avant de se retrouver dans les rues de Ndjamena où ils ont passé 10 jours à errer. Par la suite, ils ont décidé de rejoindre Iriba. Mais en cours de routes, ils ont été arrêtés par des militaires qui contrôlaient les véhicules et n’ont dû leur salut qu’à l’intervention d’une dame qui voyageait avec eux. Cette dernière a prétendu qu’elle était leur maman. Ils ont été libérés vers 2h du matin pour rejoindre Tiné. Une fois là-bas, ils ont rallié Bahaï à dos de chameau où ils ont retrouvé leur maman et ils ont fuit avec elle pour se réfugier dans la brousse où ils se sentaient plus en sécurité.

Selon lui, cette période coïncidait avec la chasse à l’homme menée contre l’ethnie Zaghawai. « Les responsables Zaghawai ont été arrêté entre Iriba et Bahaï, ceux qui occupaient des responsabilité étaient acheminés à Ndjamena par avion et les autres portés disparus. On me l’a rapporté et c’est vrai », a-t-il laissé entendre convaincu avant de préciser qu’en ce moment Idriss Déby n’avait pas de fonction mais Hissein Habré voulait les arrêter.

Il rapporte que, durant cette période, les habitants de Bahaï étaient obligés de quitter leurs habitations , avec leurs bétails, pour aller se cacher dans la forêt pour ne revenir qu’à la tombée de la nuit, sinon ils allaient être arrêtés ou exécutés.

Oumar Déby dit être convaincu de ce qu’il a raconté malgré son jeune âge au moment des faits puisque « c’était la première fois qu'(il voyait) une personne tuer une autre personne, c’est pour cela que c’est ancré dans (sa) tête ». « Et, jusqu’à présent, quand je ferme les yeux, je vois la scène », indique-t-il.

Compte tenu de tout cela, il dit vouloir que « justice soit rendue aux victimes de Hissein Habré ». « Puisqu’il est là, qu’il se lève pour me dire qui a tué mes frères en attendant de retrouver les tombes de nos parents pour que l’on puisse les exhumer et les enterrer dans des cimetières musulmans afin que nous puissions nous y recueillir, chaque vendredi, comme tout bon musulman », réclame-t-il.

Mariama Kobar Saleh







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