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Procès-verbal d’audition de l’affaire Habré : Comment les témoignages à charge contre Déby ont été écartés de l’enquête


Rédigé par leral.net le Lundi 7 Septembre 2015 à 11:10 | | 3 commentaire(s)|

Procès-verbal d’audition de l’affaire Habré : Comment les témoignages à charge contre Déby ont été écartés de l’enquête
On comprend maintenant pourquoi le procureur général Mbacké Fall avait demandé l’audition du Président Déby. Une requête qui avait été rejetée par la Chambre d’accusation. C’était, sans doute, pour l’interpeller par rapport aux témoignages à charge curieusement écartés du dossier. Walfadjri renseigne que lors des auditions devant la Chambre d’instruction, plusieurs victimes ont tenu des déclarations qui enfoncent Idriss Déby Itno. Sa responsabilité présumée dans les tueries a été clairement établie par les Tchadiens identifiés dont nos confrères préfèrent taire les noms et identités pour des raisons de sécurités. Seulement, ces témoignages accablants n’ont pas été tenus en compte dans le cadre de la procédure car, au final, seul Habré a été renvoyé en procès. Ce qui lève un coin du voile sur les raisons de la demande d’audition de Déby formulée par le procureur général avant la clôture de l’instruction. Mais la Chambre d’accusation n’y avait pas donné la suite judiciaire attendue.

Parmi ces témoins à charge, figure un leader d’une organisation politique clandestine à l’époque, un parti en réaction aux tendances nordistes et religieuses du Front de libération nationale du Tchad (Frolinat). Selon lui, « dès que Habré a conquis le pouvoir, il a mis en place la Dds dont les premiers éléments ont été formés par les Américains ». Il a indiqué, dans le procès-verbal d’audition, que les premiers chefs de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds) étaient Ngarmeydi Yorongar et Idriss Déby.

Devant les juges de la Chambre d’instruction, le témoin a parlé des personnes tuées durant la guerre sous Habré et a précisé que le Nord du Tchad était sous le contrôle des adversaires du régime de Habré soutenu par la Libye. Le monsieur a aussi révélé que Déby été le numéro 2 de la Dds. Il a aussi parlé du septembre noir de 1984, quand Déby a « exécuté des personnes alors que Habré se trouvait à la Mecque ».

Le témoin du Tribunal spécial a indiqué le rôle joué par Déby dans les tueries ainsi que le fonctionnement de la Dds qu’il a dirigé en un moment donné. « La Dds était essentiellement composée d’agents dénonciateurs ou indicateurs qui remontaient les informations vers leurs chefs. Il s’agissait de dénoncer des personnes supposées avoir des liens avec l’opposition.

Pour mieux asseoir la responsabilité de Déby dans les crimes commis au Tchad durant cette période déterminée, il a déclaré : « Les enlèvements étaient l’œuvre des agents de la Dds. Entre 1983 et 1988, nous estimons entre 300 et 500 personnes le nombre de nos militants et sympathisants qui ont été arrêtés. Parmi ceux-ci beaucoup sont portés disparus ».






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