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Professeur Aly Khoudia Diaw, sociologue : « Pourquoi la sexualité précoce est devenue problématique »

Aujourd’hui, la plupart des jeunes filles dont la tranche d’âge est comprise entre 13 et 25 ans, utilisent une méthode contraceptive, sans être dans les liens du mariage. Dans cet entretien, le sociologue, Aly Khoudia Diaw, a décelé ce ‘’cocktail explosif’’ qui explique la précocité de l’activité sexuelle chez les adolescentes. Pour lui, la solution est dans la sensibilisation sur les dangers de la sexualité précoce.


Rédigé par leral.net le Mercredi 16 Août 2017 à 12:44 | | 0 commentaire(s)|

Professeur Aly Khoudia Diaw, sociologue : « Pourquoi la sexualité précoce est devenue problématique »
Qu’est ce qui est à l’origine de cette précocité de l’activité sexuelle chez les adolescentes ?
Cette précocité de l’activité sexuelle chez les adolescentes, s’explique plus généralement, par les profondes mutations de la société sénégalaise, aussi bien, au niveau biologique que morphologie.

Elle se traduit par une croissance rapide des jeunes filles à partir de 12-14 ans, avec des formes et des rondeurs généreuses, qui leur font penser qu’elles ont atteint la maturité sexuelle, alors qu’il en est rien.

Elle s’explique aussi par le changement de comportement dans la société sénégalaise et au sein des familles, où le contrôle parental et le suivi des jeunes filles et garçons, deviennent de plus en plus problématiques à cause du recul de l’éducation de base, de l’autorité tout court. Une tutelle qui sache montrer aux jeunes d’aujourd’hui, qu’il y a une limite à ne pas franchir.


A vous entendre, la faute incombe aux parents…
Vous savez, les jeunes filles et jeunes garçons d’aujourd’hui n’ont peur de rien, ni de personne, et pensent que la vie, c’est comme à la télé.

Il y a enfin l’intrusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, qui isolent l’individu et l’éloignent du cercle familial, en créant un espace artificiel de rencontre et de connaissance, pour ne pas dire de communication, en l’absence de tout contrôle et de toute censure, comme c’est le cas avec internet.

C’est un instrument favorable à la découverte de l’individu et c’est pourquoi les jeunes filles apprennent avant l’heure, la sexualité sous toutes ses formes, en échangeant des vidéos, des textos et des images, en partageant des films érotiques et des situations salaces.

Il faut ajouter à cela toute la production cinématographique articulée autour du sexe, de l’amour, de l’argent et de la trahison, que les familles sénégalaises consomment en grande quantité chaque soir et qui a un effet psychologique tendant au mimétisme, à la volonté de découvrir le sexe et à l’envie de répondre au besoin de son corps, même à un âge précoce.

C’est ce cocktail explosif qui explique la précocité de l’activité sexuelle chez les jeunes filles, car elles sont scotchées sur Whatsapp à longueur de nuit ou sur la messagerie vocale, qui leur permet de vivre un amour dense et intense, parfois totalement à l’insu de leurs parents.

Alors, pour éviter des situations de grossesse non désirée ou accidentelle et auxquelles sont confrontées ces jeune filles immature dans le domaine des compétences de vie, la planification familiale devient un moindre mal.

Que faut-il faire pour freiner ce phénomène ?
La question de savoir est-ce qu’il est pertinent de vouloir freiner ce phénomène dans le contexte actuel, dans la mesure où les femmes prennent de plus en plus de liberté, dans la mesure où elles se disent maitresses de leurs corps et peuvent en disposer comme elles le sentent.

Les jeunes filles d’aujourd’hui, ne sont pas nos femmes d’hier : elles sont plus ouvertes, plus audacieuses, plus libres et plus émancipées, et c’est pourquoi elles peuvent s’adonner à la planification familiale à l’insu de tout le monde.

Faut-il aussi le freiner ou non. Je pense que c’est une question qui mérite une plus grande réflexion puisque c’est aussi un piège dangereux, car dès l’instant que l’on accepte qu’elles fassent la planification familiale, elles peuvent la considérer comme une autorisation à la débauche et à une sexualité débridée.

Il faut donc peser le pour et le contre. Je pense qu’il faut enseigner à notre enfant, la sacralité du mariage et le devoir d’instruire la sexualité dans un cadre accepté par la société en tant que norme sociale, c’est-à-dire, à travers une union en bonne et due forme.

Je le dis pour nos enfants qui sont encore mineurs et qui ont toute la vie pour apprendre les différentes étapes et cycles de vie, et parce qu’il y a d’abord l’intériorisation des normes, l’instruction à l‘école et à la vie religieuse, le respect et l’apprentissage des valeurs et de liens familiaux, parentaux etc.

Tous les autres aspects de la vie suivront progressivement. Plutôt que d’interdire ou d’essayer de freiner ce phénomène, il serait peut-être mieux de les sensibiliser sur les dangers de la sexualité précoce avec des risques de grossesse, de maladies sexuellement transmissibles, du cancer de l’utérus etc.

C’est autour de cette problématique qu’il faut pousser la réflexion, pour apporter un soutien à une éducation efficace à la vie sexuelle de nos jeunes filles, qui deviendront les mamans de demain et formeront à leur tour, des foyers.


Voxpopuli









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