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Protection de l’enfant : Le Cade officiellement lancé ce matin

Le Cadre des amis et défenseurs des enfants (Cade) a été officiellement lancé, ce matin sous la présence effective d’un parterre d’autorités venues témoigner leur soutien à cette initiative qui appelle à plus de responsabilités quant à la protection des enfants au Sénégal. La cérémonie de lancement qui avait pour cadre la salle Nba de l’Institut africain de management (Iam) de Mermoz était l’occasion pour officiels et invités d’échanger sur la lancinante question de la protection des enfants.


Rédigé par leral.net le Mercredi 20 Novembre 2013 à 13:09 | | 0 commentaire(s)|

Présidée par Mme Amsatou Sow Sidibé, ministre-conseiller du Président de la république, la manifestation, qui a débuté à 11 heures précises, a permis aux nombreux experts participants d’exposer les contours d’une politique étatique axée sur l’enfance mais qui ne porte pas toujours ses fruits. Dans son introduction, Mme Sow qui était également modératrice des débats a merveilleusement posé le sujet, indexant et la responsabilité de l’Etat et celle des parents.

Le Professeur Amsatou Sow Sidibé, Ministre-conseillère du Président Macky Sall, chargé de la promotion des droits humains a soutenu, mardi à Dakar, que la convention des droits des enfants est un échec dans son application dans notre pays. Elle en veut pour preuve la mendicité avec toutes ces conséquences. « On m’a rapporté avant-hier ou hier matin que des enfants traînaient au centre ville jusqu’à minuit. Cela n’est pas normal, à cette heure la place de l’enfant est ailleurs que dans la rue » s’est-elle exclamée.

Très engagée dans la lutte pour les droits humains au Sénégal et dans le monde, elle saluera l’initiative tout en demandant aux uns et autres d’apporter tout leur soutien aux initiateurs. Dans son allocution, Pédre Ndiaye, le président-fondateur du Cade et membre du défunt parlement des enfants, a remercié les principaux invités qui se sont déplacés pour non pas lui apporter un soutien mais pour appuyer la dynamique qu’il a enclenchée depuis tout petit et qui vise à mettre les enfants dans les meilleures conditions ou, à défaut, empêcher qu’ils soient exploités.

Prenant le temps de bien expliciter les ambitions du mouvement naissant, Pédre Ndiaye passera en revue tous ces maux qui amenuisent de façon drastique l’épanouissement des enfants. « Entre viol, abus, traite, mendicité, excision, mariages précoces, les enfants vivent dans un environnement qui bafoue tous leurs droits mêmes les plus élémentaires ».

Devant ce décor indigne d’une communauté qui se dit de droit, les droits de l’hommiste, les leaders politiques et beaucoup d’acteurs ignorent souvent la situation des enfants dans toutes leurs actions. Cela me laisse croire qu’il y a des fonctionnaires des droits de l’enfant et non des défenseurs des enfants. En ce sens, je demande à l’Etat d’assainir le secteur de l’enfance, quitte à exiger des rapports détaillés des actions entreprises par les acteurs intervenant dans le domaine.

Par ailleurs, nous voyons des enfants victimes de viols exposés devant la société, notamment dans les tribunaux. Il nous faut donc veiller à préserver la dignité et l’identité de l’enfant en toutes circonstances dira-t-il. Après l’allocution du président, la modératrice, très à cheval sur le timing, donnera la parole à Alioune Badara Cissé (Abc). Celui-ci a voulu, dés l’entame de son propos, situer les responsabilités tout en appelant l’Etat à plus de vigilance. Personne ne peut nier l’exploitation dont les enfants sont victimes, il nous appartient de poser les actes qui dissuaderont tous ceux-là qui sont tentés de tirer profit de la misère des enfants, expliquera, en substance, Abc visiblement très attaché à la question de la protection de l’enfant au Sénégal.

A sa suite, la parole sera donnée à Mme Aissatou Cissé, conseillère spéciale du président de la République qui se chargera d’expliquer, notamment, la vision du régime en place quant à la nécessaire prise en charge des enfants de la rue. Assane Dioma Ndiaye, président de la ligue sénégalaise des droits de l’homme, aura la pertinente tache de revenir sur les différentes chartes et conventions visant la prise en charge des intérêts des enfants ratifiées par le Sénégal. Pour dire que même si elles sont en vigueur au Sénégal, leur application demeure superficielle.

Rappelant que la cérémonie se déroule à la veille de l’anniversaire de la Convention des droits de l’enfant (Cde), Me informera des limites de la convention qui n’est jusque là pas ratifiée par les Usa et la Somalie entre autres pays récalcitrants. Mme Ndioro Ndiaye qui était également de la partie s’est pour sa part réjouie d’avoir retrouvée Pédre Ndiaye qui présidait la section de Dakar du parlement des enfants qu’elle avait impulsé alors qu’elle était ministre de la femme, de l’enfance et de la famille. Nostalgique, elle s’est remémoré les différentes initiatives qu’elle avait prises, pendant son passage de plus de 10 ans au gouvernement, pour assurer un mieux être aux enfants.

Pour Mme Ndiaye, il faut véritablement mettre un terme à la traite accentuée des enfants. Mettant l’accent sur la porosité de nos frontières, elle explique comment de nombreux enfants quittent les pays de la sous-région pour venir mendier au Sénégal dans l’indifférence la plus absolue. Invitant les élus locaux, les maires notamment, à plus de vigilance et à plus de pragmatisme, l’ex-directrice de l’Alliance pour la migration développera le rôle prééminent qu’ils ont a joué dans la protection de l’enfant.

Dans le même sillage, le sociologue Djibril Diakhaté s’épanchera sur la responsabilité de la société qui est de plus en plus gagnée par la valorisation de l’avoir au détriment de la spiritualité. Pour lui les mendiants existent par la société en a besoin. « Combien sont-ils à donner l’aumône par qu’un marabout l’a recommandé ? » s’est-il interrogé. Très en verve, M. Diakhaté indiquera qu’au Sénégal, nombreux sont les enfants qui prennent en charge des adultes de par la pitance qu’ils engrangent en tendant la main à chaque coin de rue. Moustapha Guirassy, ancien ministre et Pdg de l’Iam, dira, succinctement, tout le bonheur qu’il a eu en mettant la salle Nba à la disposition de Cade, tout en exprimant sa disposition à le réitérer.

En deux heures de temps, toutes les autorités réunies en cette occasion solennelle se sont exclusivement penchés sur l’enfant, laissant en rade la politique accoutumée à les diviser. La cérémonie qui a pris fin peu après 13 heures, a été conclue par cette phrase de Mme Amsatou Sow Sidibé : « Ensemble nous allons nous donner la main, pour que nos enfants vivent dans les meilleures conditions ».
Adama Sow, président de l'Ong GRAVE faisait également parti des panélistes.

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