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Province de Guizhou, à 2264 km de Beijing : L'attraction... noirs

Les journalistes africains, qui ont séjourné du 24 au 29 juin à Guizhou, ont fait le buzz dans cette province chinoise, peuplée de 40 millions d'habitants. Partout où ils sont passés, ils ont cristallisé les regards et les passions, créant ainsi beaucoup d'embouteillages sur les routes et attirant des foules monstres dans les marchés et autres lieux publics.


Rédigé par leral.net le Jeudi 2 Juillet 2015 à 09:44 | | 1 commentaire(s)|

Province de Guizhou, à 2264 km de Beijing : L'attraction... noirs
"Bienvenue à la province de Guizhou !" Ceci pouvait être le titre d'un film avec des Africains comme principaux acteurs. Dans cette province distante de Beijing de 2264 km, soit 3 heures de vol, le contact entre les blacks et ces Chinois relève du spectacle. Partout où l'Africain passe, les populations écarquillent les yeux. Si d'aucuns sont manifestement surpris, pour avoir vu pour la première fois, un homme ou une femme de couleur noire, d'autres mettent à contribution leur appareil photo, pour immortaliser ces instants.

Nombreux sont les Africains, soumis aux flashs des appareils photos et autres téléphones portables malgré eux. Ces Chinois prennent du plaisir à les entourer pour des selfies, en guise de souvenirs. Ce moment semble tellement important pour eux, qu'ils répandent la présence d'Africains comme une traînée de poudre dans la province. La devanture de la résidence, qui reçoit la délégation de journalistes africains, venus de 25 pays francophones, est tout le temps assaillie, pour admirer ces blacks à la taille et à l'embonpoint si impressionnants, comparés aux leurs.

La province de Guizhou, riche de 40 millions d'âmes, avec une nature si généreuse et une architecture d'une rare beauté, semble recroquevillée sur elle-même, depuis des siècles. Dans cette partie de la vaste Chine, l'on se souvient vaguement du continent africain. La délégation de journalistes africains, qui a fait les grandes avenues de Guiyang (capitale) à pieds, pour admirer la beauté de la ville s'en est tristement aperçue. Ici, sur cinq Chinois interrogés, seul un connaît l'Afrique. Le monde pour eux, s'arrête en Chine, un pays où ils parviennent à s'épanouir sans doute. Ni le Niger, ni la Côte d'Ivoire, ni le Cameroun encore moins le Sénégal ne sont connus. Pour ces Chinois, tous les noirs sont de l'Afrique ou de l'Amérique, qu'ils considèrent comme des pays et non des continents. C'est à croire manifestement, qu'on ne leur apprend rien des autres...

Un Sénégalais, l'attraction de Guiyang

Dans les taxis, les bus de transport en commun, dans les marchés, partout, le black est une attraction pour les habitants de Guizhou. C'est un miracle, s'il n'y a pas eu de cas d'accidents sur les routes, à cause des blacks. C'est toujours des embouteillages, parce que même les chauffeurs utilisent leur téléphone portable, pour capturer l'image, le policier de la circulation en fait de même. Dans les bus, c'est la même passion. Les portables sortent des sacs, pour flasher ces hommes et femmes, venus d'ailleurs.

Parmi cette foule d'Africains, un Sénégalais cristallise toutes les admirations. Celui-là d'une taille de près de 2 mètres avec pas moins de 100 kg est le plus grand des blacks. Technicien audiovisuel de son état, il est l'un des responsables du Groupe Excaf Telecom de Dakar. Partout où il passe, il perd une bonne demi-heure, parce que posant avec enfants, jeunes et vieux. Les femmes ne cachent pas non plus leur admiration en le regardant de haut, tout sourire. Parfois, la fatigue et l'agacement se lisent sur son visage, mais il dit n'avoir pas le choix de peur de les froisser.

Routes et ponts se sont imposés à la nature

Guizhou, qui est l'une des 22 provinces de la Chine, est pourtant en pleins chantiers, pour la mettre aux normes de la modernité à l'image de Beijing, Shanghaï, Guangzhou ou encore Hong-Kong. Des centaines d'immeubles sont en chantier à côté des centaines d'autres, qui ont déjà pignon sur rue. L'un des journalistes africains ironise très souvent, en disant que même cette province en chantier est de loin, plus belle que toutes les capitales africaines réunies. Ce qui n'est pas faux au regard de la fulgurance des architectures, imposées à la nature.

Au fait, Guizhou qui est au Sud de la Chine est une province très montagneuse, avec des forêts très denses. Mais, les Chinois, qui sont dans une logique de développer le pays à partir des provinces, déploient une ingéniosité sans commune mesure, pour dompter la nature. Les nombreuses montagnes sont déchirées par d'imposantes autoroutes, qui relient les différentes localités. De grands ponts sont posés entre les collines au dessus des lacs. Des immeubles à usage d'habitation pullulent comme des champignons, avec une urbanisation très maîtrisée.

Les habitants de la province ont été stupéfaits de voir pour la première fois, la couleur noire, mais les blacks sont retournés à Beijing, après quelques jours de découverte, complètement conquis, sur le savoir-faire chinois, sur son ingéniosité, son amour du travail et sa capacité à transformer la nature à son avantage.

Chutes d'eau de Huangguoshu, l'une des richesses du Guizhou

Les chutes d'eau de Huangguoshu sont communément appelées en Chine, chutes de l'arbre aux fruits jaunes. Il y a tout un mythe, qui entoure ces chutes d'une hauteur de 77,8 mètres et d'une largeur de 101 mètres. Les torrents spectaculaires, les diverses formes de reliefs et de rochers et l'effet de rafraîchissement qu'elles procurent, font que cette zone touristique enregistre au moins jusqu'à 30.000 visiteurs par jour, durant le week end en période estivale. Période durant laquelle, le débit de l'eau augmente, ce qui fait que les chutes offrent un spectacle sensationnel.

Dimanche dernier, des milliers de visiteurs, parapluie à la main sont venus admirer cette pente de 77,8 mètres où l'eau dévale avec un fort débit, dans un bruit plus qu'assourdissant. Le parapluie est en effet conseillé, car les gouttelettes d'eau éclaboussent ceux qui s'aventurent assez près de l'endroit. Les chutes sont sur la rivière Baishu dans la province de Guizhou. Elles sont localisées à 903 mètres d'altitude, à 45 Km au sud ouest de la ville d'Anshun. Cette zone, selon les guides de la délégation de journalistes africains, baigne dans un climat modéré avec une température moyenne de 16°C.

Il faut dire que Huangguoshu, qui est un ensemble de trois sites touristiques, avec plusieurs chutes d'eau, est l'une des plus belles destinations de la province de Guizhou. On peut y constater des chutes de moindres envergures comme les chutes Doupotang, les chutes Luositan, les chutes Yinlianzhui, les chutes Guanling ou encore les chutes Tiansheng.

A propos des chutes Huangguoshu ou chutes de l'arbre aux fruits jaunes, la légende indique qu'un Seigneur du nom de Wu Sangi (1612-1678) qui servit sous la dynastie des Ming puis des Qing, a jeté tout son or et argent dans un étang nommé "Xi Niu Tan." Un vieux couple s'y installa et décida d'y planter des arbres fruitiers. Mais l'unique fruit qui poussa fut un fruit jaune. Un prêtre taoïste leur appris que ce fruit était la clé pour retrouver et accéder au trésor de Wu Sangi. Mais selon toujours la légende expliquée sur place, ils le cueillirent trop tôt et lorsque le prêtre jeta le fruit dans l'eau, celui-ci laissa entrevoir les richesses, mais il éclata aussitôt.

Naturellement, les légendes laissent toujours les gens perplexes, mais la particularité de cette cascade, c'est qu'elle possède une grotte naturelle cachée derrière le rideau d'eau. Elle est longue de 134 mètres et on ne peut y accéder que par un petit sentier à flanc de montagne. La grotte est située à environ mihauteur de la cascade et elle possède 6 fenêtres, 5 salles, 3 sorties et 6 passages.

Les Chinois ont valorisé cette zone touristique en y aménageant entre autres des escaliers électriques. Lesquels facilitent l'accès aux vieilles personnes, qui viennent admirer les chutes du Huangguoshu. Il y a en plus, toute une industrie, qui est créée autour de ce site, dont la visite coûte 200 Yuan par personne, soit 20.000 francs Cfa.

Le Quotidien via seneplus.com






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