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Pyongyang procède à son troisième essai nucléaire

le 12 Février 2013 à 08:04 | Lu 263 fois

Malgré la menace de représailles de la communauté internationale, la Corée du Nord a procédé "avec succès" à son troisième essai nucléaire. Washington, Moscou et l'ONU condamnent l'opération.


La Corée du Nord a confirmé ce mardi 12 février avoir procédé à un troisième essai nucléaire "avec succès", tout en précisant que cette opération avait pour but de "protéger la sécurité nationale et la souveraineté" du pays "contre l'hostilité continue des États-Unis".

"Il est confirmé que cet essai nucléaire, qui a été conduit à un haut niveau d'une manière parfaitement sûre en utilisant un engin nucléaire miniaturisé plus léger et doté d'une plus grande puissance explosive que précédemment, n'a pas eu d'impact négatif sur l'environnement écologique immédiat", a écrit l’agence de presse nord-coréenne KCNA.

L'explosion détectée, dont la magnitude a été estimée entre 4,9 et 5,1, s'est produite à 11h57 heure locale (3h57 à Paris) et son épicentre se situait dans la région de Kilju, où se trouve le site de Punggye-ri utilisé pour les tests nucléaires. Elle est identique aux précédents essais nucléaires nord-coréens menés en 2006 et 2009, a affirmé l'Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO) basée à Vienne (Autriche).
"Une menace pour la sécurité internationale"

Sans surprise, ce geste de la Corée du Nord n’a pas manqué de provoquer une vague de condamnations de la part de la communauté internationale mais aussi de son allié chinois, qui avait mis en garde Pyongyang contre une telle opération. Il faut dire que, jusqu'à présent, l'incertitude demeurait sur la capacité du régime communiste à développer une tête nucléaire pour missile à longue portée.

"Cet acte constitue une menace claire pour la paix et la sécurité internationale, et défie les efforts entrepris pour renforcer le désarmement et la non-prolifération nucléaires dans le monde, en particulier la fin des essais nucléaires", a indiqué la CTBTO dans un communiqué.

"Les Chinois ont lancé aux Nord-Coréens un ferme avertissement leur demandant de ne pas procéder à cet essai quand il est devenu évident qu'il était imminent", a expliqué un diplomate de l’ONU sous couvert de l'anonymat. "Ce que les Nord-Coréens ont fait représente un vrai défi lancé aux Chinois", a-t-il souligné. Pékin, Moscou et Washington "vont rapidement s'entendre sur le fait qu'une action ferme s'impose", a-t-il ajouté.

Réunion du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité, présidé en février par la Corée du Sud, doit se réunir en urgence ce mardi matin à 09h00 locales (14h00 GMT) pour examiner la réponse à apporter à ce tir, qui contrevient aux résolutions de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné l'essai, qu'il a qualifié de "profondément déstabilisateur". "C'est une violation claire et grave des résolutions du Conseil de sécurité", a-t-il indiqué selon son porte-parole Martin Nesirky.

Le Conseil avait déjà décidé en janvier d'élargir les sanctions envers le régime nord-coréen à la suite du tir d'une fusée nord-coréenne en décembre.

Plusieurs résolutions de l'ONU interdisent à la Corée du Nord toute activité nucléaire ou balistique. Ses tirs de fusée et ses essais nucléaires ont valu à Pyongyang toute une série de sanctions depuis 2006, dont le gel d'avoirs appartenant à des entreprises nord-coréennes ou des interdictions de voyager pour des responsables du régime.



FRANCE 24 avec dépêches