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Quand l’Etat Islamique veut la peau de Mokhtar Belmokhtar (mais surtout d’Aqmi)

le 26 Août 2015 à 09:50 | Lu 224 fois

La branche libyenne de l’EI a diffusé ce week-end un avis de recherche contre Mokhtar Belmokhtar, le chef auto proclamé d’al-Qaïda en Afrique de l’Ouest. L’Etat islamique visait ouvertement ces dernières semaines des individus affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique.


Ce qui se passe actuellement au Sahel est à replacer dans le cadre plus large de la lutte d’influence que se livrent Daesh (l’Etat Islamique) et Al-Qaida « canal historique ». Cette guerre interne entre deux mouvements qui partagent la même idéologie, le salafisme-djihadisme, est une question de personnes. Al-Baghdadi refuse de reconnaître l’autorité du docteur al-Zawahiri et tente de rameuter sous sa bannière l’ensemble des groupes djihadistes actifs sur la planète, la plupart dépendant précédemment d’Al-Qaida « canal historique ».

 

C’est ce qui s’est passé au Sahel, Mokhtar Belmokhtar (MBM) a vu son autorité contestée par certains de ses hommes ces derniers mois. Ces derniers ont choisi de rejoindre l’EI alors que lui a revendiqué son attachement à Al-Zawahiri tout en récusant l’autorité « intermédiaire » d’Abdelmalek Droukdel, l’émir d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI).

La présence de MBM en Libye est signalée depuis le début de la révolution libyenne -ce qui ne l’empêche pas de sillonner les pistes du Sahel qu’il connaît comme sa poche-, les Américains ayant même tenté de mettre fin à son aventure par un raid aérien lancé en juin dans la région d’Ajdabiya située à 160 kilomètres au sud-ouest de Benghazi. Si l’on parle beaucoup de groupes djihadistes en lutte contre Daesh en Libye (récemment à Syrte), la présence d’Al-Qaida « canal historique » est moins mise en exergue bien que bien réelle. Historiquement, de nombreux djihadistes libyens ont rejoint la nébuleuse islamique échappant ainsi aux foudres du colonel Kadhafi qui les pourchassait car ils avaient voulu attenter à sa vie. Ce fait est intolérable pour l’EI qui cherche à se faire une place au soleil en Libye considéré comme son théâtre d’opérations extérieur principal -en dehors de son noyau syro-irakien- si l’on excepte l’Egypte où Daesh est également très présent. MBM est donc désormais considéré comme un concurrent à abattre de manière à récupérer les hommes qui l’accompagnent. L’enjeu est important car la zone d’action couverte par MBM comprend la Libye mais aussi l’ensemble du Sahel.

atlantico