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Quand le Sénégal veut se débarrasser d’Hissene Habré

Rédigé par (Plus d'informations demain sur leral .net) le 14 Décembre 2010 à 22:06 | Lu 864 fois

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a déclaré ne plus vouloir prendre en charge le procès d’Hissène Habré et souhaite redonner ce dossier à l’Union Africaine. L’ancien président tchadien a trouvé refuge au Sénégal en 1990 suite au coup d’état de l’actuel président Idriss Deby Itno alors qu’un mandat d’arrêt international pour crime contre l’humanité, crime de guerre et torture est lancé contre lui depuis 2005.


Quand le Sénégal veut se débarrasser d’Hissene Habré
« Je vous le dit très clairement, je vais m’en débarrasser », tels ont été les propos du président sénégalais lors d’une interview qu’il donnait à des journalistes de France 24 et de Radio France Internationale. Evoquant le cas de l’ancien président tchadien entre 1982 et 1990, Abdoulaye Wade a exprimé son regret d’avoir accepté la demande de l’Union Africaine (UA) en 2006 d’organiser le procès de l’homme politique tchadien à Dakar.

Estimant ne pas avoir obtenu les soutiens et ne disposant pas des mesures nécessaires pour l’encadrement et le bon déroulement de ce procès, le dirigeant sénégalais préfère renoncer. Abdoulaye Wade réclamerait 27 millions d’euros pour mener à bien le jugement d’Hissène Habré, mais les bailleurs de fonds (Union européenne, Pays-Bas, Belgique, Tchad…) ont décidé de lui accordé un peu moins du tiers de la somme, soit 8,5 millions d’euros.

Concernant la suite et un éventuel procès de l’ancien chef d’état tchadien accusé d’être responsable de la mort de plus de 40 000 personnes lors de ses huit ans de présidence, Wade n’exclut rien, que ce soit un renvoi vers la Belgique. Or, la justice belge saisie par des ressortissants tchadiens a lancé un mandat d’arrêt international en 2005 pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de tortures

En refusant de se livrer à toute spéculation et en n’excluant rien, le président Wade pourrait aussi opter pour un renvoi vers le Tchad, où Hissène Habré a été jugé par contumace à été condamné à mort. Le ministre des Droits de l’homme tchadien, Abdéramane Djasnabaille, a même déclaré peu de temps après ces déclarations que « le Tchad était en mesure de juger Hissène Habré »

En 2006, le Sénégal par la voix de son président avait accepté la requête de l’UA de juger Hissène Habré au nom de l’Afrique. Ce retournement de situation fait craindre à certaines associations humanitaires que Hissène Habré ne puisse être jamais jugé.