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Quand les agresseurs à moto font régner la terreur à très grande vitesse sur la Vdn

On pardonne tout à son quartier et aux autorités de son pays, sauf l’insécurité ! De ce point de vue, on peut comprendre la fureur — en même temps que la grande inquiétude — des riverains de la Voie de Dégagement Nord (Vdn) traversant notamment les quartiers de Sacré-Cœur, Mermoz, Liberté VI extension et Nord Foire. La zone qu’ils habitent, surtout les deux voies constituant la VDN ainsi que le terre-plein central qui les sépare, sont devenues aujourd’hui le centre de gravité de la violence dans la capitale. Pas un jour sans que des agressions à main armée n’y soient signalées. Face aux agresseurs armés circulant à dos de motos et de scooters, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Des agresseurs qui deviennent maîtres de la rue dès la tombée de la nuit et qui, parfois, s’enhardissent à opérer en plein jour ! Ces six derniers mois, plusieurs cas d’agressions à moto ou à scooter ayant entraîné mort d’homme ont été signalés sur cette Vdn de tous les dangers.
En plus de la perte de leur argent et d’objets précieux comme les ordinateurs et les téléphones portables dernier cri, les victimes les plus chanceuses s’en sortent avec des blessures graves dont certaines ont même nécessité des amputations. Face à ce déferlement de violence parfois meurtrière, le commissaire Mbaye Sèye, patron du commissariat de police de Dieuppeul — un commissariat terriblement démuni aussi bien en hommes qu’en matériels alors qu’il est chargé de sécuriser cette très vaste zone —, le commissaire Mbaye Sèye, donc, a décidé de couper la route aux scooters de la mort. En attendant que la police entre en guerre, « Le Témoin » vous transporte sur l’axe de la mort qu’est la Vdn…


Rédigé par leral.net le Mardi 11 Décembre 2012 à 17:00 | | 2 commentaire(s)|

Quand les agresseurs à moto font régner la terreur à très grande vitesse sur la Vdn
Jusqu’à une époque très récente, les agressions sanglantes et autres vols à l’arrachée étaient l’apanage des quartiers de la banlieue comme Guinaw-rail, Guédiawaye, les Parcelles Assainies, Yeumbeul, Thiaroye et autres. Les petits larcins portant sur des vols de bijoux, d’antennes « Tv 5 », de bouteilles de gaz, de consoles de jeux et antennes paraboliques, eux, étaient surtout commis dans les vieux quartiers résidentiels comme Gibraltar-Centenaire, les Hlm, les Sicap Liberté et Mermoz où les parents retraités n’ont plus les moyens de satisfaire les caprices de leurs enfants ni même d’assurer le minimum vital à ces derniers dont la plupart avaient eu une enfance dorée.

Aujourd’hui, si l’insécurité n’a pas carrément changé de camp, elle s’est par contre élargie jusque dans les zones comme les Sicap Sacré-Cœur, Liberté VI extension et Nord Foire. Et précisément tout le long des quartiers qui bordent la Voie de Dégagement Nord (Vdn). Le nouvel axe de la mort — ou, en tout cas, des vols à main armée — s’étend de l’ancienne piste de l’Aéroport (Mermoz) jusqu’à la Foire de Dakar en passant par le cimetière catholique Saint Lazare de Béthanie. Lequel a d’ailleurs été visité à plusieurs reprises par des voleurs il y a quelques semaines.

Une profanation de tombes qui avait ému l’opinion. Une chose est sûre : l'insécurité prend des proportions inquiétantes sur la VDN composée de deux voies. En effet, en six mois, aussi bien au niveau de la brigade de gendarmerie de la Foire qu’au commissariat de police de Dieuppeul, des dizaines de plaintes relatives à des agressions sanglantes y ont été enregistrées. Encore une fois, il ne passe plus un seul jour sans qu'un piéton ou un automobiliste ne soit victime d’une agression de la part de jeunes gens circulant avec des motos ou des scooters. Des spécialistes du vol à l’arraché qui vous… arrachent votre téléphone portable ou votre sac contenant votre ordinateur avant de slalomer dans les embouteillages et de disparaître. Si vous cherchez à résister, ils sortent un coupe-coupe…

Venue se réfugier à Dakar afin d’y terminer ses études en pleine guerre civile en Côte d’Ivoire, cette jeune fille d’un ancien ministre ivoirien, fait partie des nombreuses victimes des agresseurs en deux roues de la Vdn. Ce soir-là, en traversant la Vdn pour rentrer à Sacré-Cœur III, deux individus à moto lui ont arraché son sac contenant son mini-ordinateur d’une valeur de 150.000 fcfa. C’était à hauteur du carrefour dit « Sde », en face de l’école supérieure « Eticca ». Après avoir chipé au passage la sacoche d’une dame, les voleurs ont réussi à disparaître dans la nature.

Pour couvrir leur retraite, ils ont tiré sur un taximan qui tentait de les pourchasser. Pour cet autre cas de vol qui nous a été raconté, les agresseurs n’ont pas opéré à moto, mais à pied ! Entre les deux voies de la Vdn, ils ont tendu une embuscade à deux filles dont l’une portait une baladeuse numérique. Après avoir réussi leur vol à l’arrachée, ils ont sectionné les doigts d’un marchand de fruits qui avait volé au secours des jeune victimes. À coups de machette. Les faits ont eu lieu aux alentours du cimetière Saint-Lazare. Ce courageux marchand de fruits est plus chanceux que ce taximan tombé en panne sur la Vdn. En résistant face aux agresseurs à moto, il aurait reçu plusieurs coups de couteau ayant entrainé sa mort quelques heures plus tard. Ces différentes agressions ont eu lieu la nuit tombée.

Mais il y en a qui se sont produites en plein jour. En début d’après-midi ! Comme celle qui a pris pour cible un jeune étudiant belge. Repéré par deux agresseurs à moto, il a été suivi jusque dans les ruelles de Sacré-Cœur III, à côté ou du terrain football. Il était 14h passées lorsque ce ressortissant belge a été attaqué à coups de machette avant que son ordinateur soit arraché par la bande. Alertés par ses cris de détresse, les voisins n’ont malheureusement pu que constater les dégâts.

Domiciliée à Sacré-Cœur 3, à côté du complexe « Good Rade », Mme Kh. Diop fait partie des victimes des agresseurs en « deux-roues » de la Vdn. À la vieille de la Tabaski, elle attendait un taxi en bord de route. Soudain, deux jeunes gens circulant en scooter se sont immobilisés à sa hauteur en simulant une panne. Profitant d’un moment d’inattention de la dame, ils lui ont arraché son sac à main contenant une somme de 800.000 fcfa. Dans leur fuite, ils ont laissé la pauvre dame en arrêt cardio-respiratoire.

Un confrère de l’agence Apanews a lui aussi été victime de ces malfrats. Alors qu’il attendait un taxi non loin des locaux de l’agence, à deux pas toujours du complexe « Good rade », deux jeunes gens sur une moto l’ont menacé avec une arme pour qu’il lâche son ordinateur. Une scène que l’on ne voyait que dans les films policiers. On pourrait multiplier les exemples à l’envi…

Autant d’agressions qui font que les riverains de la VDN ont peur et n’osent plus sortir de chez eux dès la nuit tombée. Les agresseurs en scooter sont devenus une véritable obsession pour eux. Des agresseurs qui ont fait de la Vdn leur zone de prédilection. Ces deux larges voies bien asphaltées et qui constituent pour eux une sorte de circuit fermé, leur facilitent grandement « le travail » si l’on ose dire. D’abord, ils tournent en rond dans les deux sens.

De l’échangeur de la « Foire » au rond-point « Mermoz », ils tournent dans un circuit fermé sans raison valable, histoire de repérer la moindre victime porteuse de sacoche ou de téléphone portable. À califourchon sur leur moto ou leur scooter, ils circulent tout en ayant l’œil ou l’esprit braqué sur des piétons susceptibles de détenir des objets de valeur. Ayant pour cibles de prédilection les ordinateurs et les sacs à main, mais aussi les téléphones portables, ils les arrachent en un tournemain ! Après quoi, ils se faufilent dans les embouteillages ou empruntent les ruelles secondaires avant de disparaître.

Au rythme où vont les choses sur la Vdn, les habitants des quartiers Mermoz, Sacré-cœur, Liberté VI et Nord Foire sont obligés de céder une partie de leur liberté afin de sauvegarder leur vie et leur sécurité. Comme quoi, il est recommandé aux usagers et riverains de la Vdn de limiter l’usage des téléphones cellulaires lors de leurs déplacements dans les quartiers environnants. Et s’ils ne peuvent se départir de leur cellulaire, il leur est recommandé de faire preuve de prudence et de regarder dans tous les sens entre deux « Allo !!! ». Il est également conseillé aux automobilistes de ne plus tomber en panne sur cet axe de la mort. Quant aux élèves et étudiants porteurs de laptop, il ne leur est plus permis de rentrer après… 19h ! Bref, les riverains de la Vdn sont soumis à un véritable couvre-feu après 19 heures !

En attendant que la Police et la Gendarmerie combinent leurs efforts pour mettre hors d’état de nuire les scootéristes de la mort, les résidents des Sacré-Cœur, Mermoz, Nord Foire etc. sont en résidence surveillée pour ne pas dire… déplacements surveillés ! Mais que font donc les forces de l’ordre ?

Pape NDIAYE
Le Témoin N° 1106 –Hebdomadaire Sénégalais ( Décembre 2012)



1.Posté par Jo le 14/12/2012 19:13 | Alerter
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habitant Liberté VI extension j'ai moi même été victime d'une agression. Par change mes assaillants n'étaient pas armés, et n'ont pas réussi à me voler mon téléphone. Je conseille donc à tous d'être plus que vigilants.

2.Posté par Talla le 15/12/2012 20:54 | Alerter
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Merci pour ce papier. A ajouter que BEM vient de perdre un de ses étudiants étrangers poignardé à mort sur ce tronçon pour juste lui arracher son portable. Un très mauvais message envoyé aux étrangers qui veulent choisir notre pays pour les études.

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