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Quand les danseurs relèguent les chanteurs sur l’arrière-scène

On est loin de l’époque où nos chanteurs, à la veille des fêtes, inondaient le marché de produits musicaux. Après la Korité qui a enregistré une production très faible, la Tabaski a été d’une grande monotonie. Mais si les musiciens pleurent misère, ce n’est pas le cas pour les danseurs qui sont devenus les vraies stars de la musique sénégalaise.


Rédigé par leral.net le Vendredi 16 Novembre 2012 à 18:30 | | 0 commentaire(s)|

Quand les danseurs relèguent les chanteurs sur l’arrière-scène
Pas de doute, l’industrie musicale est en pleine crise au Sénégal. On peut même dire qu’elle est à l’image du pays. En tout cas, jamais dans notre histoire musicale, une Tabaski n’a été célébrée dans une telle morosité que celle que l’ont vient de commémorer. En effet, il était de coutume qu’à la veille des fêtes, principalement la Tabaski mais aussi Noël et la Saint-Sylvestre, nos chanteurs inondent de cassettes et de Cd les bacs du marché Sandaga, poumon de l’industrie musicale nationale.

Un « poumon » qui n’est plus que l’ombre de lui-même, les affaires ne marchant plus comme avant, c’est à dire lorsque le « major » Talla Diagne régnait en maître sur la distribution et la production musicales et installait une ambiance d’enfer à Sandaga et environs à l’occasion des sorties de cassettes. Cette Tabaski que l’on vient de célébrer, il y a quelques semaines, montre combien, s’il en était encore besoin, il est aujourd’hui difficile de mettre sur le marché un album musical. Et ce malgré les avancées technologiques qui permettent à certaines vedettes de se passer des requins de studios et, donc, de réaliser des productions musicales à moindre coût. Et pour cette Tabaski, à l’exception de Mame Goor Djazzaka, l’ex-manager du groupe de rap Bamba J Fall reconverti avec bonheur en chanteur, aucun artiste n’a mis un opus sur le marché.

Mame Goor donc, qui s’est auto- proclamé « le meilleur » de la musique sénégalaise tout en s’auto-décernant le titre du roi du Mbalax, a été un des rares artistes à oser sortir un disque, les autres s’étant contentés de « singles » pour ne pas se faire oublier de leurs fans. Hélas, ce sont là les réalités du showbiz national où les musiciens peinent et hésitent encore à sortir un produit à cause de la piraterie et d’autres impondérables. Et si les mélomanes n’ont pu se trémousser sous les rythmes de nouveaux titres, les danseurs, eux, qui règnent en maîtres sur les scènes, ont inondé le marché de créations rythmiques à vous couper le souffle.

Ces acrobates et contorsionnistes sont devenus les vraies stars de la musique sénégalaise, faisant se déplacer lors des soirées qu’ils organisent un public qui raffole de leur chorégraphie et qui ne veut pour rien au monde rater leurs torrides et sensuels déhanchements. Dans ces soirées, organisées le plus souvent dans des night-clubs, on y danse le plus souvent les nouvelles chorégraphies à la mode genre « Thiakha goune », « Takh ci rip » ou « Mborokhé ». Des chorégraphies qui font fureur dans les boîtes de nuit où la plupart de ces stars se produisent.

Quant à l’absence de cassettes et autres Cd réalisés par nos chanteurs, elle pourrait s’expliquer par la piraterie qui est devenue un véritable cancer pour nos artistes. Malheureusement les autorités, qui devraient les aider à combattre ce mal, sont restées insensibles à leurs doléances, malgré les lois votées et qu’on peine à appliquer. Ce qui fait que, depuis quelques années, le marché musical connaît une grande morosité. En fait, seuls les jeunes talents, aux produits souvent douteux, s’affichent, histoire de tenter leur chance et se faire connaître du public. Ce qui est de plus en plus difficile tellement la scène musicale est encombrée.

Mais bon, si les chanteurs sont restés aphones lors de la Tabaski, ils pourront certainement se rattraper dans quelques semaines avec les fêtes de fin d’année. En effet, des artistes comme Oumar Pène, Thione Seck, Abdou Guité Seck, Yoro Ndiaye et Amy Mbengue sont en studio ou en phase de finition de leur produit qu’ils mettront dans les bacs pour boucler l’année, pas en apothéose, mais dans une certaine monotonie. Sauf si, bien sûr, le vrai Roi du Mbalax, Youssou Ndour qui, déchargé du ministère de la Culture, a promis de reprendre ses activités musicales, remontait sur scène. Dans ce cas-là, évidemment, on pourrait parler d’une vraie apothéose !

Alassane Seck Gueye






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