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Quand tu nous tiens, « Monsieur Casamance » ! (Par Jean-Marie François Biagui)

Alors que le second mandat du président Abdoulaye Wade tirait à sa fin, d’aucuns exprimaient leur doute, sinon leur désapprobation, quant à l’utilité de «Monsieur Casamance». Aussi, déjà, nombre de nos concitoyens réagissaient-ils en ces termes : ‘‘Le temps des «Messieurs Casamance» est révolu’’. C’était du moins la conviction, bien affichée, du Collectif des Cadres Casamançais (CCC), dont Robert Sagna est un membre actif, doublé d’un père-fondateur, parmi d’autres, de cette association.


Rédigé par leral.net le Vendredi 2 Août 2013 à 10:21 | | 2 commentaire(s)|

Quand tu nous tiens, « Monsieur Casamance » ! (Par Jean-Marie François Biagui)
Pour s’en convaincre et, en même temps, convaincre l’opinion, l’on arguait que le «dossier casamançais» devait être logé au ministère de l’Intérieur et sa gestion confiée au locataire de la Place Washington. En outre, poursuivant la réflexion y relative, l’on indiqua que toutes mesures concernant le «dossier casamançais» devraient dorénavant revêtir un caractère rigoureusement impersonnel.

Le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (GRPC), dont Robert Sagna est à la fois le créateur et le chef, ne peut aucunement méconnaître, encore moins ignorer, cette position-là, du reste bien affichée par ce dernier et ses collègues du CCC. Qu’est-ce qui a donc pu pousser les membres du GRPC à réclamer, au président Macky Sall, la signature sans délai d’un décret nommant Robert Sagna «Monsieur Casamance» ? Ne serait-il pas plutôt mieux indiqué, en l’occurrence, de suggérer au chef de l’Etat de nommer Robert Sagna ministre de l’Intérieur ?

Certes, est-il permis de n’avoir aucune suite dans les idées. Il est également naturel, pour chaque être humain, de tendre vers la sénilité, à la faveur notamment de la vieillesse ou de l’usure du temps. Cependant, sauf à perdre ce qui nous reste d’humain, nous ne pouvons pas – en tous les cas nous ne devons pas – consacrer «bon» pour soi, quelque chose que nous déclarons en même temps comme «fondamentalement mauvais» pour autrui et pour la collectivité.

En l’occurrence, si le «Monsieur Casamance» est mauvais en soi, il ne saurait, pour cette même raison, et sous aucun prétexte, être incarné par qui que ce soit, fût-ce même par un génie ou un expert ès-«dossier casamançais».

A la vérité, depuis la survenue, en mars 2012, de la seconde alternance politique au Sénégal, la question ‘‘Un «Monsieur Casamance» pour qui ?’’ s’est substituée, de manière on ne peut plus subtile, à la question ‘‘Un «Monsieur Casamance» pour quoi ?’’ Et c’est certainement en réponse à la première question que les membres du GRPC ont cru devoir, par la presse interposée, solliciter, du président de la République, qu’il veuille bien nommer Robert Sagna «Monsieur Casamance», dans «l’intérêt supérieur» de la nation, et donc de la Casamance bien comprise.

Ainsi, donc, du moins sous ce rapport, que le président Macky Sall se le tienne pour acquis : aussitôt nommé, le futur «Monsieur Casamance» va lui fournir «une alternative à la revendication indépendantiste du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance». Laquelle alternative aura pour nom : «décentralisation, territorialisation ou provincialisation» du Sénégal. Soit ! Mais si tel est réellement et sincèrement le vœu du GRPC, pourquoi est-ce que ce regroupement d’hommes et de femmes, et au premier chef son leader, nous combat sans répit et sans ménagement aucun, quoique de manière lâche, nous Mouvement pour le Fédéralisme et la Démocratie Constitutionnels ? Pourquoi ?

Pour rappel, le Mouvement pour le Fédéralisme et la Démocratie Constitutionnels se veut une formidable ALTERNATIVE au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance. Fondé notamment sur la base de sa devise «POUR UN SENEGAL UN ET PLURIEL», le Mouvement pour le Fédéralisme et la Démocratie Constitutionnels a :
Pour vision : Instaurer le fédéralisme au Sénégal en tant qu’une formidable réponse à la Question nationale, dont la crise en Casamance n’est qu’un dramatique pendant. A cet effet, notre vision fédéraliste se veut un projet politique et, pour cela, à l’avant-garde des débats politiques qui ne manqueront pas de prévaloir, certes en Casamance, mais également dans les autres Régions Naturelles du Sénégal. Notre manifeste politique intitulé ‘‘Mouvement pour le Fédéralisme et la Démocratie Constitutionnels : un pari politique pour la paix définitive en Casamance, au Sénégal, et dans la Sous-région’’ (Clairafrique, Dakar, 2008), comporte l’essentiel de notre vision fédéraliste. Pour autant, il faut préciser, ici, que si, du point de vue sémantique, notre vision politique, dans son intitulé, n’est pas innocente (parce qu’elle procède d’une stratégie certaine), l’exigence d’autonomie, sur la base de laquelle elle se fonde principalement, est à la fois une exigence politiquement neutre sur le plan des principes et une (pré)disposition démocratique quant à sa finalité. Elle est, en effet, politiquement neutre dans la mesure où elle n’obéit guère à aucune espèce de caprice d’aucune sorte de formation ou de pouvoir politique. Elle vise au contraire à instituer une règle générale d’administration de l’Etat central et des Régions, fondée sur le principe d’autonomie juridique de celles-ci face à celui-là, tant pour l’élection ou la nomination de leurs exécutifs respectifs que pour leur révocation. Or, si nous convenons que l’élection doit être le critère par excellence de l’autonomie des Régions, nous devons tout autant admettre que toute entité autonome (en l’occurrence la Région) est nécessairement une institution démocratique, c’est à dire cette heureuse finalité escomptée au travers, justement, de notre vision fédéraliste.
Et pour projet de société : Réhabiliter les Régions Naturelles du Sénégal que sont : Le Fleuve, Les Niayes, Le Ferlo, Le Sine-Saloum, Le Sénégal Oriental et la Casamance ; les ériger en Provinces autonomes, juridiquement, techniquement et financièrement, en vue de faire de ces dernières de véritables capitales économiques émergentes, en tant que pôles socioéconomiques, industriels et technologiques, parfaitement intégrés à l’économie nationale et sous-régionale, voire continentale et mondiale.

En définitive, ne nous perdons pas inutilement dans une guéguerre de sémantique. Qu’il s’agisse de «décentraliser, de territorialiser ou de provincialiser» le Sénégal ; ou bien qu’il soit plutôt question de «réhabiliter les Régions Naturelles du Sénégal que sont : Le Fleuve, Les Niayes, Le Ferlo, Le Sine-Saloum, Le Sénégal Oriental et La Casamance, et de les ériger en Provinces autonomes, juridiquement, techniquement et financièrement…», le bon sens, sinon la sagesse, voudrait que l’on admette que nous parlons, ici, d’une seule et même chose. Mieux, en ce qui nous concerne, nous revendiquons le droit, pour le GRPC, de nous plagier, y compris surtout en ne nous citant pas. Mais, de grâce ! pour l’amour de notre chère Casamance, cessons d’être mineurs, soyons adultes et tâchons de nous comporter comme tels, pour que triomphe à tout jamais une Casamance réconciliée avec elle-même et avec le reste du Sénégal.

Jean-Marie François BIAGUI
Président du Mouvement pour le Fédéralisme
et la Démocratie Constitutionnels (MFDC)



1.Posté par de passage le 02/08/2013 11:11 | Alerter
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jn marie marie Biagui n'est pas impliqué par les négociations en cours entre l'état et le mfdc et c'est pourquoi il essaie par tous les moyens de se faire remarquer et revenir au coeur des négociations ( pour avoir sa part du gateau). Jn M Biagui appartient à l'aile politique et ne représente que lui même. Les vrais personnes avec qui il faut négocier ce sont les combattants qui détiennent les armes : la fraction de salif sadio, celle de César atoute Badiate et celle de Ousmane Niantang Diatta (qui a été mis hors d'état de nuire depuis un bon moment)

2.Posté par hugo le 03/08/2013 05:14 | Alerter
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L'ère de Monarchies locales du type de Bour Saloum ou Bourba Djoloff appartient à la Pré-histoire !!!
Rien ne vous empêchent d'investir vos représentants librement à partir du "Bois sacré" au besoin.
Mais on s'en fiche de vos mesquineries.
Et encore une fois ,l'Eglise doit arrêter de se mêler de ces questions trop sensibles.
Trois Générations de jeunes Casamançais ont perdu le droit de jouir de la Vie à cause de ces cancres que nous connaissons dans les Lycées et Collèges.

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