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Quelle belle victoire ! La canadienne Michaël Jean a la tête de l’Oif (Son excellence Cheickh Sadibou Diallo)


Rédigé par leral.net le Vendredi 19 Décembre 2014 à 18:44 | | 0 commentaire(s)|

Quelle belle victoire ! La canadienne Michaël Jean a la tête de l’Oif (Son excellence Cheickh Sadibou Diallo)
« Servir, contribuer, rassembler, tel est le fil de ma vie ». (Michaëlle Jean)

«Haïtienne, québécoise, canadienne, française et, par ses ancêtres, africaine. On ne peut être plus universelle que la nouvelle élue à ce poste prestigieux de l’OIF. C’est l’adéquation parfaite pour rassembler une organisation, par définition, disparate dans ses constituantes et qui a pour seul dénominateur commun la langue française». Michaëlle Jean pouvait être vue comme personnification presque parfaite de la Francophonie. ( Bernard Descôteaux, Canada )

Lors du XVème Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie qu’il nous a échu l’honneur d’abriter au Sénégal du 29 au 30 novembre, unanimement salué par les observateurs de la presse mondiale, comme une belle réussite, la distinguée canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean a été désignée, à l’occasion d’un huit clos au poste de Secrétaire Générale de l’OIF, après de difficiles tractations dues aux divisions de l’Afrique. Cette ex-gouverneure générale du Canada, âgée de 57 ans, s’est imposée, face à quatre candidats africains incapables à se coaliser autour d’une candidature unique. Ayant fait le triste constat de l’incapacité des postulants africains de s’entendre à trouver cet accord d’unicité, les dirigeants des pays membres de l’Organisation ont consenti à la nomination de Mme Jean. Ils ont trouvé ce consensus, après des pourparlers saumâtres, qui avaient même laissé planer l’hypothèse inédite d’un vote.

Une règle non écrite voulait jusqu’à présent que le poste de Secrétaire général de l’OIF, créé en 1997, soit issu du Sud - certains plaidaient même pour une chasse gardée africaine - et que l’Administrateur vienne du Nord. La candidate canadienne, pour se hisser à la tête de l’instance internationale, a dû lutter contre ce rituel qui voulait que ce poste revienne à une personnalité de l’hémisphère sud. C’est ainsi que tout au long de sa campagne de proximité, elle n’a eu cesse d’énoncer cette vérité de Lapalisse : «Je suis à la fois du Nord et du Sud, je suis reçue par tout le monde, comme femme d’Etat, comme quelqu’une qui a de l’expérience, des idées et une énergie». Elle l’a réaffirmé aux medias en octobre dernier, dans son bureau de l’Université d’Ottawa, qu’orne une photo la montrant en compagnie du Président des Etats-Unis Barack Obama. Avec son arrivée à la tête de l’OIF, la nouvelle élue va devoir quitter son poste d’envoyée spéciale de l’Unesco en Haïti, qui l’amenait à se rendre dans son île natale, plusieurs fois par an, afin de suivre l’avancée des travaux de reconstruction consécutifs au terrible séisme de janvier 2010.

Mme Michaëlle Jean est, admirablement, la première femme à aiguillonner le postulat ordonnancé pour accéder à ce poste prestigieux, au terme d’une campagne éminemment active, qui visait essentiellement à convaincre les dirigeants du continent africain, où vit la grande majorité des 274 millions de francophones dans le monde. Elle succède à l’émérite Abdou Diouf, qui se retire après trois mandats à la tête de l’OIF, laquelle compte 57 membres dont 23 ont le statut d’observateur. Le passage de témoin entre Diouf et Mme Jean marquera la fin de l’époque des grands leaders, qui ont donné aux pays africains leur indépendance. A la tête de l’OIF, ce grand sage mettait sa crédibilité au service de cette jeune Organisation à la recherche d’une stature internationale. Son aura lui permettait aussi de jouer un rôle d’arbitre auprès des pays membres. Toutes choses que ne pourra être sa continuatrice.

Dans son premier manifeste, après sa désignation, Mme Jean affirme avec une sensation de fierté et d’émotion : « Je mesure la tâche qui m’attend et je veillerai à prendre grand soin de l’héritage que nous lègue le Président Diouf. J’ai su forger les liens solides et cultiver la confiance. Je crois fermement à une diplomatie politique, culturelle et à échelle humaine. Ensemble, traçons le chemin d’une Francophonie moderne et tournée vers l’avenir. La Francophonie du XXIe siècle sera au service et à l’écoute des jeunes et des femmes. Prospère, elle conjuguera l’accroissement des échanges et le développement humain et durable pour tous ». Insistant sur le travail qu’il reste à faire et sur la nécessité de faire partager son programme à tous les pays membres de l’espace francophone, Mme Jean persévère : «il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Je pense réellement vouloir s’appuyer sur la dimension politique apportée à l’OIF pendant douze ans par l’ex-Président sénégalais Abdou Diouf, pour faire de cette langue française si riche un levier magique, pour avancer ensemble vers le développement de nos pays, des économies de nos nations ».

Polyglotte, l’heureuse élue parle cinq langues (français, anglais, espagnol, italien et créole haïtien). Elle clôt son analyse par un vibrant hommage à son honorable prédécesseur, qui lui passera le relais en janvier : «On ne remplace pas Abdou Diouf, on lui succède dans la continuité de son action». « Mme Michelle Jean est la personne idéale pour promouvoir le français ainsi que les valeurs de l’Organisation. Elle saura incarner le renouveau et la modernité dont a besoin la Francophonie du XXIe siècle », s’est félicité le Premier Ministre canadien. « Elle pourra aussi donner un nouvel essor à l’espace francophone, en mettant de l’avant l’importance des échanges économiques entre Etats membres », confirme avec conviction M. Couillard, Premier Ministre du Québec. Saluant le choix de Mme Jean, à la tête de l’OIF, le Président français François Hollande qui a assisté au XVème Sommet de Dakar, a loué ses éminentes qualités.

Oui la victoire est belle ! Car Mme Michaëlle Jean est, de par son extraordinaire parcours et, par l’exception de son universalité, la personne qu’il faut à la tête de l’OIF. Elle arrive à ce poste au moment où l’Afrique vit des transformations majeures, sur les plans démographique et économique. Au moment aussi où la mondialisation pose un défi collectif aux francophones de la planète, en raison de la force de la langue française qui influence toutes les communautés et toutes les cultures. C’est ainsi que pour clore ma réflexion, il m’est consciemment venu à l’idée de poser la question indispensable : ET MAINTENANT…
Si le XVème Sommet s’est conclu par le choix de Mme Michaëlle Jean pour présider au destin de l’OIF, cette option est révélatrice de l’état de cette Organisation, au moment où elle aborde un nouveau cycle de son histoire. Pour l’heure, la Francophonie internationale est institutionnelle. Elle est l’affaire d’abord des gouvernements. Par ses remarquables qualités de communicatrice, Mme Jean sera, sans doute, à même d’ouvrir la Francophonie aux francophones, mais encore lui faudra-t-il positivement convaincre les pays membres de donner à l’OIF les vrais moyens de ses ambitions…

La messe est dite ! Ce que S.E.M. Boutrous-Boutrous Ghali et, d’une certaine manière, l’ancien Président Abdou Diouf n’ont jusqu’ici pu réussir, en dépit de leur stature.


Son Excellence Monsieur Cheickh Sadibou DIALLO
Conseiller Spécial politique du Président de l’APR
Administrateur de la DES APR France






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