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Quelques commentaires relatifs au texte de Janvier 2013 sur le MALI

Rédigé le Mardi 29 Janvier 2013 à 20:56 | | 0 commentaire(s)

du Camarade, Professeur Samir Amine



L’intervention Française, encours, est une exception à la règle des interventions des puissances occidentales dans les pays du SUD, du fait du changement de nature de celle –ci, depuis l’avènement de F. Hollande.
En effet, la France est intervenue militairement au Mali, non pas pour y défendre des intérêts de ses grandes Entreprises du CAC 40 dans ce pays, comme cela a été toujours le cas quand les grandes puissances interviennent dans un pays, mais essentiellement , pour y chasser ceux qui menacent , d’une part, les intérêts de son Entreprise nucléaire, AREVA, au Niger, et, d’autre part, la sécurité de ses citoyens dans ce pays, où ils sont l’objet d’attaques et de prises d’otage à répétition par les Islamistes , à partir du sol Malien.
Pourtant, avant l’arrivée de F. Hollande, son prédécesseur N. SARKOZY voyait cette défense dans un Nord Malien autonome dans le cadre de l’AZAWAD, sous la direction du Mouvement de Libération Nationale de l’AZAWAD, (MNLA).
Cette approche était compatible avec celle des Etats Unis, dans la mise en œuvre de son projet du « Grand Orient », qui vise à déconnecter l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique, pour la rattacher aux pays du Moyen Orient, avec lesquels elle a en partage l’Islam et la Langue Arabe.
D’ailleurs, la Banque Mondiale a déjà, dans ses projets d’appui au Développement, mis en œuvre ce concept, en créant une nouvelle « région économique » sous le vocable « Midle Est/North Africa », ou « MENA ».
Le Nord Mali est donc considéré par la France et les USA, comme un million essentiel dans leur vision géostratégique de défense de leurs intérêts en Afrique, plutôt que comme une zone économique essentielle dans le court et moyen termes pour leurs Entreprises.
C’est pour cela, que les Touaregs venus de Lybie ont été désarmés à la frontière avant d’être acceptés de rentrer s’installer au Niger, alors que les autres sont rentrés au Mali, avec armes et bagages, sous la complicité des USA et de la France.
La France ne voulait pas de Touaregs armés au Niger, mais a usé de toute son influence sur le Président du Mali de l’époque, pour les faire accepter avec armes et bagages.
Ainsi, puissamment armé, le MNLA a lancé dans le Nord - Est du Mali, une offensive qui a mis l’armée malienne en déroute, et le 24 janvier 2012, à Aguel Hok, les rebelles ont exécuté, dans des conditions atroces, 80 prisonniers de guerre.
Devant cette humiliation de l’armée malienne, et les atrocités qu’ont subies les soldats prisonniers, des familles de militaires, mais aussi des jeunes, se sont rassemblés pour dénoncer l’impuissance du chef de l’État, voire sa complicité avec la rébellion, avec des manifestations, parties du camp militaire de Kati, pour gagner Bamako et Ségou.
C’est dans ce contexte, que la France sous Sarkozy, dépêchait Alain Jupé, son Ministre des Affaires Etrangères, à Bamako le 26 Février 2012, pour y exprimer sa conviction « qu’il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’assoir autour de la table, et le Président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention ».
L’objectif de la France et des USA était donc sans ambigüité : il fallait négocier une forme de partition du Mali avec la rébellion.
C’est pour cela, ni la France, ni les USA, qui pourtant prétendent, tous les deux, être de grands « défenseurs des Droits humains », encore moins la CEDEAO, n’ont condamné cette agression contre l’intégrité territoriale du Mali, et les exactions contre son peuple, mais ont, par contre, usé de toute leur influence, pour empêcher l’organisation d’une riposte militaire du Mali pour libérer son territoire occupé par la rébellion Touareg sous le drapeau du MNLA.
Le pouvoir malien était, au contraire, encouragé à diviser davantage son peuple en maintenant le cap sur le calendrier électoral qui allait occuper les différentes organisations des forces vives de la Nation dans une compétition politique fratricide, au lieu de les réunir, comme un seul bloc, pour libérer le Nord de leur pays occupé, dont les ressortissants citoyens allaient être exclus des élections nationales.
C’est dans cette situation irréaliste que l’on peut voir l’origine du putsch militaire qui a renversé, le 21 mars, le président Amadou Toumani Touré, pour prendre en main la libération du Nord malien, presque deux mois après le démarrage de l’agression contre le Mali, et un mois après la visite de Jupé.
Cette réaction patriotique de l’armée malienne a bouleversé les plans des USA et de la France, et a apporté une nouvelle perspective politique au peuple malien, celle d’un large rassemblement national pour libérer le Nord du pays, à la place d’une compétition électorale qui reporte cette libération sine die, et donne le temps à la rébellion de sanctuariser le Nord occupé pour mieux négocier la partition du pays.
L’alliance du MNLA, considéré comme laïc, avec les groupes islamistes, donnait à cette nouvelle perspective de lutte du peuple malien pour restaurer l’intégrité de son territoire, une nature de « lutte de libération nationale », et non, une lutte entre « l’Islamisme ».
Il faillait donc à la France sous Sarkozy, et aux USA, étouffer cette nouvelle perspective dans l’œuf, en instrumentalisant la CEDEAO à cet effet, pour qu’elle condamne le putsch, prenne des mesures d’embargo et de sanctions économiques et financières contre le Mali, et bloque, dans les ports du Ghana, de Dakar et de Conakry, les armes, pourtant commandées par le défunt régime.
L’objectif des USA et de la France était donc, sous couvert de « nécessité de restaurer l’ordre constitutionnel », de paralyser l’Etat malien, et d’empêcher les putschistes de pouvoir réorganiser l’armée malienne, l’équiper, et mobiliser le peuple, pour déloger les rebelles et libérer le Nord de leur pays.
Ces actes posés contre les putschistes étaient perçus par la rébellion comme autant de signaux d’encouragement, au point qu’elle décrétait « l’Indépendance de l’AZAWAD », et de reprendre les hostilités pour occuper tout le Nord - Est du Mali.
Mais la proclamation de cette « Indépendance » a produit, par la suite, une guerre d’hégémonie au sein de la rébellion , en mettant le MNLA en confrontation ouverte avec Ansar Dine et le MUJAO, qui sont parvenus à l’évincer du Nord Mali, et dont le Chef fut sauvé de justesse par le Burkina, qui lui a accordé hospitalité et soins, au lieu de le livrer aux Autorités maliennes, pour délit grave d’atteinte à l’intégrité de son territoire, et d’exactions contre son peuple.
Cette attitude du Burkina, dont le Président a été bombardé « médiateur » de la crise par le, A. D. OUATARA, Président de la CEDEAO, qui a été lui-même placé à la tête de la Côte d’Ivoire par une intervention militaire française sous Sarkozy, avait fini de dévoiler le jeu de Paris et de ses hommes liges dans la CEDEAO.
Pour Paris, le MNLA devrait rester, avec l’appui de la CEDEAO, une pièce maîtresse dans le devenir de l’AZAWAD, et cela n’était possible que dans le cadre de négociations inclusives, et non d’intervention militaire contre les Islamistes sous l’égide de l’armée malienne reconstituée.
Pour les USA, Ansar Dine, qu’ils considèrent comme « modéré », devrait rompre avec le MUJAO et AQMI, pour jouer aussi un rôle central dans la perspective de futures négociations, à partir des positions de force qu’il occupe sur le terrain.
La division de la rébellion en deux ailes Touareg « laïque » (MNLA), et « islamiste modéré » (Ansar Dine), et une aile étrangère « islamiste radical »( AQMI et MUJAO), ouvrait donc aux USA et à la France sous Sarkozy, un large champ de manœuvres, pour créer les conditions de négociation entre un « pouvoir civil » issu d’élections, et les deux ailes Touareg de la rébellion, pour chasser les islamistes radicaux de l’AZAWAD, devenu autonome dans un premier temps, et un état indépendant, dans un second temps.
Les éléments de la stratégie de partition du Mali se mettaient petit à petit en place.
Donc incontestablement, la France sous Sarkozy, et les USA, sont doublement responsables de la crise au Mali, pour avoir contribué à faciliter l’entrée au Mali, d’ex combattants de Lybie, lourdement armés, et pour avoir ordonné la paralysie de l’Etat Malien soumis à un embargo, pour empêcher son armée d’être en mesure de relever le défi de la lutte de libération nationale contre la rébellion.
C’est dans ces circonstances que sont intervenus des changements politiques majeurs au Sénégal, puis en France, avec le départ d’A. Wade et de N. Sarkozy, tous deux, partisans farouches du « retour à l’ordre constitutionnel », et l’arrivée de M. Macky Sall, réticent, malgré les fortes pressions de Jupé, puis de Fabius, à participer à une croisade contre les putschistes, et de F. Hollande, qui, après un moment de continuation des positions de son prédécesseur, s’est, par la suite, converti aux positions du Sénégal d’aider l’armée malienne en équipement, en formation et en appui logistique, pour libérer le Nord, plutôt que de privilégier la « chasse aux putschistes », au grand désarroi des USA et de la CEDEAO.
Comme le Sénégal, la France venait de comprendre qu’une guerre contre l’armée malienne sous l’autorité des putschistes, allait déstabiliser durablement le Mali, et porter préjudice à ses intérêts au Niger.
En effet, si le Sénégal a vu ses intérêts économiques au Mali, directement menacés par une telle guerre, la France y a vu une menace indirecte pour ses intérêts au Niger, tandis que le peuple malien, les putschistes, le gouvernement de transition et les patriotes, y ont vu des menaces réelles de partition de leur territoire.
Il est donc injuste d’imputer au régime de F. Hollande, la paternité de la crise au Mali. Au contraire, il a su courageusement dégager la France d’une entreprise de « guerre » de la CEDEAO contre l’armée malienne commandée par les putschistes, sous prétexte de « rétablissement de l’ordre constitutionnel », qui risquait de compromettre durablement ses intérêts au Niger.
Tous ces risques de menaces étaient devenus une réalité, dés que les USA étaient parvenus à faire adopter par le Conseil de Sécurité de l’ONU, sa dernière résolution qui autorise une intervention armée extérieure en appui à l’armée malienne, mais qui devait se faire après la tenue d’élections nationales, dans la partie SUD du pays non occupé !
C’est cette résolution qui a été perçue, par la rébellion, comme un nouvel encouragement à renforcer ses positions stratégiques, en vue d’une négociation éventuelle de sortie de crise politique.
C’est ainsi qu’ils décidèrent alors de s’emparer de BONA pour s’ouvrir la porte de MOPTI, ville stratégique pour la conquête de Bamako, et atout majeur pour les négociations à venir.
C’est là que F. Hollande a décidé de matérialiser son engagement à contribuer à libérer le Mali, et non à créer les conditions de sa partition.
D’où l’ « Opération Serval », qui lui vaut, aujourd’hui, d’être traité injustement de « néocolonialiste » et de nouveau parrain de la « Françafrique ».
Si tel était le cas, l’on ne comprendrait pas que les USA ne s’impliquent pas militairement dans la crise au Mali, alors qu’ils sont le premier partenaire des importations du Mali, et le second, pour ses exportations.
De même, l’on n’aurait pas compris que la France soit, dans cette crise, en première ligne, jusqu’à payer, rubis sur ongle, l’appui des USA pour le transport, au Mali, de ses troupes et de ses armes, alors qu’elle n’est que le quatrième partenaire commercial du Mali, loin derrière la Chine qui est en deuxième position, et le Japon, en troisième position.
L’attitude de la Chine et du Japon par rapport à l’intervention militaire, montre enfin, que les enjeux de cette crise ne mettent pas en cause leurs intérêts économiques dans ce pays, mais mettent en contradiction les intérêts géostratégiques de la France et des USA, depuis l’évolution des positions de F. Hollande sur la crise du Mali.
Ces contradictions géostratégiques sont encore gérées diplomatiquement par les deux protagonistes, pour se faire des alliés en Afrique, dans cette crise.
C’est ainsi que la France peut compter sur l’Algérie qui, avec ses 1376 km de frontière avec le Mali, est opposée à toute forme de partition du Mali à ses portes SUD, alors que la Mauritanie, qui non seulement abrite le siège d’une antenne de Ansar Dine, mais, avec ses 2237 km de frontière avec le Nord Est du Mali, vit un large consensus de sa classe politique ( le pouvoir et la quasi-totalité de l’opposition), qui est opposée à toute « intervention militaire extérieure », et qui soutient une solution négociée avec la partie Touareg de la rébellion, pour sortir de la crise.
Il est donc évident, qu’avec cette crise au Mali, se joue le sort de l’unité des peuples d’Afrique qui ont en partage le continent, leur paix, leur sécurité et leur souveraineté sur leur destin.
A moins de penser que les USA sont devenus « pacifistes », même quand leur suprématie économique est en jeu dans un pays, et la France, « belliqueuse et aventuriste », même là où elle a le moins à perdre !
Donc nous, hommes de gauche, ne devons jamais oublier qu’il faut toujours avoir, de façon dialectique, une approche qui articule le « général et le concret », ou en d’autres termes, une « vision globale » et une « vision concrète de la situation concrète ».
C’est parce que l’on a délaissé une telle approche dialecte des phénomènes complexes, que certains d’entre nous s’offusquent que la France combatte les « Islamistes » au Mali, mais les soutient en Syrie, en y voyant une « duplicité » qui devrait discréditer son intervention dans ces deux pays.
Malheureusement, nos camarades de la gauche sont pris dans la propagande officielle des puissances occidentales ; ce qui gêne une analyse de façon « concrète », chaque « situation concrète ».
L’analyse de la « situation concrète » qui a motivé l’intervention de la France en Syrie, et sa mise en première ligne, même si la Syrie n’est pas économiquement importante pour ses Entreprises du CAC 40, montre, que la Syrie a toujours été considérée par les gouvernements Français, et ses amis Libanais, comme une menace permanente à leurs intérêts économiques au Liban.
Le Liban est le seul pays du Moyen Orient, où la France possède une présence économique et culturelle stratégique, qui en fait un des acteurs essentiels dans le conflit Israélo - Palestinien.
L’opposition qui veut déloger le pouvoir Syrien, qui est considéré comme une menace permanente sur les intérêts de la France au Liban, est considérée comme une alliée stratégique pour la France, que ce soit sous Sarkozy ou sous Hollande, même s’il y a une composante islamiste. L’ennemi à abattre, c’est le pouvoir Syrien.
La France partage cette hostilité à la Syrie avec les USA et Israël, tandis que la Turquie, qu’ils considèrent comme le modèle de l’ « Islamisme modéré », est instrumentalisée comme tête de pont de l’OTAN dans la région.
Au Mali, sous Sarkozy, l’ennemi, ce sont les putschistes qui ont renversé un pouvoir avec qui Paris et Washington s’étaient entendus pour faire une place à l’AZAWAD, même s’il y a des éléments islamistes comme Ansar Dine qu’ils qualifient de « modérés ».
Avec Hollande, l’ennemi au Mali, c’est la rébellion qui compromet les intérêts Français au Niger, et non les putschistes, alors que les USA et la CEDEAO continuent de prendre les putschistes comme l’ennemi à abattre.
Ainsi, juger la nature de l’intervention militaire des grandes puissances dans un pays, sans tenir compte de leurs intérêts géostratégiques dans la zone du conflit, ne permet pas de la juger objectivement.
La France, en Syrie et au Mali, a une même « logique d’enfer », qui consiste à occuper des positions stratégiques dans ces pays, mêmes si ses intérêts économiques ne sont pas en jeu dans le conflit, pour mieux protéger ses intérêts économiques et politiques dans la sous région, au prix même d’une mésentente avec les USA.
Ce qui compte, pour Hollande, ce sont les intérêts économiques des entreprises françaises et les intérêts politiques de l’Etat Français dans la sous région, même si, dans certaines circonstances, ils ne coïncident pas avec les intérêts des USA.
En Syrie, ils coïncident, mais au Mali, ils divergent.
Une telle situation était vécue sous Sarkozy, à travers sa tentative de promouvoir l’ « Unité des Peuples de la Méditerranée » (UPM), en réaction au projet du « Grand Orient » des USA, jusqu’à ce que son allié principal, la Tunisie, fut balayée par le « Printemps Arabe », sous les applaudissements des USA.
C‘est ce retournement de situation qui l’avait contraint à s’aligner derrière le projet US, pour ne pas être effacé par l’émergence de régimes islamistes, baptisés de « modérés » par les USA.
Depuis lors, l’alignement de Sarkozy sur les USA était parfait, que ce soit en Egypte, en Lybie, en Syrie, et dans la crise au Mali.
C’est cet alignement que Hollande vient de rompre au Mali, avec l’ « Opération Serval ».
Donc, cette opération ne met pas en jeu la « triade » contre un pays en développement dont elle veut anéantir son projet de libération nationale, mais bien les USA contre la volonté du peuple malien de préserver son intégrité territoriale, fortement appuyé par la France et le Sénégal.
Cependant, le Professeur a bien raison de s’interroger jusqu’où Hollande ira dans cette rupture d’alliance stratégique avec les USA.
C’est pour cette raison, que fragiliser cette rupture au Mali par des considérations idéologiques infondées, causées par le refus de prendre en considération la différence stratégique entre Sarkozy et Hollande dans la crise malienne, serait le meilleur moyen d’encourager les « pro – atlantistes » qui font légion dans le Parti Socialiste, à reprendre du poil la bête pour arrêter l’ « Opération Serval » avant la libération totale du Nord Mali, sous prétexte de risques d’enlisement de son intervention, non soutenue militairement par les autres grandes puissances.
Le rejet de cette intervention par le Secrétariat Général de l’OCI, alors que son Président en exercice, le Chef de l’Etat du Sénégal, y participe par l’envoi de troupes combattantes, les critiques qui émanent des pays arabes du Golfe et des pays d’Afrique sous régime islamistes dits « modérés », et l’attitude de la Mauritanie, laissent présager un puissant soutien de ceux-ci à la rébellion, pour imposer l’arrêt de cette intervention et l’ouverture de négociations.
Une telle éventualité va transformer la force Française d’ « intervention » en forces d’« ’interposition », pour permettre la négociation de la partition du Mali, comme moyen de se réconcilier avec la stratégie américaine dans la région.
C’est dans cette perspective que semble s’orienter maintenant le MNLA, qui vient de déclarer sa volonté d’aider la France à combattre les Islamistes, et non, d’aider le gouvernement de transition pour libérer le Nord.
C’est aussi dans cette optique qu’une fraction d’Ansar Dine se déclare prête à rompre avec les « terroristes », pour prêter main forte à la France, et non au gouvernement de transition.
L’on prépare ainsi, des « interlocuteurs crédibilisés » pour imposer des négociations.
C’est ce risque que font courir au peuple malien, tous ceux qui se mobilisent pour crier à la « néo-colonisation du Mali, et à indexer comme « valet de la France », ceux qui, comme le Sénégal, ont décidé de s’impliquer, totalement, auprès du gouvernement de transition du Mali et de son armée.
Ils dédouanent, en fait, l’attitude des USA, qui refusent d’appliquer la résolution de l’ONU visant à apporter un soutien logistique à l’armée malienne, et qui se contentent de louer à la France des moyens de transports pour convoyer ses troupes et son matériel au Mali.
De même, ils exonèrent la CEDEAO et l’Union Africaine, qui traînent les pieds et se réfugient derrière un financement de l’ONU, pour éviter d’accomplir leur devoir de solidarité envers le peuple malien agressé, torturé et menacé de partition de son territoire, comme ce fut le cas du Soudan.
La crise du Mali nous montre à quel degré d’aveuglement idéologique la gauche peut être encore atteinte, alors que l’on espérait qu’elle en était définitivement guérie après la chute de la muraille de Chine, suivie de celle du mur de Berlin, et l’effondrement du camp socialiste en Europe de l’Est.
Enfin, elle a fini de convaincre les plus crédules, de la non viabilité de nos Etats pris individuellement, tant du point de vue économique, que du point de vue sécuritaire, et de l’échec patent de nos politiques et de nos organisations d’intégration sous régionales et régionale.
Le responsable de cette déconvenue, est le choix de nos Chefs d’Etat, d’une stratégie d’intégration par le marché à travers des politiques de convergence macro économique, à la place d’une intégration politique de nos Etats, pour réaliser l’intégration économique par des programmes intégrateurs.
La dépendance de nos Etats et de nos organisations d’intégration, du financement des grandes puissances, et l’incapacité des politiques de coopération militaire avec les grandes puissances, à doter nos Etats et nos organisations sous régionales, de forces de défense performante de la sécurité de nos peuples et de l’intégrité de nos territoires, se sont révélées au grand jour avec la crise au Mali.
D’où la nécessité d’un vaste et puissant mouvement de solidarité au gouvernement de transition du Mali et à son Armée, qui est aujourd’hui, puissamment appuyée par l’armée Française, qu’il faut encourager et non démoraliser, pour contribuer, de manière décisive, à la libération totale du Nord Mali.

La gauche pan africaniste est fortement interpelée par ce tournant de la crise au Mali.




Ibrahima Sène PIT/SENEGAL
Fait à Dakar le 26 Janvier 2013




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