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RDC: la rébellion aux portes de Goma, les civils fuient

le 18 Novembre 2012 à 12:09 | Lu 598 fois

La rébellion congolaise du Mouvement du 23 mars (M23) a affirmé dimanche être "aux portes" de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, et prête à repousser "très loin" l'armée qu'elle affronte dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où les combats ont provoqué une nouvelle fuite de civils.


RDC: la rébellion aux portes de Goma, les civils fuient
Les Casques bleus de la mission de l'ONU en RDC étaient intervenus samedi pour prêter main forte à l'armée régulière congolaise, en l'appuyant avec des hélicoptères de combat, mais sans parvenir à freiner l'avancée des rebelles. "En ce moment, nous sommes à Kibati, à 5 kilomètres de Goma", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire des rebelles.

Affirmant n'avoir pas l'ambition de prendre la ville, il a ajouté: "Si toutefois l'armée de Kabila (le président) nous attaque, nous allons poursuivre l'ennemi jusqu'à ce qu'il soit rejeté très loin de Goma". Aucun commentaire de l'armée n'a pu être obtenu au sujet de l'avancée des rebelles jusqu'aux abords de Goma. Mais l'armée congolaise a affirmé que les combats avaient atteint dimanche le camp de déplacés de Kanyarucinya, à une dizaine de kilomètres de Goma, ce que la rébellion a démenti.

"Les affrontements se déroulent maintenant au camp de Kanyarucinya, l'ennemi a débordé par la droite et tous les déplacés ont déjà quitté le camp et seraient maintenant dans la ville de Goma", a indiqué à l'AFP un colonel de l'armée chargé du renseignement. Le camp de Kanyarucinya regroupe entre 60.000 et 80.000 personnes, pour beaucoup des femmes et des enfants selon l'ONU.

Fuyant les combats, des colonnes de centaines de déplacés - et des militaires ayant quitté le front - sont arrivées aux portes de Goma avec leurs effets personnels et leurs chèvres, en espérant rejoindre d'autres camps de déplacés, a constaté un journaliste l'AFP.

L'armée régulière congolaise, qui semblait débordée dimanche matin, espérait cependant stopper l'avancée du M23, qui venait du nord de la province du Kivu, grâce à des renforts militaires arrivés du sud.

Intervention des hélicoptères
"Nous essayons de nous défendre. Nous avons espoir dans les nouvelles troupes qui sont en train d'arriver de Bukavu", la capitale de la province voisine du Sud-Kivu, a déclaré le colonel de l'armée, précisant que ces renforts étaient arrivés par bateau et étaient au port de Goma.

Samedi, des hélicoptères de combats de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) étaient intervenus en soutien à l'armée congolaise, ce qui n'a pas empêché les rebelles de prendre la petite ville de Kibumba, à 25 kilomètres au nord de Goma. Le M23 a "mis en garde" dimanche la Monusco en lui intimant de cesser de soutenir l'armée.

"Nous mettons en garde la Monusco qui est en train de bombarder nos zones au lieu de montrer sa neutralité sur le terrain (...) S'ils continuent à nous bombarder, nous allons réagir", a déclaré le porte-parole du M23. Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni samedi soir à New York, avait demandé l'arrêt de l'avance de la rébellion vers Goma, et que "tout soutien extérieur et toute fourniture d'équipement au M23 cessent immédiatement".

Le gouvernement de la RDC et l'ONU accusent le Rwanda, pays frontalier de l'est de la RDC, de soutenir les rebelles, ce que Kigali dément. Un autre pays voisin, l'Ouganda, est aussi accusé par l'ONU de soutenir les rebelles mais Kampala nie toute implication. Selon le porte-parole du gouvernement de RDC, Lambert Mende, samedi soir, "4.000 hommes en colonnes motorisées et à pied" sont arrivés "en provenance du territoire rwandais" mais le Rwanda a de nouveau démenti le soutien de troupes rwandaises au M23.

Le M23 a été créé début mai dans le Nord-Kivu (est) par des militaires congolais qui avaient pour la plupart combattu au sein de la rébellion pro-rwandaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Ayant intégré l'armée en 2009 après un accord avec le gouvernement, ils se sont mutinés en avril 2012 arguant que Kinshasa n'avait pas respecté ses engagements.