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[REPORTAGE] Construire une arène nationale au technopole, c’est transformer des cerveaux en muscles !


Rédigé par leral.net le Vendredi 15 Avril 2016 à 16:08 | | 13 commentaire(s)|

[REPORTAGE] Construire une arène nationale au technopole, c’est transformer des cerveaux en muscles !
DakarFlash constate que jamais une pose de première pierre n’a été aussi populaire dans l’histoire du Sénégal. Celle de l’arène nationale, cette infrastructure qui se fait désirer depuis 17 longues années, a battu les records d’influence. Et le Président SALL a gagné l’estime du monde de la lutte qui va étrenner son joyau dans 28 mois. A-t-il réellement gagné l’estime du peuple sénégalais ?

Les autres qui n’ont pas de lieu commun avec la lutte, ni d’Adam, ni d’Eve ?
7 hectares sur Pikine ! C’est la superficie que le Président Sall a décidé d’octroyer aux lutteurs. Cette périphérie qui se situe à Pikine Nord devra abriter l’Arène nationale. Macky Sall a pris ainsi la truelle. Il a mis définitivement une couche de ciment sur Pikine Nord. Un ouvrage d’un coût de 31 milliards de FCFA du pauvre contribuable sénégalais. L’idée n’est ni d’en contester, ni d’en éprouver le besoin. L’idée de DakarFlash est de se poser la question de savoir, en fallait-il le coût ?

N’y a-t-il pas d’autres urgences ?
En effet, l’idée d’en construire est bonne mais ce n’est ni l’occasion, ni le lieu. Le site du technopole est un site clé, un patrimoine environnemental qui appartient aux Sénégalais et qui doit rester aux Sénégalais. Par définition, un site de technopole est un centre urbain disposant des équipements de recherche et de formation dans le domaine des techniques de pointes, ce qui favorise l’implantation des activités industrielles les plus modernes. Alors qu’est-ce qui justifierai la construction de l’arène nationale sur ce site puisqu’elle ne contribuerait ni aux développements de solution, ni au développement scientifique ?
DakarFlash pense fortement qu’avec un tel budget il y avait tellement de choses possibles sur ce site de technopole de surcroît ?

Une vision qui laisse à désirer pour lui et pour son régime
Ils agissent parfois avec moins de pertinence. Le Président Wade prenait des fois beaucoup de temps pour réfléchir face à ces genres de projets. Pourquoi ce, contre vent et marré le Président a persisté pour construire cette arène ?
Nous avons d’ailleurs appris que le Sénégal n'a plus d'appareil de radiothérapie depuis 4 semaines. Le seul appareil qui se trouve à l'hôpital Aristide Le Dantec est en panne. Des malades du cancer inquiets ont manifesté aujourd'hui mais peu de télévisions s'en sont intéressées. Le gouvernement parle de procédures et de l’autre côté on pose une première pierre d’une arène aux coûts faramineux. DakarFlash pense que si la caisse noire du Président se justifierait, c'est pour régler de telles urgences.
Pendant ce temps, les cultivateurs traversent des hivernages difficiles sous la famine

31milliards = 2 milliards d'aide à la soudure aux paysans par an sur 16 années
Des femmes meurent en accouchant dans des cases, faute de district sanitaire dans les villages; des millions de sénégalais n'ont pas accès à l'eau, même pas de pompes à eau. Et l'Etat ose mettre 31 milliards pour des coups de poing.
DakarFlash avait constaté aussi que les alertes avait fusé de partout pour s’ériger contre l’érection de l’arène nationale au niveau de cette zone qui abrite à la fois les installations de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), et de la Sonatel. C’est d’abord, l’Association des diplômés de l’institut des sciences de l’environnement (Adise) qui a dès l’annonce de ce projet montré l’incompatibilité de la cohabitation entre ces infrastructures (Adie et Sonatel) stratégiques de l’Etat et une infrastructure sportive comme l’arène nationale dont la capacité d’accueil est estimé à 20 000 places.
Les autorités et l’opinion publique ont été alertées sur les conséquences qui peuvent en découler de la construction de l’arène. Le site contribue à l’atténuation des inondations en jouant le rôle d’éponge qui permet de capter et de stocker les eaux de ruissellement provenant des quartiers périphériques. Cette fonction de réservoir naturel des eaux de pluies rend les populations des zones environnantes moins vulnérables aux inondations ». Ce serait donc très dangereux d’ériger un stade d’une si grande envergure qui occupera tout cet espace.

Tous les environnementalistes diplômés de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont alerté
Il serait donc contradictoire de vouloir lutter contre les inondations et d’accentuer au même moment la destruction des zones de captage des eaux pluviales. Hormis les multiples alertes des diplômés de l’Institut des sciences de l’environnement (Ise), des citoyens aussi ont tiré sur la sonnette d’alarme. Mais ceci sans succès.
DakarFlash plaide fortement en faveur de ce site afin d’assurer la préservation du Technopole. En dehors de sa spécificité de zone humide, le site compte 172 espèces d’oiseaux. «Nous voulons faire du technopôle de Dakar le plus grand laboratoire ontologique (étude de la vie des animaux) du Sénégal » avait soutenu même les Docteurs sénégalais lors de la célébration de la journée mondiale des oiseaux migrateurs, commémorée, à travers le monde, dans plus de 70 pays sous le thème : «Les voies de migration des oiseaux : destinations touristiques». Donc la construction de cette arène ne verra pas ce projet naître.
La rédaction de Dakarflash considère aussi que le site du Technopole est «l’éponge de Dakar», le poumon de Dakar. Nous insistons donc sur l’importance d’une zone humide en milieux urbain, que le technopôle est «le condensé de toutes les contradictions».

Nous ne devons pas trahir tout l’espoir d’une future jeunesse
Tous les Sénégalais doivent être très regardants avant afin que les autorités délivrent ce quitus environnemental. L’érection de l’arène sur ce site contesté dépendra des impacts négatif ou positif. On se rappelle que tels arguments ont fournis par les services du ministère pour ouvrir une en brèche sur langue de barbarie à Saint-Louis en vue de libérer la ville tricentenaire des inondations. Donc ceci dit, le projet d’investissement ne compte pas se limiter là. Ainsi tous nos sites historiques devront être détruits aujourd’hui ou demain. C’est très dommage.
Et contre même l’avis de tous les techniciens et ingénieurs en environnement et développement local, le Président persiste et pose sa « première pierre ». Depuis lors, la brèche ne cesse de s’agrandir emportant presque tout sur son passage. Il a donc érigé cette arène contre vent et marrée, ceci n’est guère un exemple de ce qu’il ne fallait pas faire.

La rédaction de Dakarflash






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