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REVELATIONS SUR UN SANGLANT REGLEMENT DE COMPTES A BISSAU : Pourquoi Vieira a été égorgé sous les yeux de son épouse

Rédigé par leral .net le 3 Mars 2009 à 16:48 | Lu 1368 fois

Jusqu’à hier soir, ce n’était pas un coup d’Etat mais un « règlement de comptes » entre deux camps : celui favorable au défunt chef d’Etat major des armées et les « aguentas », ces soldats sans formation gâtés par le défunt chef de l’Etat, Nino Vieira. Révélations sur ce qui s’est passé entre dimanche soir et lundi matin. Le Sénégal, sensible à la situation à sa frontière sud, y envoie aujourd’hui son ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio.
Vieira et les « aguentas » : l’histoire d’un amour


REVELATIONS SUR UN SANGLANT REGLEMENT DE COMPTES A BISSAU :  Pourquoi Vieira a été égorgé sous les yeux de son épouse
Lorsqu’il avait été chassé du pouvoir le 28 décembre 1999, Nino Vieira, dans son exil au Portugal n’avait été suivi que par ses hommes de confiance : 400 « aguentas » ou « sauveurs ». Ils ne sont pas des militaires de formation. Tout juste savent-ils se servir d’une arme, sont-ils prêts à donner leur vie au « frère » Nino, cet électricien devenu général. C’est donc tout normalement, lorsqu’il revient au pouvoir en 2005, que le défunt Président guinéen intègre ses « aguentas » devenus des éléments de la garde présidentielle, dans l’armée. Il les place sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, pour leur garantir une certaine autonomie vis-à-vis du commandement militaire dirigé par le général Tagmé Na Way. Détail important : Tagmé faisait pourtant partie des militaires qui avaient participé, le 28 décembre 1999, au coup d’Etat qui a renversé Vieira. Au fil des années, les relations entre les « aguentas » et les militaires de carrière deviennent exécrables. La situation monte d’un cran lorsque le 23 novembre dernier, le chef d’Etat major des armées est victime d’une tentative d’assassinat. Il accuse Vieira et les « aguentas » qui se disculpent en indexant les lobbies de la drogue. Réponse du berger à la bergère ? Quelques semaines plus tard, la résidence de Vieira est attaquée. Vieira pense que son Cemga est dans le coup. Malgré cela, il hésite à le limoger d’autant que Tagmé avait plusieurs hommes dans les casernes qui lui étaient favorables.

Le bureau de Tagmé piégé pendant qu’il était chez…Nino

Début janvier, les graines de ce qui s’est déroulé avant-hier et hier sont semées. Sans informer Vieira ou demander son avis, Tagmé convoque à l’état-major tous les « aguentas » pour retirer leurs armes et leurs tenues. « Rentrez chez vous. Vous serez payés à la fin du mois, mais restez chez vous ». Mis au courant après acte, Vieira pique une colère noire et menace d’en finir avec le Cemga. En réponse aux vociférations du chef de l’Etat, Tagmé lâche cette phrase rapportée au Président : « Si je suis tué à l’aube, le Président sera enterré en fin de matinée ». Macabre prémonition. Le jour fatidique arrive. Dimanche à 8 heures du matin, révèlent des sources autorisées, le Président Vieira convoque son Cemga dans sa résidence pour, dit-il, discuter. Simple coïncidence ? Au même moment, des « aguentas » ouvrent la porte du bureau du Cemga et minent la première marche des escaliers. Revenu dans son local vers 20 heures, le Cemga ouvre la porte de son bureau, entre, pose un pied sur la marche et…c’est l’explosion. Dans un premier temps, renseignent nos sources, les militaires croyaient à un accident. Mais quelques minutes après l’attentat, ils réalisent sans peine, qu’une mine artisanale avait été soigneusement posée sur la marche de l’escalier. Après une petite enquête au sein de l’état-major, ces militaires, pour la plupart proches du défunt Cemga mort avec cinq officiers, sont informés que des « aguentas » ont été aperçus près du bureau dans l’après-midi, alors que le Cemga était sorti.

Les militaires « entendent » le Président, partent et reviennent avec un RPG7

Dans un premier temps, renseignent des sources autorisées, les militaires se rendent chez le Premier ministre pour lui demander des explications. Ce dernier leur indique qu’il n’a « rien compris » de ce qui était arrivé. Seulement, ils lui révèlent que le Cemga avait été convoqué dans la matinée par le chef de l’Etat. Les militaires se sont fait une religion : pour eux, le Président a prétexté une discussion pour faire sortir Tagmé de l’état-major afin que ses proches « minent » son bureau. C’est ainsi que les militaires se sont rendus vers les coups de 23 heures chez le Président pour « l’entendre ». Bombardé de questions, Vieira bute et panique. Après l’avoir écouté, les militaires rebroussent chemin. Entre temps, des diplomates angolais, informés des « bruits » de vengeance qui courent dans la caserne, se rendent discrètement chez Vieira pour lui proposer de se réfugier, avec son épouse Isabelle, dans leur représentation diplomatique. Nino dit niet ». Mais vers 4 heures du matin, les mêmes militaires qui étaient venus l’entendre tirent un RPG7 sur le portail de sa résidence. Surpris, Nino tente de fuir avec son épouse. Cette dernière est ligotée, son mari tenu en respect. Hier, les militaires soutenaient que le chef de l’Etat Bissau Guinée a été criblé de balles « parce qu’il tentait de fuir ». Une source proche des enfants du couple qui vivent à Londres dément : « Ils l’ont égorgé devant Isabelle. C’était une vengeance ». Une version soutenue par un officier sénégalais proche du dossier : « C’était une vengeance ». Blessée mais laissée en vie, l’épouse du défunt Président a été accueillie à l’ambassade d’Angola à Bissau avant d’être discrètement transférée au siège des Nations Unies. « Là au moins, on est sûr qu’elle ne sera pas touchée » confie une source diplomatique sûre.

Wade ferme la frontière à 00 heure, Gadio à Bissau aujourd’hui

Les autorités sénégalaises, qui suivaient de près les événements, via leurs services de renseignements, ont fermé la frontière depuis lundi à 00 heure. Même si la communauté internationale a condamné l’assassinat de Nino, il n’en demeure pas moins que les Bissau Guinéens ne désespèrent pas et pour cause. Jusqu’à hier, le gouvernement exerçait son autorité, même si la résidence de Nino a été vidée aux environs de 14 heures. N’empêche, le ministre de la Justice a saisi le parquet pour l’ouverture d’une information judiciaire pour tirer au clair les deux meurtres et demander la mise en place d’une commission d’enquête ! Le Président Wade, qui suit le dossier de près, va poser un grand pas aujourd’hui : son ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio sera à Bissau aujourd’hui pour discuter avec toutes les parties. Jusqu’à hier soir, le mot « coup d’Etat » était banni du lexique des militaires. De même, personne n’a fait une déclaration pour s’auto proclamer « chef ». Des raisons d’espérer…

Cheikh Mbacké GUISSE


1.Posté par diop mouhamed le 04/03/2009 00:19 | Alerter
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condoleance aux peupls bissau-guineen , cest tragique c'est toujours en afrique que celà se passe mais qui s'intonise par la violence perira par la violence c'est la loi de la nature humaine c'est abject mais c 'est ainsi

2.Posté par harouna ball le 04/03/2009 10:12 | Alerter
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Tous les présidents Africains doivent s'attendre à ce genre de meurtre comme ils s'éternisent tous au pouvoir.

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