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ROMAN : «MURAMBI, LE LIVRE DES OSSEMENTS» DE BOUBACAR BORIS DIOP : Une incursion au cœur du génocide rwandais

La fondation Konrad Adenauer a procédé, hier, à une lecture commentée du roman «Murambi, le livre des ossements» de Boubacar Boris Diop, paru en 2000. Ce livre est une projection de l’auteur sur le passé puisqu’il n’est parti au Rwanda que des années après le massacre et recueilli les témoignages des bourreaux et des victimes.


Rédigé par leral.net le Mardi 23 Novembre 2010 à 18:08 | | 0 commentaire(s)|

ROMAN : «MURAMBI, LE LIVRE DES OSSEMENTS» DE BOUBACAR BORIS DIOP : Une incursion au cœur du génocide rwandais
La Lecture commentée du livre de Boubacar Boris Diop «Murambi, le livre des ossements» organisée hier par la Fondation Konrad Adenauer dans ses locaux a été faite par le Dr Augustin Coly, enseignant au département de Lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le contexte de ce roman est tiré à partir d’une réalité atroce qu’est le génocide rwandais de 1994, conflit qui opposait les Hutus, qui constituent la majorité de la population, aux Tutsis, les minoritaires.
Dans ce livre, l’auteur a su faire témoigner et les bourreaux et les victimes de ce massacre, montrer ce qui a été détruit et reconstituer les liens brisés avec l’humanité. Le nom «Murambi» est assez important puisque c’est le village natal d’un des personnages principaux. C’est l’endroit où se rendent les personnes qui ont survécu au génocide et qui sera le centre d’intérêt du livre, et c’est le titre de la dernière partie de l’ouvrage. Le roman étant divisé en quatre parties : «La peur et la colère» ; «Le retour de Cornélius» ; «Le génocide» ; «Murambi».
Selon le Pr Coly, la première et la troisième partie donnent la parole à différentes personnes, aussi bien les bourreaux que les victimes qui s’expriment à la première personne. Ils ont pu dire ce qui s’est passé, ce que chacun d’eux a vécu. «Par exemple, il y a Michel, un Tutsi, qui est victime. Faustin, un Hutu et Jessica une jeune fille de 18 ans qui s’est fait passer pour une Hutu pour infiltrer leur réseau afin d’aller rendre compte aux Tutsis qui ont formé une guérilla. Il y aussi Félicité, une religieuse Hutu qui aide les Tutsis à traverser la frontière», explique Pr Coly.
Pour ce qui est du retour de Cornélius exilé au Tchad depuis 1973 par son père, lors des premiers affrontements entre les ethnies, il n’a retrouvé personne de sa famille, sinon deux de ses amis qui lui ont dit que son père était le cerveau de ce massacre. Le père de Cornélius, un docteur Hutu marié à une Tutsi, avec qui il a trois enfants, a affirmé : «J’ai eu tort de mélanger mon sang à celui d’une Tutsi et pour cela je vais essayer de le réparer». «Cette réparation a été pour lui de regrouper sa femme Nathalie et ses deux enfants, Julienne et François, avec d’autres Tutsis, au moins 40 000, dans un lieu, l’école technique, de les faire tuer», commente le professeur.
«Ce n’est la faute de personne, c’est l’histoire qui veut du sang», se justifie le père de Cornélius qui a par la suite émigré en France. Un pays que Boubacar Boris Diop accuse involontairement d’avoir été d’un côté dans ce génocide», ajoute Dr Augustin Coly qui note que la dernière partie du roman est consacrée à l’espoir qu’auront Cornélius et les autres qui veulent faire de telle sorte que pareille massacre ne se refasse jamais.


Oumou Sidya DRAME






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