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Réconciliation avec Wade: Des alliés prompts à partager les honneurs du pouvoir et non les erreurs

Le pouvoir et Wade négocient. Des indices révélateurs sont perçus dans les actes posés par les uns et les autres. Pourquoi le Président Macky Sall veut-il des rapports apaisés avec ses frères libéraux ?


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Octobre 2017 à 12:45 | | 0 commentaire(s)|

Depuis la fin des Législatives de 2017, un vent d’apaisement souffle sur le « Macky ». Le ton a été donné par le Président Macky Sall invitant l’opposition à un dialogue national. Cela a été conforté le jour de la Tabaski à «Massalikoul Jinan » où Boun Abdallah transmettait à Me Wade, les salutations et les prières du Président souhaitant longue vie au « pape du Sopi ».

Dans l’après-midi de l’Aid El Kébir, Marième Faye Sall a tenté une visite surprise chez Wade, à Fann Résidence qui a avorté. A la veille de l’ouverture de la XIIIe législature, le 14 septembre 2017, Macky Sall s’est félicité de la décision du secrétaire général national du Pds, de ne pas siéger au Parlement quand « le Sénégal et l’Afrique ont besoin de lui » avec lequel il devra « nécessairement parler ». Cela ne laisse-t-il pas transparaître en filigrane des concertations souterraines ?

L’ancien Chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade semble mieux traité aujourd’hui, par le pouvoir que dans un passé pas du tout lointain. Il est accueilli en Seigneur. Récemment, il a eu droit à deux véhicules haut de gamme qui lui ont été octroyés par le régime. Ses deux villas que la Crei avait saisies, lui ont été restituées.

Malgré ces opérations de séduction, Wade en bête politique ne se fait pas prier pour se braquer de temps en temps contre le pouvoir. Comme pour dire à Macky Sall et son régiment : « Je suis insensible à ce que vous faites. Qui peut le moins, peut le plus ». Le plus, c’est quoi ? Permettre à l’étoile de Karim de briller dans le « ciel makyste ». Ce à quoi ne semble pas encore prêt le locataire du Palais. Dans tous les cas, Wade croit toujours à l’étoile de Karim, un candidat très proche de la disqualification en 2019. Le Pds, qu’on croyait mort, est toujours vivant. C’est ce qu’a sans doute compris le Président Macky Sall.

Le Chef de l’Etat change de fusil d’épaule

Le Président Macky Sall lors des dernières législatives s’en est sorti avec un score de 49%. Fort de cela, il a fait une lecture lucide de la situation. Sous ce rapport, il a certainement mesuré les forces de ses alliés et de l’opposition d’en face. De 65% à 49%, le capital de sympathie envers le « Macky » chute. Qu’est-ce qui a pu se passer ? Le Pds même affaibli n’aura pas en 2019, moins de 20%. Il s’y ajoute que des alliés spécialistes dans la surenchère vont quitter le « Macky » s’ils ne se trouvent pas dans le schéma élaboré pour la présidentielle 2019.

Aujourd’hui, Benno Bokk Yakaar même si elle a remporté les Législatives de 2017 haut la main, elle a perdu du terrain. Des indiscrétions révèlent que la coalition présidentielle tournerait aujourd’hui loin de la majorité. Des efforts énormes à faire du côté du pouvoir. La constance qui se dégage est que Wade et son Pds constituent des empêcheurs de tourner en rond. Face à cette situation, le Président Macky Sall semble opérer un glissement vers ses frères libéraux, tout en maintenant sa coalition Benno Bokk Yakaar par une générosité dans le traitement des alliés. Cette cour effrénée au Parti démocratique sénégalais et de Me Wade a mis certains de ses alliés dans tous leurs états.

Amas de frustrations chez les alliés

Si on interroge l’histoire récente de la politique au Sénégal, on se rend compte qu’à chaque fois des signaux d’un rapprochement entre l’Apr et le Pds se précisent, c’est l’affolement au sein des alliés. Ces derniers sont prompts à se partager les honneurs du pouvoir et non les horreurs. Ils montent rarement au front pour défendre le leader de la coalition Benno Bokk Yakaar. On se souvient de la sortie de Me Bocar Thiam, porte-parole adjoint du Ps qui fustigeait « l’accaparement du pouvoir par l’Apr ».

Il s’y ajoute qu’Abdoulaye Wilane du même parti est monté au créneau pour exiger la libération de Khalifa Sall. A cela viennent se greffer les remous au sein de la Gauche notamment à la Ligue Démocratique. Sans compter que des alliés frustrés élèvent la voix. Cette conjonction de facteurs n’augure-t-elle pas d’un processus de rapprochement entre l’Apr et le Pds ? Ce qui pourrait emprunter les contours de ce que le journaliste et sociologue Pathé Mbodji, appelle la « collusion libérale ». Dans tous les cas, Macky tient à « son » Wade et par ricochet, aux libéraux. L’enjeu est sa réélection en 2019.



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