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Recouvrement des taxes municipales sur les régies publicitaires à Touba-Mosquée : Un parfum de scandale

Selon des sources de Libération, en sus de l’exclusivité totale du réseau publicitaire sur tout le périmètre communal, la société Afro pub s’est arrogée le droit de collecter, en lieu et place du Percepteur de Mbacké, la taxe annuelle sur la publicité pour la gestion 2015.


Rédigé par leral.net le Samedi 21 Mars 2015 à 16:24 | | 1 commentaire(s)|

Des choses pas du tout catholiques, voire surréalistes, sont en train de se passer à la commune de Touba-Mosquée au profit d’une entreprise appartenant à une étrangère. Son nom Nathalie Tran, Directrice générale de la société Afri publicité. Selon les documents détenus par Libération, ladite commune a «concédé l’exclusivité totale du réseau publicitaire sur tout le périmètre communal». Une décision certes contestable mais légale car, provenant d’une délibération du Conseil municipal présidé par Abdou Lakhat Seck. Et, comme l’appétit vient en mangeant, Nathalie Tran, apparemment mandatée par la municipalité de Touba Mosquée, a décidé de s’arroger les prérogatives du ministère
de l’Economie, des Finances et du Plan. En collectant la taxe annuelle sur la publicité alors que cette mission est exclusivement dévolue à la Perception municipale. Ainsi, la patronne d’Afro pub a envoyé
des correspondances aux structures détentrices de supports publicitaires - qui ont déjà payé la taxe pour l’exercice 2015 à la Perception de Mbacké - pour exiger le paiement par chèque desdites taxes au plus tard le 31 mars 2015. S’agissant des types de support, ils se composent comme suit : «Enseignes lumineuses murales, enseignes non lumineuses, auvents, panneaux communication, petites affiches communication, écritures peintes ou murales, piques publicitaires (para sols & vente), véhicules peints, banderoles, oriflammes, kiosques, écriteaux, totems et autocollants)». Interpellé sur le caractère licite de cette collecte, un spécialiste des Collectivités locales s’empresse de préciser : «Le recouvrement des taxes est du ressort exclusif du Percepteur. La mairie ne fait que les déclarations.
Même pour les impôts locaux, ce sont les impôts qui font les rôles d’impôts avant de les transmettre au Percepteur». Avant de souligner qu’«Afro Publicité ne peut pas recouvrer de l’argent public». Des propos qui confortent l’Association professionnelle des régies publicitaires (Aprp) du Sénégal qui, selon nos sources, a déjà saisi un avocat pour ester en justice. Car, à leurs yeux, «une société privée  n’est pas habilitée à collecter des taxes et c’est l’Etat qui devrait sévir». Mieux, selon toujours nos interlocuteurs, L’Aprp va attaquer devant le Conseil d’Etat l’exclusivité accordée à Afro publicité. Pour avoir la version de la municipalité de Touba Mosquée, nous avons joint le maire en vain, durant toute l’après-midi d’hier. Avant de nous rabattre sur le Secrétaire municipal qui nous a gentiment indiqué que, par respect à la hiérarchie, il ne peut pas se prononcer sans l’aval du maire Abdou Lahat Seck. Aux environs de 22 heures, nous avons insisté pour joindre l’édile de Touba Mosquée avec succès.
«Bonsoir M. le maire, nous voulions avoir votre version sur un sujet concernant votre municipalité», a-t-on gentiment demandé. «Maire ‘’dafa jaap, waye bu paré dinala wo’’ (le maire est pris mais, il va vous rappeler après». Sauf que, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, le maire n’avait pas encore fait signe de vie. Quant à Nathalie Tran, nous avons tenté le même procédé mais son portable sonnait dans le vide.
Pape Sarr Libération
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