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Référendum : NON … à la dictature démocratique


Rédigé par leral.net le Vendredi 18 Mars 2016 à 14:42 | | 34 commentaire(s)|

Il nous faudra, d’ici quelques jours, nous prononcer sur ce projet de réforme constitutionnelle que nous IMPOSE M. le Président. Toutefois, les points soulevés restent peu clairs pour nos concitoyens. Aussi, en tant que citoyen libre, je viens partager avec vous ma position.

Au-delà de l’impression que l’on tente de nous imposer ces réformes par tous les moyens, il existe une disposition que je trouve outrageante en tant que citoyen sénégalais libre. C’est cette volonté de vouloir verrouiller ne serait-ce que certaines dispositions. Cela va à l’encontre de l’idée de la responsabilité citoyenne et des libertés futures. Autant la liberté a été prise de présenter un projet de réforme en cette année 2016, autant cela devrait être possible à tout moment de notre histoire. Il ne saurait y avoir une quelconque exception dans le temps. Ceci est un Principe et cette démarche se situe, à mon sens, à la limite de l’arrogance et de la prétention pure.

Récemment, notre ministre de la Jeunesse soutenait que vouloir voter Non se résumait à avoir un problème avec la personne de Macky Sall. Et alors ?! Ne devons-nous pas avoir un problème avec une personne, ou des individus, qui souhaiteraient nous imposer leur vision suffisante des choses sans que l’on ne puisse les remettre en cause à jamais ?

Et d’ailleurs, vu sous l’angle de la personnalité du Président et de son idéologie politique, les choses prennent rapidement du sens car, parfois, dans la vie, il suffit d’analyser l’homme et son contexte pour comprendre ses choix.

Il m’est alors revenu à l’esprit cette fameuse interview de M. le Président avec Audrey Pulvar, où il réaffirmait sa position contre l’homosexualité mais où il a eu à présenter synthétiquement son parcours politique. Il était un jeune militant communiste, avant d’être ministre libéral, pour finir aujourd’hui Président social-démocrate. Outre l’incohérence idéologique qui souligne certainement son penchant pour l’opportunisme politique, on comprend facilement son appétence pour la centralisation du pouvoir et la répression, qui doivent être des vestiges de sa formation communiste. Et oui, l’éducation de base a la peau dure.

De même, avec la social-démocratie qui sous-tend sa politique actuelle et qui, comme le dit Pascal Salin, « offre seulement le spectacle de la surenchère démagogique, des réseaux d'influence, des intrigues, souvent même de la corruption et du triomphe de la médiocrité… », nous comprenons bien pourquoi les choses n’évoluent plus dans notre pays et que tout ce tintamarre constitutionnel n’est que poudre aux yeux, loin des véritables attentes de nous autres Sénégalais.

Mais restons sur la personne. Que cherche-t-il vraiment, quel est son agenda caché ? En effet, il est aujourd’hui évident que ce n’est pas l’avancée démocratique de notre pays. Comme l’a si bien montré notre concitoyen Yoro Dia dans sa dernière analyse, la question démocratique et institutionnelle n’est pas pertinente à l’heure actuelle, le Sénégal est déjà un exemple de démocratie. Donc, vouloir la « consolider » peut s’apparenter à vouloir repeindre la carrosserie d’une voiture alors que le moteur, en l’occurrence notre économie, commence à montrer des signes d’usure. La réponse est simple si l’on analyse froidement les points soumis au référendum. M. le Président cherche à Imposer une vision sociétale qui lui permettrait d’asseoir durablement son pouvoir et d’exercer, paradoxalement, plus de contrôle sur nos institutions. L’essentiel de ces réformes ne garantissant pas la séparation effective des pouvoirs, et dès lors, des libertés individuelles. Notre Président est une sorte de dictateur démocratique en puissance, ne lui donnons surtout pas la foudre pour nous achever.

Enfin, il s’agit de notre Constitution, notre loi fondamentale, et non pas d’une élection présidentielle ou de toute autre chose. Et, à moins que les Sénégalais disent OUI à 90% au minimum, cette modification de la Constitution ne peut être considérée, à mon sens, comme légitime. Nous ne sommes pas dans la situation où le plus grand nombre devrait imposer son point de vue de manière irréversible. Nous sommes dans le cadre du consensus, du pacte social, du vivre ensemble.

En conclusion, je pense que nous avons devant nous un Président qui se cherche et qui tarde à se trouver. Senghor fut le père de l’indépendance et l’homme de culture, Diouf l’Administrateur et l’homme d’Etat, Wade le démocrate et un bâtisseur dans une certaine mesure. Macky Sall veut sans doute se positionner comme Le réformateur, mais il se trompe dans sa démarche et cela nous coûte cher. Il est certes admis qu’un Président se doit d’entrer dans la postérité, dans l’histoire, néanmoins tout le monde n’y arrive pas, demandez à Sarkozy.

Mansour Diop
Sénégal Liberté Développement
amdiop@sld-senegal.com






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