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Réflexions sur la perspective électorale de 2017

La situation politique actuelle du Sénégal à fin 2014 est marquée par quatre pôles avec des forces inégales qui essaient de se positionner au grand jour. Il s’agit des pôles visibles ci-dessous :
- Le PDS
- Les EX CROISSANCES DU PDS
- Le REWMI
- BENNOO BOKK YAAKAAR


Rédigé par leral.net le Mercredi 24 Décembre 2014 à 09:39 | | 7 commentaire(s)|

Réflexions sur la perspective électorale de 2017
Le PDS

C’est une évidence que ce qui reste du PDS actuel survivra difficilement aux manœuvres actuelles du Pape du Sopi. Les ténors légitimes du PDS n’accepteront pas le soit disant leadership du fils que le père veut imposer comme éventuel candidat. D’ici 2017, l’actuel PDS a de fortes chances de ne pas avoir un candidat consensuel. La dernière trouvaille amalgame avec les fausses affaires ArcelorMittal et Petrotim semble donner une sorte d’unité virtuelle au PDS mais cela va s’estomper en 2015 et le SOPI fera face à ses problèmes internes qui vont le mener vers une forme d’implosion massive irréversible. Plus le Pape du Sopi occupera l’espace publique, plus il créera les ingrédients d’une implosion du parti retardée mais inéluctable quand viendra le moment du choix d’un candidat pour 2017.

Les EXCROISSANCES du PDS

Les excroissances du PDS de 2012 n’ont pas de leader d’envergure nationale. Beaucoup parmi ces leaders pourraient avant 2017 aller dans une dynamique d’union autour de l’actuel chef de l’Etat Son Excellence Monsieur Macky Sall. La raison est simple : l’autre alternative d’un retour au bercail signifierait se mettre derrière le fils que le père a choisi. Ces ex leaders du PDS seront dans une logique de participation à l’activisme des faiseurs de rois en 2017. Au total, les excroissances du PDS n’auront certainement pas de candidat consensuel. La chance qu’ils appuient la candidature du Président Macky Sall est toujours intact du fait surtout de la justification idéologique. D’ici 2017, l’attitude de ces leaders vis-à-vis du pouvoir déprendra surtout du comportement du pôle présidentiel qui ne doit pas les pousser par arrogance inutile vers une radicalité de survie.

Le REWMI

Le leader du Rewmi n’inspire plus confiance et il sait que le Pape du SOPI, en occupant à 88 ans l’espace médiatique, le fait plus au détriment de l’opposition que du pouvoir. Le leader du REWMI est la personne dont la candidature est plus probable en 2017 parce qu’il ignore encore qu’avec ses 8% de 2012 il est toujours en déphasage avec les déterminants du vote sénégalais qui ne s’articulent plus autour de simples gros mots, mais de constance dans les valeurs sans tortuosité. La stratégie de braconnage du PDS aussi ne paiera pas parce que le fossé avec Pape du Sopi ne se refermera sans doute pas à cause de la violence verbale des CD1 et CD2 de 2004.

Les membres réalistes du parti Rewmi iront crescendo vers d’autres perspectives politiques. Cela a déjà commencé avec les démissions en cascades. Cela risque de continuer et le leader du Rewmi sera de plus en plus seul dans son ambition pour l’avenue Roume. En 2017, ce qui restera du Rewmi ne sera sans doute pas un pôle de convergence politique. Mais il y aura s’il plait à Dieu (c’est une évidence) la candidature de celui qui rêve de devenir Chef de l’Etat.

Bennoo Book Yaakaar

Bennoo Bokk Yaakaar présentera sans doute comme candidat le Président Macky Sall. La coalition présidentielle aura à la fois le handicap et le prestige d’être au pouvoir central à travers le Président Macky et local à travers des Maires et Présidents de Conseils Départementaux élus dans beaucoup de collectivités locales.

En 2017, l’atout de Bennoo Bokk Yaakaar sera le bilan et l’exemplarité aux niveaux national et local. Bennoo Bokk Yaakaar doit savoir que le bilan et le projet seront plus déterminants que toute autre considération sortie des laboratoires de penseurs brandissant le spectre d’un second tour et poussant vers des formes de combinaisons précipitées. Le pôle présidentiel ne doit pas verser dans l’arrogance des annonces d’une réélection dès le premier tour.

Les analystes sincères savent bien qu’il y a sauf catastrophe une forte probabilité que Son Excellence Monsieur Macky Sall soit plébiscité en 2017. Le dire urbi et orbi peut paraitre comme une sorte de suffisance qui pourrait heurter et créer un effet non souhaité. Même le spectre d’une scission du pôle Bennoo pourrait ne pas avoir d’effet majeur si en face le peuple est en phase avec le bilan et le projet. A ce titre, Bennoo devrait rester intact sauf fait majeur pouvant découler de deux axes : le PS ou une partie de la société civile regroupant des éventuels frustrés de l’espace présidentiel.

Quid du PS ?

Certains responsables du PS prônent une participation de ce parti aux élections présidentielles de 2017. Volonté d’y aller ou bien élément de négociation dans la perspective de 2017 ? Une chose est sure : le PS tranchera difficilement le dilemme cornélien d’une participation de son candidat à la présidentielle de 2017 tout en étant dans la coalition dirigée par le Président Macky Sall. Il sera difficile pour ce parti de s’accorder sur une ligne de candidature unique en interne. Ceux qui tissent déjà un manteau de présidentiable pour l’actuel Maire de Dakar oublient que dans la réalité du parti socialiste, ce dernier n’a pas sous sa les principaux responsables régionaux et départementaux ainsi que des têtes fortes comme le patron du PS, Madame le Maire de Podor et les Ministres PS membres du gouvernement.

Pour éviter le syndrome AJ de 2007 (avec la participation de Landing qui était dedans en voulant être dehors), le PS a intérêt à soutenir une candidature du Président sortant sauf incident politique majeur. Une candidature du PS en 2017 lui fera courir le risque d’une implosion fratricide et ce parti survivra difficilement d’une position d’opposant entre 2017 et 2022. Et puis, il n’y aura pas unanimité du PS autour d’un candidat issu de ses rangs. L’actuel chef de l’Etat leur offre une solution consensuelle autour de sa candidature. Les responsables du pôle présidentiel ne doivent cependant pas acculer le PS qui est tout de même un parti politique important. Je crois que les membres de Bennoo Bokk Yaakaar doivent laisser le PS gérer son problème cornélien sans trop l’accabler avec des sorties intempestives mettant mal à l’aise le Chef de l’Etat.

Quid d’une candidature de la société civile ?

Certes exigeante, la société civile doit comprendre qu’il sera difficile pour un non politique de transformer la sympathie populaire en bulletins de vote. Les années 1983, 1988, 1993, 2000, 2007 et 2012 ont été des étapes électorales présidentielles qui devraient suffire pour démontrer qu’une sympathie n’est pas un vote. Une élection présidentielle se gagne par un appareil politique. La stratégie si chère à une frange de la société civile visant à accuser la classe politique de tous les péchés participera sans doute à cultiver l’incivisme sans rien mettre dans l’escarcelle des pourfendeurs en termes de gains politiques.

Certes, il y a encore des « hommes neufs » dans l’espace civile, mais il n’y en a pas un qui soit assez énergique pour cristalliser un vote allant au-delà de la simple sympathie. De plus, le pouvoir actuel qui prend les devants en termes de réponses aux préoccupations démocratiques n’offrira pas un second 23 juin fédérateur d’une riposte civile d’envergure. En 2017, une candidature non portée par les partis politiques connaitra les mêmes désillusions que celles des élections présidentielles précédentes. Mais il y en aura certainement sans illusions pour des raisons personnelles.

En vérité, le Président Macky Sall doit aborder 2017 avec sérénité. Sauf facteur exogène grave, il devrait avoir un bilan assez sérieux à défendre en 2017. Surtout qu’avec les mesures sociales d’envergure et la mise en œuvre du PSE, il est en train de donner du tonus à ce pays.

Avec les prémisses du PSE ajouter à tout ce que le Président Macky Sall a fait jusqu’ici au plan économique et social, il y a et il y aura bien un bilan en 2017 qu’il suffira de savoir bien partager à travers une bonne communication.
Quelle stratégie de Communication ?

Dans le brouhaha de l’évènementiel, le pôle présidentiel a intérêt à faire preuve de beaucoup d’humilité et de clarté dans l’explication de la mission et des réalisations du Président Macky Sall. La coalition Benno Bokk Yaakaar ne doit pas répéter les mêmes erreurs que la Cap 21.

D’ici 2017, il y aura beaucoup de désinformations venant de l’opposition puisque face au rouleau compresseur des réalisations, il ne lui restera que cet argument. Il y aura des attaques sur le procédé choisi pour bâtir le Sénégal autour des grands projets surtout venant de commentateurs qui n’ont pas compris que le monde bouge à vitesse grand V.
Un exemple très simple : le Sénégal a voté la loi sur le Partenariat Public Privé pour booster les investissements. Les personnes sensées savent bien que pour faire bouger les choses, nous ne pouvons plus perdre du temps avec seulement le code des marchés publics actuel. Certaines personnes verront dans la loi sur le Partenariat Public Privé une volonté de contourner le code des marchés par l’introduction de la notion d’offre spontanée. A ceux-là qui ont le privilège de la position de commentateur sans mandat électif, nous devons répondre par le réalisme du décideur qui doit tout de suite capter l’investissement direct étranger dans un monde globalisé.

Si le Sénégal ne capte pas l’argent de la Chine par exemple, nous ne construirons pas les quelques 1300 km de rails nécessaires pour désenclaver les zones de production minières et agricoles. Un homme d’Etat n’hésite pas devant les termes d’un choix pareil. L’essentiel est qu’il y ait (comme c’est le cas) une information pour une concurrence pure et parfaite de tous les investisseurs du monde. Le fait que le chef de l’Eta ait par exemple construit le centre de conférence de Diamniadio lors du sommet de la francophonie avec des moyens de la coopération turque doit suffire pour édifier sur le caractère multipolaire des relations à venir pour un seul objectif : bâtir le Senegal avec des enjeux transgénérationnels.

Ce sont ces enjeux qu’il faut expliquer au peuple pour faire taire les suspicions sur les chantiers du développement national. Une chose est sure, en réactivant la CREI et en mettant en place l’OFNAC, le Chef de l’Etat a mis assez de d’instruments pour prévenir et réprimer toutes formes de gabegie. Evidemment, nous devons rester vigilants pour éviter de verser dans des faits de nature à donner libre cours à la corruption. Mais nous devons faire du business !

En 2017 donc le Président Macky Sall devra défendre un bilan et faire face à des adversaires politiques pour l’essentiel non encore clairement identifiés à ce jour. C’est la pénible vérité.

Cette psychose de la méconnaissance avec certitude des ambitions des uns et des autres, ne doit toutefois pas pousser à des formes d’arrogance ou des combinaisons politiques de simple appareil réfléchissant en dehors de l’acteur clé nommé PEUPLE.

Il ne faut jamais oublier que c’est le peuple qui vote avec une table de valeurs claire. Comprendre cela est déjà un pas pour toujours privilégier le bilan d’abord et l’explication du projet. Le bilan et le projet du Président Macky Sall doivent juste rencontrer le patriotisme serein de milliers de citoyens qui au moins connaissent déjà ceux qu’ils ne vont pas choisir en 2017. Le choix par exclusion ne fera certainement que renforcer le plébiscite autour du candidat Macky Sall.
Réélire le Président Macky Sall en 2017 ne doit pas être présenté comme un simple moment de casting électoral électoral hasardeux. Il faudra plus dire clairement au peuple qu’il s’agira d’un pacte pour garantir la première phase du PSE sous la houlette d’un homme qui a eu l’élégance de demander la réduction de son mandat.

Le peuple sénégalais aussi est capable d’élégance surtout en réponse aux élégants. Ceux qui l’ont compris n’essaieront pas d’arrêter la mer en 2017 avec leurs bras. Le Président Macky Sall a bâti un projet à l’horizon 2035 tout en sachant qu’au plus il ne peut être chef d’Etat au-delà de 2022. C’est cela la stature d’homme d’Etat qui vient juste jouer un rôle et transmettre le flambeau. Son Excellence le Président Macky Sall a réduit son mandat pour participer à sa manière à ancrer la démocratie dans les mœurs.

Ne serait-ce que pour cela, le Sénégal lui donnera sans doute la possibilité de rempiler en 2017 s’il plait à Dieu le seul Détenteur du pouvoir.

Et Dieu sait qu’il n y a pas que cette raison pour lui souhaiter de rempiler en 2017.

Réélire le Président Macky Sall en 2017 s’inscrit dans une logique historique de consolidation du reprofilage des bases de notre croissance dans des secteurs de production conformément au Plan Sénégal Émergent.

Par Mamadou NDIONE
Economiste Cadre APR DIASS







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