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Réfugiés syriens: tension à la frontière turque avant une visite de Kofi Annan

le 9 Avril 2012 à 19:06 | Lu 632 fois

Kofi Annan, émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe sur la Syrie, est attendu mardi dans le sud de la Turquie pour visiter les camps de réfugiés syriens, a-t-on appris lundi de source diplomatique turque.


Réfugiés syriens: tension à la frontière turque avant une visite de Kofi Annan
La tension était vive lundi à la frontière entre la Turquie et la Syrie, où, pour la première fois, des tirs en provenance de Syrie ont fait des blessés sur le sol turc, un incident qui provoque la colère d'Ankara à la veille d'une visite de l'émissaire spécial Kofi Annan.

Quatre réfugiés syriens et deux membres du personnel turc d'un camp de réfugiés proche de la ville turque de Kilis (sud-est) ont été blessés lundi matin par des tirs en provenance de Syrie, a déclaré à l'agence de presse Anatolie le gouverneur de Kilis Yusuf Odabas.

"Les gens qui ont été blessés dans le camp l'ont été exclusivement par des balles provenant de l'autre côté de la frontière", a affirmé M. Odabas.

C'est la première fois que des coups de feu tirés par les forces syriennes font des blessés en Turquie depuis le début du mouvement de révolte en Syrie, en mars 2011.

A la suite de cet incident, un responsable de haut rang du ministère turc des Affaires étrangères a appelé au téléphone le chargé d'affaires syrien pour "demander que ces tirs cessent immédiatement", a souligné un diplomate turc.

Un précédent bilan faisait état de deux Syriens et d'un interprète turc blessés dans le camp de Kilis, qui abrite des logements préfabriqués pour les réfugiés syriens fuyant le conflit dans leur pays.

M. Odabas a indiqué que les troubles avaient débuté dans la matinée avec l'arrivée en Turquie de Syriens blessés dans des affrontements entre rebelles et forces régulières du côté syrien de la frontière.

Des réfugiés ont alors tenté de sortir du camp de Kilis pour venir en aide à leurs compatriotes et manifester contre le régime du président Bachar al-Assad et c'est dans ces conditions qu'ils ont été blessés par les tirs provenant de Syrie, a expliqué le gouverneur.

M. Odabas a précisé que 21 blessés arrivés de Syrie avaient été hospitalisés lundi à Kilis.

"Ces blessés sont soignés à l'hôpital d'Etat de Kilis. Parmi eux, deux ont succombé à leurs blessures", a-t-il dit, cité par Anatolie.

Des sources sanitaires avaient auparavant fait état de 17 blessés venus de Syrie dont deux sont morts à l'hôpital.

Ces incidents interviennent à la veille d'une visite éclair de l'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, qui doit se rendre mardi dans deux camps de réfugiés installés à Hatay (sud).

La Turquie a installé des camps dans trois provinces limitrophes de la Syrie, qui abritent actuellement près de 25.000 Syriens. Et leur nombre ne cesse d'augmenter en raison des opérations de l'armée syrienne contre des agglomérations proches de la frontière turque.

M. Annan a proposé un plan de sortie de crise que Damas a accepté le 2 avril et que l'ONU a entériné jeudi dernier. Mais la poursuite des opérations militaires fait douter plusieurs capitales occidentales de la volonté de Damas de mettre fin aux violences à la date butoir de mardi.

L'offensive syrienne a fait capoter le plan Annan, a ainsi affirmé lundi le vice-ministre turc des Affaires étrangères Naci Koru. "Il semble évident que le plan Annan ne sera pas appliqué", a-t-il dit, cité par Anatolie.

"Une nouvelle période commencera à partir de demain", a ajouté le responsable.

La Turquie s'inquiète de l'afflux des réfugiés et a menacé par la voix de son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, très critique du régime syrien avec lequel son gouvernement islamo-conservateur avait forgé une étroite coopération avant de couper les ponts, de prendre des "mesures" si Damas ne mettait pas fin aux violences.

M. Erdogan n'a pas précisé quelles seraient ces mesures.

Lundi, le journal libéral Milliyet affirme que si le nombre des réfugiés syriens en Turquie dépasse les 50.000, Ankara envisagera la création de "couloirs humanitaires" à la frontière, protégés par l'armée turque.


SOURCE:lamontagne.fr