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Règne de terreur au camp de Kati : Va-t-on subir les affres des escadrons de la mort ?

le 12 Juillet 2012 à 09:15 | Lu 538 fois

Il n'y a pas encore longtemps, dans un pays voisin du Mali, en guerre civile, les escadrons de la mort ont fait parler d'eux. Maintenant dans notre pays, ce qui se passe en douce est assimilable à ce qu’on fait escadrons de la mort. Car, chaque jour, des militaires en cagoule, armes aux points, enlèvent des citoyens, les torturent et les dépossèdent de leurs biens, en toute illégalité. Depuis le camp de Kati, ces troupes spéciales sont larguées pour violenter les citoyens. Le règne de terreur a déjà commencé.


Règne de terreur au camp de Kati : Va-t-on subir les affres des escadrons de la mort ?
Ce lundi soir, alors qu'il finissait une journée tranquille au boulot, le journaliste est interpellé par une voix anonyme. Elle lui déclare vouloir le rencontrer pour lui filer des informations venant de Gao.
Le journaliste, en bon fouineur, n'a même pas le temps de prendre des précautions. Il donne son accord et le rendez-vous est calé juste à côté de la place CAN, d'ailleurs non loin du domicile de notre journaliste.
Il est sur les lieux quand un bonhomme lui demande de faire quelques pas afin de lui livrer le secret de l'info. Survient entre-temps qu'une pick-up surgi de nulle part pour braquer le journaliste. Il est embarqué par force avec des militaires en cagoules.
Ils traversent la ville pour se rendre dans un camp militaire, la base 101 de Sénou, avec le journaliste. Ils traversent ce camp sans difficulté, dépassent la sentinelle, sans sommation, et amènent leur victime dans un champ. Là, elle sera matraquée, violentée, molestée.
Le journaliste est dépossédé de tous ses biens avant d'être jeté dans les bois morts au milieu d'un champ perdu. On lui reproche journaliste d'être un perturbateur.
Depuis le coup d'Etat du 22 mars dernier, une ombre noire s'est emparée de la profession des journalistes qui sont continuellement traqués et interpellés dans l'exercice de leur métier.
Déjà, plusieurs journalistes, dont des directeurs de publication, ont été arbitrairement interpellés, soumis à une intimidation sans nom, pour la simple raison d'avoir fait leur travail.
Au-delà du malheur des journalistes, à Bamako, tout comme à l'intérieur du pays, des unités spéciales patrouillent, souvent sous les seuls ordes des hommes forts de Kati, à la recherche de paisibles citoyens qui sont traqués et violentés. Leur seul crime ? Se trouver dans le collimateur du capitaine de Kati.
Après les arrestations arbitraires de personnalités du pays, hommes politiques, opérateurs privés et militaires, des unités spéciales sont larguées aux trousses des gens.
On parle de cette patrouille à Sikasso où des hommes cagoulés sont allés à la recherche de certains policiers, désignés comme des proches du Colonel Cissé (cet officier qui a été arrêté par la junte). Ces militaires cagoulés ont été pourchassés par des vrais militaires de la ville. Après une course poursuite entre les deux forces militaires, les militaires cagoulés ont fini par révéler leur propre identité. Ils étaient des hommes du capitaine Sanogo, venus à Sikasso pour régler des comptes personnels sur la personne de tous ceux qui étaient dans le collimateur de leur chef.
C'est désormais la terreur des escadrons de la mort qui traquent les gens en toute impunité et en toute illégalité. A Sikasso, on a découvert des morts suspectes sur la trace de ces hommes semant la mort et la tragédie sur leur passage.
A Bamako, on a connu ces mêmes morts suspectes, les cas de disparition de militaires dont les familles sont restées sans nouvelles.
Les journalistes ont connu, en deux ou trois mois, plus de brimades que ces vingt dernières années. Le citoyen lambda, lui, n'est pas à l'abri. Pour un rien, des hommes en cagoule débarquent aux domiciles privés des gens en leur extorquant des fonds sous la menace des armes.
En réalité, pour fuir ces brimades de toutes sortes, beaucoup d'opérateurs économiques et d'hommes politiques ont préféré quitter le pays, pour se mettre à l'abri de ces violations répétées des droits individuels et collectifs. Ces hommes politiques et ces hommes d'affaires étaient inquiétés par des groupes militaires qui venaient régulièrement les intimider à domicile.
Pour un rien, l'air de Bamako est devenu irrespirable. Dans le feu de l'action, des responsables de structures publiques, comme le DG des douanes, et des hommes d'affaires fortunés, sont menacés d'enlèvement. Pour cette affaire, restée occulte, après le communiqué laconique du gouvernement, qui a condamné les faits, personne n'a été inquiété. Le jeudi 5 juin 2012, deux conseillers municipaux de la capitale ont été arrêtés par des militaires. Selon le jeune ministre de l'Administration Territoriale et de l'Aménagement du Territoire, il s'agissait d'une question d'incompréhension. Pour le moment, il n’y a aucun sérieux dans le pays. Dans cette atmosphère sciemment orchestrée par les putschistes, on place ses parents et amis dans la sphère de l'administration.
Va-t-on éviter les escadrons de la mort ?
Il n'y a pas encore longtemps, en Côte d’Ivoire, ce pays voisin du Mali, où sévissait une guerre civile, les hommes de pouvoir, l'ancien président Gbagbo et son épouse, avaient érigé un système de terreur et de mort, destiné à éliminer les adversaires politiques et les opposants. Pendant ce règne de terreur, beaucoup de citoyens ont été portés disparus.
L'histoire s'est montrée implacable vis-à-vis des planificateurs de ces escadrons de la mort : le président déchu, emprisonné, attend d’être fixé sur son sort à la Haye, devant la CPI. L'épouse, elle, est devant la justice de son pays.
Ici, le règne de la terreur qui s'abat sur le pays, depuis le coup d'Etat du 22 mars dernier, n'a pas encore fini de faire parler de lui.
F.M

Source: Aurore