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Relation gouvernement-syndicats d’enseignants : Le culte du mépris réciproque

D’une confrontation verbale, le gouvernement et les syndicats sont passés à un duel des attitudes. Depuis quelque temps, les deux protagonistes se vouent un mépris réciproque. Les enseignants multiplient leurs mouvements de grève. Alors que les dirigeants, eux, se signalent par un silence bruissant d’indignation. L’intransigeance se traduit désormais par le dédain.


Rédigé par leral.net le Mercredi 23 Mars 2016 à 12:17 | | 4 commentaire(s)|

Le syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) a décrété, depuis hier, 48 heures de grève et promet d’initier un mouvement illimité si dans deux semaines, le gouvernement ne réagit pas. Pendant ce temps, le Front unitaire qui regroupe le Grand cadre version Abdou Faty et quatre autres syndicats formant l’Useq ont observé un débrayage, hier, suivi d’une grève totale aujourd’hui et demain. De l’autre côté, le Saems-cusems aussi déroule. Sans compter les différentes initiatives visant à réunir les syndicats d’enseignants et même au-delà, tous les syndicats de la Fonction publique.

Mais en réalité, tout indique que les protagonistes se vouent désormais un mépris mutuel. Chacun semble avoir campé sur sa position, faisant fi de l’autre. La colère des enseignants se sent par les sorties fracassantes contre le ministre de tutelle ou son collègue de l’Economie et des Finances, soit contre les plus hautes autorités, le Premier ministre ou le président de la République notamment. Les pédagogues estiment que l’Etat est dirigé par des autorités sans parole, parce que ne tenant pas leurs engagements, y compris ceux du chef suprême. Désormais, leurs sentiments sont traduits par la volonté de ne plus faire de concession face à la non-satisfaction des revendications.

Cependant, l’exaspération semble plus grande du côté du gouvernement. Le silence des autorités en dit long sur leur revendication. En effet, malgré les perturbations répétées et les tentatives de former un large Front de la part des enseignants, les autorités semblent insensibles à leurs revendications. Dans le supérieur, en dehors de la loi portant réforme des titres, aucun acte n’a été noté de la part du gouvernement. Si l’on en croit les dirigeants du syndicat, rien n’a été fait sur les autres points. Le ministre de tutelle, pourtant si prompt à s’exprimer sur les questions liées aux Universités, reste muet depuis quelque temps sur ce point. Pas un seul mot pratiquement sur ce dossier.

Dans l’enseignement moyen-secondaire, la situation est la même. Les mouvements se répètent à un rythme effréné. Chaque semaine, débrayages et grèves totales se suivent. Mais tout cela laisse de marbre le ministre de tutelle. Serigne Mbaye Thiam est, d’ailleurs, resté pendant longtemps sans piper mot sur la situation de l’école. Tous ces ministre avec celui de la Fonction publique et du Travail, aimaient pourtant soit rappeler les efforts consentis par le gouvernement. Mais depuis quelques semaines, il n’en est rien. Tout est fait comme si un mot d’ordre de silence avait été donné. Le référendum ne peut être qu’un prétexte car en réalité, l’absence de réaction date d’avant ce rendez-vous populaire.

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