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Relations entre le procureur de la République et le Doyen des juges : Une guerre fratricide


Rédigé par leral.net le Vendredi 28 Août 2015 à 11:10 | | 5 commentaire(s)|

C’est la bataille judiciaire entre le Doyen des juges d’instruction et le procureur de la République, analyse le journal Le Quotidien selon qui le non-lieu accordé à Tombong Oualy laisse un goût de cendres dans la bouche de Serigne Bassirou Guèye qui a perdu son « vrai suspect » dans le cadre de l’assassinat de Bassirou Faye, tué le 14 août 2014 à l’Ucad. C’est un échec du procureur. C’est aussi un combat médiatique : les deux hommes s’affrontent par presse interposée avec la publication des détails du réquisitoire et de l’arrêt de renvoi du policier Mohamed Boughaleb devant la Chambre criminelle. Le doyen des juges a démonté une enquête judiciaire mal aiguillée. Ce fiasco met toute la République dans une position assez gênante. La promesse du chef de l’Etat d’ouvrir le procès en octobre dépend désormais de l’avis de la Chambre d’accusation après l’appel du parquet.

En vérité, il s’agit d’un rebondissement dans la relation entre le Parquet et le Doyen des juges d’instruction. Depuis son arrivée à la tête du Parquet de Dakar, Serigne Bassirou Guèye a toujours contourné Mahawa Sémou Diouf. Il accorde la plénitude de sa confiance au juge du deuxième cabinet, chargé désormais des plus importants dossiers au niveau du Tribunal régional hors classe de Dakar.

Selon le journal, l’affaire Aida Ndiongue, c’est lui, l’inculpation de Thione Seck, c’est lui, Bathie Séras, Toussaint Manga et Aminata Nguirane, c’est encore lui. Et que le dossier Bassirou Faye n’a atterri sur la table du juge du premier cabinet que par un concours de circonstances. Car, le patron du deuxième cabinet était occupé à diligenter d’autres affaires qui s’amoncelaient sur son bureau.

On est en face d’un véritable retournement de prestiges. Selon le journal, Ousmane Diagne, prédécesseur de Bassirou Guèye au Parquet, était attiré par la compétence du Doyen des juges comme si de rien n’était. Mais la gestion du premier dossier d’Aida Ndiongue avait interloqué les habitués du Palais de justice de Dakar. Le juge avait juste inculpé et laissé en liberté provisoire tandis que certains de ses co-inculpés avaient été placés sous mandat de dépôt. Ce qui apparaissait aux yeux de l’opinion publique comme une forfaiture. Arrivé au Parquet de Dakar¸ Serigne Bassirou Guèye avait relancé ce dossier en le confiant à son « juge de confiance ». Au finish l’affaire a aussi atterri devant le Tribunal correctionnel.

Pourtant, au plus haut sommet de l’Etat, la persistance des bras de fer entre le Parquet et les juges d’instruction est mentionnée par le Garde des Sceaux qui, lors de la conférence annuelle des chefs de Parquet, avait préconisé une coopération entre les différents intervenants de la chaîne pénale et souhaité que les représentants du ministère « travaillent en bonne synergie » avec les magistrats instructeurs.







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