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[Reportage] Football féminin- Les Amazones de Grand-Yoff : On nous tue mais on ne nous « dé-footballise » pas !

Créé vers le début du troisième millénaire, les Amazones de Grand-Yoff est un club de jeunes filles férues du ballon rond qui se veut un avenir radieux en D1. Leral.net a fait une immersion dans une séance d’entraînement de ce club de D2 du championnat féminin de football. Reportage.


Rédigé par leral.net le Mercredi 23 Février 2011 à 09:38 | | 1 commentaire(s)|

[Reportage] Football féminin- Les Amazones de Grand-Yoff : On nous tue mais on ne nous « dé-footballise » pas !
16h : Sous un soleil ardent, deux géants s’offrent en spectacle dans l’espace réservé aux activités sportives du CEM Hyacinthe Thiandoum qui se trouve à quelques encablures du pont Sénégal 92. De loin c’est deux hommes qui se font apercevoir. Le premier se place entre deux polos qui font office de camp pendant que l’autre s’emploie à l’appâter avec un ballon de foot. De près, ce qui semblait être un couple d’hommes se transforme comme par enchantement en un duel entre le sexe fort et le sexe faible. Que vient faire une femme sur un terrain de foot avec un ballon de foot ? On est dans le fief des amazones de Grand-Yoff. L’homme en question est l’entraîneur des gardiennes de buts de ce club de D2 du championnat de foot féminin. Depuis plus de deux ans, cet ancien sociétaire de l’As Saloum fait suer les portières des Amazones. Sous cette forte canicule d’hiver, il lègue son savoir à T. S, 17 ans, gardienne titulaire des Amazones. Corps frêle, visage innocent, démarche de garçon, nonchalamment, elle fait montre d’une détermination impressionnante pour satisfaire son maître. « Elle aime bien ce qu’elle fait », place son coach qui fait dans le bénévolat. T. S sourit avant de se repositionner dans sa cage en attendant le reste de la bande.

16h 30 : Un homme s’emmène. Dans un maillot orange sur un jogging noir, l’allure de footballeur en bandoulière, Samba Traoré précipite sa taille de maître des céans. Qui s’enquit de notre présence sur les lieux. Samba Traoré, le coach des Amazones semble pressé. Assiettes en mains, il place ses gadgets.

17h 00 : Toute la bande est là. Samba comme à l’accoutumée leur ordonne de faire 5 tours de terrain à trot. Elles s’exécutent sans broncher. Il le fait faire depuis 3 ans. « Je préside aux destinées des amazones depuis plus de 3 ans», glisse-t-il. Après un week-end de repos, les filles doivent se détacher de la paresse qui leur colle à la peau. « Elles sont paresseuses », sourit Samba. Qui met en place un dispositif pour les pousser à se départir de ce caractère de…femme. « On n’a pas besoin de cela dans le sport », croit-il savoir. Les assiettes placées à leurs endroits habituels, les filles se mettent en deux rangs distincts. La vitesse doit être travaillée. Au signal du coach, une fille se détache des deux rangs et plie en une fraction de secondes une centaine de mettre délimitée par des assiettes. Elles sont réveillées. Leurs muscles lâchent. Les visages renfrognés, pas par le dégoût, mais par la détermination et l’amour du football. « C’est notre vie », avoue la meneuse de jeu de l’équipe. La gardienne des buts, T. S embouche la même trompette et laisse entendre : « j’ai du abandonner les bancs pour me mettre exclusivement au football ». Fini le bavardage.

Maudit Lundi

Il est 17 h 46 min et rien ne semble pouvoir arrêter ces guerrières qui ont bravé chaleur et veto d’un entourage septique quant à l’évolution d’une fille dans une discipline sportives comme le football. Ndèye B. Nd et sa bande s’apprêtent à leur premier toucher de balle. Le ballon est malmené dans tous les sens par M. S qui fait une passe de la tête coiffée de tresses à sa coéquipière qui, à son tour essaie une aile de pigeon qu’elle réussit avec brio occasionnant un standing ovation de ses camarades. Les badauds ne sont pas loin mais Samba veille au grain. Nd. Boro Nd, fait échapper son mètre 60 du groupe, feint un étirement de la jambe gauche et glisse : « je déteste lundi. C’est un jour maudit ». Le coach met fin à ses lamentations et forme vite deux groupes de 6 filles.

18 h 10 diminue l’intensité de la chaleur et cache le soleil. Les dossards de couleur verte distribués au premier groupe, le deuxième se contente des jaunes. La confrontation est inévitable. Celles qui étaient un bloc soudé sont séparées en deux entités. Elles se plient à la volonté de Samba qui semble se soucier plus de la rapidité de ses poulains que par leur amitié. « Nous travaillons les automatismes, la rapidité et la récupération », sermonne-t-il. C’est parti pour une partie âprement disputée. Des talents se dessinent, des exploits se peignent sur un terrain mi-aride mi sablonneux. « On bouge », galvanise le coach adjoint sous l’ombre d’un grand engin qui se trouve à l’extrémité droite du terrain. Le jeu gagne en intensité. Des télescopages aux tacles, rien n’est laissé en rade. M. B intercepte une joueuse du camp adverse, l’appréhende attentivement avant de la charger violemment. Celle-ci pousse un cri de douleur et s’affale. Toutes les autres accourent à son chevet. Elle se relève avec le sourire laissant présager un coup fourré à l’endroit de ses amies qui nourrissaient une de ces trouilles. Le pire venait d’être frôlé. Le jeu reprend ses droits jusqu'à 19 h. L’équipe A inflige une correction cuisante au camp adverse sur le score sans appel de…8 à 1. Un message fort lancé à l’endroit des gazelles d’avec qui les Amazones devront en découdre le Weekend Prochain ? En tout état de cause, le coach et ses joueuses ne demandent qu’une chose, que les atouts soient mis de leur coté pour déraciner le plus grand des baobabs. « On en a le potentiel », dit Samba. « Et l’amour aussi », plastronnent les Amazones.


[Reportage] Football féminin- Les Amazones de Grand-Yoff : On nous tue mais on ne nous « dé-footballise » pas !
Samba Traoré, coach des Amazones s’investit corps et âme pour l’éclosion de ses…poulains.

Il est comme sur le qui-vive. Motif : les derniers réglages avant d’affronter ce week-end les gazelles de Sacré-Cœur. Samba Traoré coach des Amazones hurle, dégaine sa taille de footballeur s’il le faut pour taper dur ses les mollets de ses « filles ». L’amour du foot ne le lâche. Tout comme celles qu’il apprend à bien jouer au foot. Au club depuis 2008, Samba Traoré met à profit son capital de joueur qui a fréquenté l'illustre club dakarois Jeanne d’Arc pour pousser ces filles vers le triomphe. « On veut monter en première division », fait-il planer. Les objectifs fixés, Samba s’attelle à les réaliser de concert avec sa troupe. Qui a lui a été confiée par l’entremise d’un voisin. Depuis, Samba ne peut se passer de ses Amazones dont la tranche d'age est comprise entre 17 et 24 ans. Selon « Coach », comme l’appellent les filles, celles-ci ne manquent pas de chichis. Mais Samba gère. Avec quels moyens ? « Ceux du bord », rétorque-t-il non sans fustiger la maigre subvention de la fédération sénégalaise aux équipes de deuxième divisons. « On a 250 000 francs et c’est avec cette somme ajoutée à quelques donations de bonnes volontés qu’on arrive à assurer le transport des filles », geint-il. Il ne se soucie pas de son sort d’autant qu’il travaille en bénévolat.

Abdou K. Cissé



1.Posté par Samba TRAORE le 23/02/2011 12:32 | Alerter
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Pas grande chose à dire juste remercier le journaliste Abdou CISSE de son envi et de sa volonté de vouloir propager ou médiatiser le football féminin dans sa globalité avec tous les problèmes qu'on y découdre.Le fait de publier ce reportage sur les Amazones de Grand Yoff dans ce site dont il est l'un les plus visités dans le pays et dans la sous région nous propulse dans tous les coins du Pays.On nom de tous les membres du bureau on vous remercie et à leral.net qui est à la disposition de l'intérêt publique!!!!!!

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