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Reportage: Pourquoi certaines sénégalaises préfèrent la polygamie, suivez leurs raisonnements…


Rédigé par leral.net le Mercredi 4 Mai 2016 à 13:04 | | 10 commentaire(s)|

- La question de la polygamie est soulevée tous les jours dans les foyers au Sénégal. La polygamie est un système de mariage dans lequel un homme épouse plus d’une femme. Certaines sénégalaises sont confrontées à ce problème de mariage polygamique. La loi sénégalaise est bien claire sur la question. Selon l’article 133 du Code de la famille du Sénégal «  le mariage peut être conclu, soit sous le régime de la polygamie (quatre épouses maximum), soit sous le régime de la limitation de la polygamie (deux ou trois épouses), soit sous le régime de la monogamie».

Et L’article 113 du  même code  stipule que : «L’homme ne peut contracter un nouveau mariage s’il a un nombre d’épouses supérieur à celui autorisé par la loi, compte tenu des options de monogamie ou de limitation de polygamie souscrites par lui. Ce choix se fait devant l’officier d’Etat civil».

En cas de silence sur cette question,  c’est la polygamie qui fait régime d’office nous apprend un juriste. Face à ces dispositions nombreuses sont ces sénégalaises qui optent malgré elles  pour le mariage polygamique.

Mon mari a accepté de signer la monogamie, mais  je vis dans la peur constante de me faire seconder

Au Sénégal,  rares sont les hommes qui acceptent  de signer la monogamie lors de leur mariage. Et même si l’époux parvient à  signer cette convention, la femme n’aura jamais l’esprit tranquille de crainte d’être secondée un de ces jours.

Fatimata responsable d’un salon de coiffure abordée dans son lieu de travail à Mermoz  vit cette situation. Elle  dit avoir  réussi à convaincre son homme à signer la monogamie lors de son mariage. Mais elle avoue qu’elle vit dans la peur permanente que son mari lui annonce la venue d’une seconde épouse. Fatimata souligne qu’elle avait exercé une pression forte sur son mari pour qu’il opte pour la monogamie. « Quand on devait se marier mon mari n’était pas assis financièrement. Il était simple cuisinier dans un restaurant en 2007. Il avait accepté ma proposition vu les arguments que j’avais avancés . Mais aujourd’hui avec nos deux enfants j’ai la peur au ventre qu’il revienne sur sa décision pour prendre   une seconde épouse. D’autant plus qu’il est promu chef cuisinier depuis 2 ans et a les moyens pour supporter deux familles», craint la jeune femme.

Si certaines femmes sénégalaises ont la peur constante de se faire seconder parce que ayant opté pour la monogamie, d’autres par contre ont fait ce choix pour des raisons  différentes et particulières. C’est le cas de madame Ndoye, épouse d’un haut cadre du pays, mère de trois filles et banquier de profession.

J’ai opté pour un mariage polygame et j’éprouve de la pitié pour ma coépouse

Mme Ndoye, retrouvée dans son appartement à Sacre cœur avec son fils de 10 ans jouant un jeu vidéo, estime que la polygamie est un mal nécessaire pour les femmes sénégalaises. « Moi j’ai compris très tôt que l’homme sénégalais est polygame depuis le ventre de sa mère. C’est pour cela que je n’ai pas voulu m’attarder sur ces questions avec mon mari. Nous avions signé la polygamie et le reste c‘est à lui de décider d’en prendre d’autres » se confie la banquière.

Continuant la conversation avec nous, la jeune mère avoue qu’elle ressent de la pitié pour sa coépouse, une vieille dame selon elle. « Mon mari a épousé une autre femme, mais j’ai pitié de cette vieille demoiselle qui croyait que mon mari s’inclinerait de son côté,  mais désolé elle ne voit ce mari qu’une ou deux fois par mois car n’ayant aucune expérience sur la vie conjugale selon les propos de mon mari ». Et cette dernière  de poursuivre, « actuellement mon mari regrette de l’avoir épousé » renchérit la dame Ndoye de la quarantaine environ.

J’ai décidé d’épouser un homme polygame pour me tailler une place dans la société

Chef de service dans une société de la place située au cœur de Dakar, Maimouna évoque deux raisons assez particulières qui l’ont poussé à se marier à 32 ans. Selon la dame rencontrée dans un restaurant de la capitale sénégalaise aux environs de 14h20 prenant son déjeuner «Thiebou dieune» -Riz préparé à la sénégalaise assaisonné de poissons et condiments-, la pression de sa famille et des collègues au travail a précipité son mariage . « Je ne pouvais plus supporter la pression de mon père. Après mon doctorat j’ai dû m’incliner devant  ses souhaits en acceptant de jouer le second rôle dans le foyer de mon mari. Aussi est-il que j’ai décidé de porter la bague au doigt pour éviter les avances –les yeux doux- (rire…) de mes collègues» se confie la bureaucrate.

Je suis libre dans mes mouvements dans une famille polygame

Le choix d’avoir un mari polygame est avantageux selon Maimouna. Elle avoue être une femme libre quand bien même elle est mariée. Elle se la joue une jeune fille. « Mon mari passe deux jours successifs dans la semaine et le reste du temps je suis avec mes amies. Nous (mes amies et moi) faisons des sorties, participons à des cocktails de service, bref j’essaie de profiter de ma jeunesse avant d’avoir un gosse »,  enchaîne Maimouna

Autant on peut dire  qu’aucune femme n’accepterait jamais de partager son amour –son mari-, autant on peut  dire que les sénégalaises sont préparées à la polygamie. Elles sont nées avec cette conception. Parfois,  c’est la concurrence qui fait place dans certains foyers quand il s’agit de procréer des héritiers de leur époux.

Parole d’une religieuse, «la polygamie encourage le maraboutage au Sénégal»

Une sœur pieuse en Christ abordée à l’arrêt bus de l’église notre dame des anges de Ouakam -Dakar- évoque la souffrance des premières épouses dans les familles polygames. « C’est dommage pour notre société », déclare la sœur en Christ et de poursuivre que « les vraies victimes se sont les premières mariées, elles souffrent.Elles meurent discrètement par peine. Cela doit faire mal de voir son mari convoiter une autre. Si on aime quelqu’un on ne doit pas lui faire de mal. La polygamie fait mal. Elle tue. Ces pratiques ne font qu’encourager la pauvreté, le maraboutage, l’analphabétisme, les crimes entre les coépouses et beaucoup de maux dont souffre la société » se chagrine Marie Elizabeth avant de prendre son bus.

Selon les sondages faits, les hommes sénégalais se déclarent en général plutôt favorables à la polygamie.  Et ce, quel que soit leur niveau d’instruction. Pourquoi ce choix?
 

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