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Reportage-Vidéo : En France, les femmes de l’APR ont désavoué leurs chefs et fait appel à Macky Sall


Rédigé par leral.net le Mercredi 12 Octobre 2016 à 19:56 | | 6 commentaire(s)|

« Haro sur Mme Awa Diop Mbacké. » « On ne veut plus de Demba Sow et de sa DSE! » « Vive Macky Sall et à bas les comploteurs! » C’est, en ces termes crus qui démontrent, à souhait, le fossé existant entre les dirigeants du parti présidentiel et les militantes de l’APR que la rencontre tant crainte du mouvement des femmes a eu lieu ce samedi, à la rue Pierre l’hermine à Paris.


Samedi 8 octobre 2016. Ils 19 heures. Nous sommes au 5 rue Pierre Lhermitte à Paris, dans le 18 mme arrondissement, à deux pas de la célèbre église Saint Bernard. Ici, se sont regroupées, depuis 14 heures, de nombreuses responsables de sections du parti présidentiel en France. Elles sont venues répondre à l’appel des camarades de Ramata Ka décidées à débarquer toute l’équipe dirigeant de l’APR en rupture de banc avec toutes les autres structures du parti. Pourtant, conscients du danger qui les guette, les camarades de Demba Sow avaient, par tous les moyens et à deux reprises, tenté de dissuader les femmes de tenir cette rencontre fractionniste. La réunion de mercredi -au siège de l’APR à Boulogne- s’est terminée dans la division.

Celle de vendredi, qui devait se tenir au consulat pour arrondir les angles, s’est soldée par un flop: les principales concernées n’ayant jamais répondu à l’appel des responsables de la DSE. Et l’ambassadeur itinérant, Talla Daff, chargé de la médiation, s’étant senti dos au mur, a essayé de sauver laver son honneur sali par ces camarades qui les ont désignés lui et trois autres camarades comme les soutiens des partisans du chiisme au sein du parti. Attaqué par ses collègues, le médiateur a envoyé un message salé à ses camarades  en les accusant d’avoir laissés s’installer une chienlit qui, après plus de 10 mois de léthargie, a fini par mener les ego à un point de non retour. Face à tout cela, il ne  restait aux responsables du parti que d’assister, impuissants, à la naissance d’un nouveau courant: celui des pagneuses.

Dirigées par Astou Fall, Ndimba Sène, Thiaba Tell Sall et Coumba Ba, les réformistes de l’APR ont commencé par donner le contexte de cette rencontre qu’elles veulent démocratique. Pour autant, elles ont interdit l’accès des aussi bien à leur présidente qu’à l’ensemble des membre de la DSE. A les en croire, le constat est que le mouvement des femmes n’a aucune activité depuis des mois, sa présidente n’a aucune considération pour elles, ne les consulte jamais pour rien et les isole à tout instant allant jusqu’à les taxer de folles. C’est pour mettre un terme à cette situation qu’elles ont décidé de crier leur désarroi afin que le président de la République, premier responsable du parti, prenne ses responsabilités et leur désigne de nouveaux responsables. Ce qu’elles ne disent pas, c’est qu’elles veulent que ces nouveaux responsable, surtout des femmes, sortent de leur rangs.

Prenant la parole, Mme Ramata Ka, la coordinatrice de Nice a tout de go déploré le fait que « les femmes du mouvement ne se rencontrent jamais. » Depuis plusieurs mois, elles n’ont pas réussi à se retrouver avec leur présidente et nombreuses permis elles ont affirmé n’avoir jamais été informée de quoi que ce soit depuis plusieurs années. Sans citer de nom, elle a tenu à éclaircir, dès le début, que « cette réunion n’est dirigée contre  personne. » Mais, personne n’est dupe. L’envie de citer son nom a été tellement forte que Mme Coumba Ba, la 2eme vice présidente des femmes de l’APR a fini par reconnaître qu’elles ne veulent plus suivre Mme Awa Diop Mbacké et la DSE. « Le parti est handicapé à cause de nos dirigeants. Maintenant on en peut plus. On veut qu’ils partent« , a-t-elle fini par lâcher.

Comme elle, Ndèye Fatou Lakh, une responsable de la Courneuve, a déclaré que si elles sont là, « c’est parce qu’elles ne se sentent plus concernées par les décisions prises par la DSE. Le problème se situe au niveau de la DSE et nous voulons, en conséquence, que le président intervienne. Nous espérons que nous serons entendues. » Rejetant toute idée de se rasseoir avec la DSE, cette responsable du parti de Macky Sall a déclaré que le rubicond de la négociation est dépassé. Ce qui peut être envisagé aujourd’hui, c’est que le président entérine leur décision. Et rappelle, loin des instance du parti, Demba Sow et Mme Awa Diop Mbacké.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Se voulant sans équivoque, les femmes, qui ont lu une déclaration commune, ont laissé entendre que, désormais, elles se considèrent sans responsables désignés. En l’absence de la DSE qu’elles ne reconnaissent plus, Mme Astou Fall et compagnie ont déclaré qu’elles prendraient leurs responsabilités. Si, dans cette affaire, le président du parti, Macky Sall, tardait à les rejoindre dans leur volonté de ne plus avoir affaire ni avec la DSE ni avec Mme Awa Diop Mbacké, elles n’hésiteraient pas à rompre avec le parti présidentiel.

Ne partageant pas cette position radicale des femmes réformistes, Mme Aïssata Dème, venue prendre part à la réunion publique, a invité ses camarades à ne pas gêner le président de la République et à travailler pour l’union. « Parce, à l’en croire, on a pas besoin de clan, on a pas besoin de camps. On doit accepter la hiérarchie établie. » En langage clair, elle a invité ses putschistes à reconnaître le pouvoir établi par le patron du parti et à continuer à se faire diriger par la DSE et Mme Awa Diop Mbacké. Un point de vue vite mis en minorité même si quelques applaudissement ont salué son Racc –face à face– avec Thiaba Tell Sall.

Comme elle, Mme Maguette Mbow, qui s’est reconnue dans l’engagement manifesté des femmes à travailler pour la réélection de Macky Sall, s’est, toutefois, dit désolée par l’absence notoire de responsables du parti à cette réunion. « Quand on se plaint de quelque chose, je pense que c’est devant ses autorités qu’on doit le faire. Et je suis navrée de ne voir, ici, aucune autorité du parti qui puisse recueillir nos plaintes. Ecouter nos doléances et y remédier« . Une sage analyse qui, malheureusement, aura permis la libération de la parole contenue. Une belle occasion exploitée par aussi bien Thiaba Tell Sall comme par Mme Astou Fall pour marteler que « le temps du dialogue et de l’écoute sont terminés. »

Pour montrer la profondeur de l’abîme qui les sépare de leurs responsables désignés, Mme Astou Fall et compagnie ont déclaré que « ces gens là travaillent pour la défaite de Macky Sall. »  A les en croire, « ces gens-là ont reçu de l’argent pour saboter le travail de massification -que de braves femmes ont fait partout en France-, en nommant des responsables fantoches. Et en leur distribuant des prébendes« .

Dans leur ligne de mire se trouve Mme Awa Diop Mbacké qu’elles accusent de travailler en sourdine pour Khalifa Sall, le maire de Dakar et candidat déclaré à la future présidentielle. Se voulant solennelle, Ramata Ka a invité ses camarades à être vigilantes et à dénoncer ces pratiques de sape qui commencent à créer de graves saignées dans le parti.

 








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