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Repose en paix Pds !

Ainsi donc le Pds est mort ! Comme Figaro dans «le Barbier de Séville», «je me presse d’en rire de peur d’en pleurer». Ainsi donc le Pds est mort ! Comme Figaro dans «le Barbier de Séville», «je me presse d’en rire de peur d’en pleurer». L’annonce de la disparition du Parti démocratique sénégalais a surpris plus d’un. Les Libéraux pleurent à «chaudes larmes» son absence et se refugient dans le souvenir du disparu. Au tour du cercueil tous les bleus, authentiques et synthétiques prient pour le repos de son âme. Les autres demandent à l’œil d’accueillir le Pds en sa parodie qu’est le Pdsl.


Rédigé par leral.net le Lundi 8 Février 2010 à 12:58 | | 2 commentaire(s)|

Repose en paix Pds !
L’agonie du Pds a duré prés de cinq ans. Très essoufflé, le parti ne respirait presque plus. Ce sont les inaugurations du camarade numéro 1 (sans numéro 2) qui faisaient office de meetings. Et même en ces occasions, on voyait les tares consubstantielles aux Libéraux : ce sont les schismes, le voyez-moi, la délation et la violence. Le maître a tout fait pour reprendre en main son parti mais c’était peine perdue. La messe était dite. Il ne restait plus au pape du Sopi qu’à la célébrer. Et le Pds fut porté en terre. Du tombeau est sorti le Parti démocratique sénégalais libéral. Cette nouvelle formation se veut différente de l’ancienne. Elle offre des aguicheries «attirantes» et prétend être un jardin florissant. Mais il est parfois des jardins qui n’arrivent pas à fleurir. Il en est aussi qui, après avoir fleuri, n’ont pas de fruit. Entre le Pds et le Pdsl cette vision de Confucius s’applique à merveille. Le peuple ne récolte rien de cette semence nouvelle. Et à force de défricher le champ libéral, on finit par constater que si le jardin peine à porter ses fruits, ce n’est pas seulement à cause des mauvaises herbes qui étouffent le bon grain mais aussi et surtout du fait de la négligence du cultivateur Wade. Il a mis en jachère la compétence et la gestion démocratique pour arroser les sillons de la transhumance et les lopins de la médiocrité. Maintenant que le ver est dans le fruit, on cherche à faire du neuf avec du pourri. Mais un sage aimait dire qu’il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer de caractère. L’habit ne change pas l’habitude. Les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Sans débat ni congrès, le Pds est parti. Sans acte de naissance, le Pdsl est arrivé. La base n’a pas de droit, elle n’a qu’un devoir : exécuter la volonté du chef. Inutile de demander ce qui a de démocratique au Pds, pardon au Pdsl. Chez les Libéraux, la liberté s’arrête là où commence la volonté du chef ; le seul constant (sacrilège plus monumental que celui de Ouakam). Le Pds est parti par la porte mais il est revenu par la fenêtre avec ses heurs et malheurs. La vente des cartes du Pdsl, déjà très mouvementée, conforte bien cette conviction. Birago Diop disait, dans un autre contexte certes, que «les morts ne sont pas morts». Ils sont dans les esprits. Ils sont dans les pratiques politiques.
Pds, tes fractures sont restées ouvertes dans nos mémoires. Ton crâne a été ensanglanté par le Pds/R de Serigne Diop. Les coups de semonce du Pls de maître Ousmane Ngom t’ont assommé un moment mais n’avaient pas changé ta mine. Ironie du sort, Ousmane Ngom est devenu ministre des Mines. Le Bcg de jean Paul Dias s’est plutôt donné la tuberculose. Le Rewmi de idrissa Seck a fait illusion pendant un moment avant de revenir pieds et poings liés à la maison du père. L’Apr de Macky Sall est restée jusqu’ici en dehors de ce ping-pong libéral.
Nonobstant toutes ces fissures, le Pds a semblé soigner ses plaies. Pourquoi donc disparaître après tant d’années de résistance? Mais aussi pourquoi ne pas partir après tant de dégâts?
Pds à cause de toi, des personnes ont connu la prison pour avoir résisté aux Socialistes. A cause de toi certains ont perdu leur emploi ou leur vie.
A cause de toi, le sang a été détourné de ses canaux originels que sont les vaisseaux. Tu l’as fait couler sur le goudron à l’occasion des manifestations politiques et autres randonnées de provocation. Notre prime jeunesse a été marquée par le mot Sopi qui, pour nous, renvoyait à casser des bus, brûler des pneus, bloquer la circulation et installer l’école dans un cycle de grèves inextricables. L’année scolaire et universitaire fut blanche en 1988 avant d’être invalide en 1993. Depuis lors, l’école sénégalaise est malade. Peut être que l’actuel ministre de la Santé va lui trouver un remède.
Pds, l’autre mal que tu as porté comme un chapeau est l’impunité. La loi Ezzan a donné une nouvelle virginité à tous les criminels. On a jeté toutes les fautes au feu. Mais lancer en enfer le Pds signifie-t-il forcément offrir le paradis avec le Pdsl ? Certainement pas. On risque même de sombrer dans le noir avec le Pdsl qui a choisi un phare bas (ou Farba) pour s’éclairer le chemin et organiser la vente de ses cartes. Faites vos jeux !
Pour sûr il est impossible de trouver deux bénéfices dans un œuf : c’est l’omelette ou le poussin. Il faudra alors choisir entre conserver les anciens au détriment de l’autre génération ou alors tourner définitivement la page du passé et se mettre en route vers le sommet. En attendant prions pour le Pds. Que l’enfer lui soit léger.
Sabéye NIANG
Professeur de Lettres modernes
à Sandiara
sabeyeniang@yahoo.fr



1.Posté par Ibiscus le 08/02/2010 16:23 | Alerter
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C'est bien dit. Entre le PDS et le PDSL, il n'y a que du Coca Cola et du Pepsi Cola, les bouteilles diffèrent mais le contenu reste le même. Quel bien y'a-t-il à se laver d'une saleté si on doit mettre ensuite les mêmes habits sales ? Il me semble que c'est ce que ces gens sont en train de faire. Afin, on verra.

2.Posté par Bach le 08/02/2010 20:00 | Alerter
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Quelle pertinence mon cher Professeur! Ton texte est d'une sagess extraordinaire et d'une vérité absolue. On en redemande. Les hommes de lettres ont un grand role à jouer dans une démocratie, le role de sensibilisation et d'éveil des masses est un sacerdoce et attelez vous-y pour un meilleur avenir du Sénégal. Bonne continuation!

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