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Répression à Cuba à la veille de la visite du pape

le 26 Mars 2012 à 18:16 | Lu 563 fois

Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé une recrudescence de la répression, avant la visite du pape Benoît XVI, du lundi 26 mars au mercredi 28 mars.


Répression à Cuba à la veille de la visite du pape
Des dizaines d’interpellations d’opposants ont été effectuées à La Havane, Santiago de Cuba, Holguin, Guantanamo, Matanzas, Palma Soriano, Pinar del Rio et Sancti Spiritus, selon HRW. Parmi les victimes de ce harcèlement figurent des Dames en blanc, l’association des épouses de prisonniers politiques. « Ces actions répressives soulignent à quel point est réduit l’espace à Cuba pour n’importe quel point de vue qui ne soit pas aligné sur le gouvernement de Castro », affirme HRW.

Amnesty International pointe du doigt « l’intensification de la répression contre les défenseurs des droits de l’homme » et contre les journalistes ou blogueurs indépendants. Le 22 mars, Amnesty a diffusé un rapport sur la « Répression systématique : détentions de courte durée et harcèlement à Cuba ».

La Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale, a dénoncé, dimanche 25 mars, le « ménage » effectué par les autorités à La Havane : « une centaine de mendiants ont été détenus et internés, de manière arbitraire et extrajudiciaire, pour qu’ils ne soient pas vus dans les rues par les visiteurs étrangers, les pèlerins et les journalistes, pendant la visite de Benoît XVI ». La Commission y voit une « répugnante violation des droits de l’homme par un gouvernement qui privilégie sa propre image politique ».
Dimanche, une trentaine de Dames en blanc ont défilé sur la Cinquième Avenue, après la messe de l’église de Santa Rita.

Leur porte-parole, Berta Soler, a annoncé leur intention de se rendre à la messe du pape, mercredi, sur la place de la Révolution, à La Havane, « en dépit de la répression officielle ». Elles comptent y aller habillées en blanc, comme d'habitude, « sans crier des mots d’ordre », car il faut respecter la messe : « On va à l’église pour prier, pas pour faire de la politique ».

Les Dames en blanc ont demandé à être reçues par Benoît XVI « pendant une minute ». « Si je pouvais rencontrer Sa Sainteté la première chose que je lui dirais en une minute est que nous sommes des femmes pacifiques, nous œuvrons pour la liberté de nos êtres chers, a déclaré Berta Soler. A Cuba, il y a des prisonniers politiques. » Les Dames en blanc disposent d’une liste de 46 détenus.

Le 13 mars, un groupe de treize dissidents, jusqu’alors inconnus, avait occupé une église de La Havane, la basilique mineure de Notre-Dame de la Charité, pour transmettre un message au pape. Le porte-parole de l’archevêché, Orlando Marquez, avait critiqué cette action : « Personne n’a le droit de transformer les temples en barricades politiques ». Le 15 mars, après 48 heures de négociations, la police avait délogé les occupants, à la demande du cardinal Jaime Ortega.

Des opposants s’étaient désolidarisés de l’occupation de l’église, mais l’appel de la hiérarchie catholique aux autorités pour régler l’impasse a été encore plus critiqué. Placée au centre du jeu politique, l’Eglise se trouve d’autant plus exposée que les attentes d’une société civile embryonnaire sont immenses.

SOURCE:lemonde.fr