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Retour en fanfare et séjour calme : Comment le régime de Macky Sall a désamorcé la bombe Wade

Les troubles que redoutaient les Sénégalais, avec le retour au bercail du « Pape du Sopi » - qui avait déclaré la guerre au régime depuis la France - n'ont pas finalement eu lieu. Que s'est-il passé ? D'après des sources concordantes, les « experts » du régime ont déployé un arsenal de stratégies pour désamorcer la « bombe » Wade.


Rédigé par leral.net le Mercredi 4 Juin 2014 à 18:00 | | 4 commentaire(s)|

Retour en fanfare et séjour calme : Comment le régime de Macky Sall a désamorcé la bombe Wade
Trente sept (37) jours après son retour en fanfare au Sénégal, Abdoulaye Wade est reparti, avant-hier, sans tambour ni trompette. Le passage par le salon d’honneur - privilège qu’il avait boudé en descendant de l’avion pour donner plus d’éclat à son coup de Com sur son retour – témoigne de la dilution de son vin. Son passage au Sénégal fait, on en tire le bilan au niveau du pouvoir.
Et pour beaucoup parmi ceux qui lui avaient tenu la dragée haute, « il faut maintenant analyser ses actes sous l’angle des objectifs qu’il s’était fixé en rentrant. Et à cet exercice, il a lamentablement échoué ».

L’explication de nos interlocuteurs tient au fait que « Wade avait un seul objectif, faire tout pour libérer son fils et ses autres collaborateurs ». Et, pour cela, renseignent-ils, « il avait travaillé sur une stratégie claire, une matrice d’actions à dérouler, selon un chronogramme précis ». Il s’agit, à les en croire, de « rallier tous les chefs religieux à sa cause, organiser un grand meeting, faire revenir ceux parmi ses anciens collaborateurs qui avaient pris leurs distances avec le Pds, faire mobiliser les jeunes et les cadres de son parti », entre autres actions qu’il devait mener, et qu’il a essayé, d’ailleurs. Mais, selon nos sources, « Wade n’avait pas pris ou pas assez une donne essentielle, le pouvoir avait une longueur d’avance sur lui. On connaissait ce qu’il projetait de faire et une stratégie de riposte, dans laquelle le Président prendrait de la hauteur pour ne pas rentrer dans son jeu, avait été élaborée avant que Wade ne vienne ».

En fait, un document de stratégie de riposte avait même été ficelé, avec des éléments de langage sur chaque acte prévu que le pape du Sopi allait poser.

L'intense travail souterrain qui a contrecarré les plains de Wade

Pis, selon toujours nos interlocuteurs, un intense travail souterrain avait été entrepris, comme les missions qui avaient fait le tour des chefs religieux. Il s’agissait d’isoler Wade en les sensibilisant sur ce qu’il entreprenait. « Ce qui a fait que, partout où il est passé, le chef du Pds a eu droit - en dehors du traditionnel accueil chaleureux propre aux marabouts sénégalais - à un sermon musclé ou à des douches froides, après ses plaidoyers ».

Les gens, qui étaient également à la périphérie du Pds et que Wade voulait embarquer dans sa bataille, ont été travaillés au corps, « la preuve par la distance qu’ils ont pris aussitôt après avoir participé à l’accueil auquel il les avait invités, prenant le soin d’appeler personnellement », disent nos sources qui indiquent qu'il n'a pu tenir son meeting qui faisait partie de ses objectifs phare.

Pour ce qui en reste, Wade s’est lui-même mis dans des carcans rigides dans lesquels il ne pouvait plus se mouvoir. Comme lorsqu’il reçoit Aliou Sow, faisant se braquer Oumar Sarr. Il y a eu aussi les couacs qui ont plombé ses initiatives, comme le communiqué des cadres de son parti l’appelant à « la préservation de la paix sociale » aux antipodes de ses déclarations guerrières.

Pis, si Wade n’est pas allé voir son fils, « contrairement à ce que tout le monde croit, c’est parce que c’est ce dernier qui n’en voulait pas. Karim Wade, qui avait engagé des actions en justice pour recouvrer la liberté, craignait un raidissement des juges. Et son père ne l’aidait pas dans le sens où il n’a pas lésiné sur les moyens quand il s’est agi d’attaquer les magistrats ».

D’ailleurs, indiquent nos interlocuteurs, « la demande de liberté provisoire introduite par Karim Wade n’est qu’une réponse à son père qui voulait le libérer de force ».

Avec Le Populaire






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