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Révélation d'un expert américain : "Sous Habré, le taux de décès dans les prisons était pire que dans les prisons soviétiques et japonaises lors de la 2e guerre mondiale"

Patrick Ball était, hier, devant la barre des Chambres africaines extraordinaires d'Assises de Dakar. Dans sa déposition qui portait sur les prisons de la DDS sous Hussein Habré, l'expert statisticien a révélé que le taux de mortalité journalière sur 100 prisonniers était de 2,37 en juin 1987. Selon lui, ce taux est plus élevé que celui qui prévalait dans les prisons soviétiques et japonaises à l'époque de la 2e guerre mondiale.


Rédigé par leral.net le Samedi 19 Septembre 2015 à 09:58 | | 4 commentaire(s)|

L’américain Patrick Ball a travaillé pour le compte de Human Rights Watch et l’Onu dans plusieurs Etats ravagés par la guerre civile. Pour le cas du Tchad, il a dans un premier temps collaboré avec Human rights watch avant de louer ses services à la Commission d’accusation des Chambres africaines d’Assises de Dakar. C’est justement pour cette raison qu’il a comparu, ce vendredi, devant de la barre. M. Ball, qui présentait, hier, le résumé de son rapport sur le taux de mortalité dans les prisons tchadiennes et au siège de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS). "Mon travail a porté sur la période comprise entre le 31 juillet 1985 au 31 mai 1988", indique-t-il à la barre. Certes, il n’est pas un témoin capital, mais sa déposition servira à la Cour de se faire une religion sur les 40 000 morts avancés par la Commission d’enquête sur le règne d’Hussein Habré (1982-1990). "Le taux de mortalité journalière sur 100 prisonniers était de 2,37% en juin 1987. Il y avait au moins 0,6 prisonniers sur 100 qui mouraient chaque jour dans les prisons de la DDS", a-t-il dit, avant d'ajouter: "C’est comme si on avait une classe de 200 étudiants qui allaient probablement tous mourir durant une année. C’est un taux extraordinairement élevé, plus élevé que chez les prisonniers américains au Japon et les prisonniers allemands détenus par les soldats soviétiques lors de la deuxième guerre mondiale", a-t-il expliqué. M. Ball dit avoir exclusivement travaillé sur les archives nationales et les archives judiciaires. Répondant à un des avocats de la défense sur cette comparaison, Me Assane Dioma Ndiaye en l’occurrence, il a expliqué : « Ce sont des situations où des études sérieuses ont été menées sur la mortalité dans les prisons. Nous nous sommes rendu compte que la plupart des prisonniers qui entre le matin sont mort l’après-midi ». Toutefois, l’expert américain précise qu’il n’est pas en mesure de déterminer les causes exactes de ces décès. A la fin de son audition, la Cour a suspendu l’audience et annoncé la reprise pour lundi prochain.






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