leral.net | S'informer en temps réel

Risques environnementaux et sanitaires liés à la mise en exploitation de la cimenterie de Dangote à Pout


Rédigé par leral.net le Vendredi 14 Novembre 2014 à 15:17 | | 3 commentaire(s)|

Risques environnementaux et sanitaires liés à la mise en exploitation de la cimenterie de Dangote à Pout
L’épisode du conflit qui a opposé la société Dangote à la famille de feu Serigne Saliou MBACKE a constitué l’arbre qui a caché la forêt de problèmes environnementaux et sanitaires qui menacent aussi bien les travailleurs, les populations riveraines qu’une bonne partie de la population vivant dans la presqu’île du Cap Vert. En effet, cet épilogue semble avoir détourné l’attention des services techniques et des autorités gouvernementales sur les véritables problématiques liées à la mise en œuvre du projet de cimenterie de la société Dangote. Cette situation a fait le lit de manquements dans les procédures de délivrance des autorisations de forages d’eau et d’approbation des études environnementales qui ont entériné les choix technologiques du nouvel opérateur qui sont basées essentiellement sur des considérations financières au détriment des préoccupations environnementales, sanitaires et de sécurité publique.

L’action en référé initiée par les représentants des villages impactés et par l’ONG ARAN basée à Thiès est surtout motivée par ces préoccupations.

Nous rappelons que l’usine de la société Dangote, installée à proximité de Pout, a construit, pour l’alimentation de son projet de cimenterie, une centrale électrique à charbon de 30 mégawatts qui utiliserait un système de refroidissement par eau (système dit WCC pour water cooled condenser).

Ce système de refroidissement consomme, pour une centrale de cette puissance, 4500 m3 d’eau par jour soit 1.500.000 m3 par an. Ces importantes quantités d’eau seront prélevées dans la nappe maastrichtienne de Pout qui est déjà en surexploitation pour les besoins de l’approvisionnement en eau de l’agglomération dakaroise. Dans le cadre d’une étude financée par la Banque Mondiale, le Bureau d’études Allemand GKW Consult démontre que le déficit du bilan hydraulique de la nappe maastrichtienne était de -15, 4 millions de m3 par an en 2009. Les prélèvements de la cimenterie de Dangote aggraveraient de 10 % ce déficit. Les impacts directs qui en découleront sont : la baisse continue du niveau statique des nappes et la remontée de la nappe salée du maastrichtien inférieur (up coming) qui, comme le démontrent les simulations de l’étude Banque mondiale de COWI–Polyconsult (2002), rendra à plus ou moyen long terme l’eau impropre à la consommation humaine voire à l’agriculture.

Lorsqu’on sait que Dangote prévoit à court moyen terme le doublement de ses capacités productives de ciment et d’énergie et donc de sa consommation d’eau qui atteindra le 3.000.000 m3 de prélèvement l’on ne peut que s’inquiéter des graves répercussions sur la disponibilité et la qualité des ressources en eaux souterraines du Maestrichtien qui, rappelons-le, est le principal aquifère du Sénégal occidental.

Hormis cet impact négatif sur la quantité et la qualité des ressources en eaux souterraines, nous voudrions aussi souligner l’existence d’un risque sanitaire avéré associé aux rejets d’eau tiède à chaude provenant du système de refroidissement qui favorisent la prolifération de bactéries pouvant provoquer la légionellose qui est une infection pulmonaire grave, parfois mortelle.

Les promoteurs de cette cimenterie ne peuvent pas ignorer ces réalités, mais ont certainement préféré ce système WCC qui, d’un point de vue financier est nettement plus avantageux à cause de ses coûts d’investissement, d’installation et d’exploitation qui sont beaucoup plus faibles. Une alternative aurait été un système de refroidissement par air (ACC pour air cooled condenser) qui ne compromet pas l’approvisionnement quantitatif et qualitatif des populations dakaroises en eau potable et ne comporte pas de risque de développement de bactéries

Aussi, les questions suivantes s’imposent à nous :

Pourquoi et comment la cimenterie Dangote a-t-elle pu avoir l’autorisation d’implanter 2 puis 4 forages avec des débits aussi importants alors que même la SDE qui approvisionne les populations en eau a été enjointe par la DGPRE de restreindre ses prélèvements dans cette même zone depuis plusieurs années ?

L’implantation des 6 forages de Dangote a-t-elle fait l’objet d’une évaluation environnementale spécifique ? Sinon, pourquoi ?

Pourquoi l’étude des variantes n’a pas analysé la variante système de refroidissement à eau vs système de refroidissement à air ?

Pourquoi l’évaluation environnementale du projet de Dangote ne fait nullement mention des impacts négatifs des pompages sur les ressources en eaux souterraines et le risque de développement de bactéries ?

Citoyen vigilant






Hebergeur d'image





Hebergeur d'image