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Romney distance Obama dans la course aux dollars

le 11 Juillet 2012 à 11:46 | Lu 544 fois

Le rival républicain du président sortant rivalise aussi dans les sondages.


Romney distance Obama dans la course aux dollars
Barack Obama n'a pas encore perdu l'élection présidentielle aux États-Unis, mais cette perspective n'est plus totalement inconcevable. Pour le deuxième mois consécutif, son rival républicain Mitt Romney a récolté plus de fonds que lui en juin, avec 106,1 millions de dollars de contributions, contre 71 millions pour le président sortant. Un record personnel pour l'ancien gouverneur du Massachusetts, qui n'égale toutefois pas encore le record toutes catégories établi par «Obama 1» lors de la précédente campagne présidentielle de 2008, avec 150 millions de dollars «levés» en septembre 2008.

Le candidat républicain, qui avait déjà raflé 76,8 millions de dollars en mai, contre 60 millions pour le démocrate, détient désormais 160 millions de dollars de trésorerie, loin devant Obama avec 109 millions, et quatre fois plus qu'il n'en disposait en avril.

Dans le camp républicain, après des primaires fratricides, on ne fait pas la fine bouche devant ces bonnes nouvelles. «Les levées de fonds ce mois-ci sont le signe de la part des électeurs qu'ils veulent un changement à Washington», se félicite Spencer Zwick, le responsable des finances de Romney.

Côté démocrate, le bel optimisme affiché en début de campagne a du plomb dans l'aile. «Nous avons encore été battus (en juin), avertit Ann-Marie Habershaw, la directrice des opérations du candidat Obama, dans un e-mail inhabituellement abrupt adressé à ses troupes. Si ça continue comme ça, nous allons perdre.» Les causes semblent entendues: une réforme de l'Assurance-maladie instaurant une couverture universelle approuvée par la Cour suprême mais toujours très impopulaire, et des attaques un peu trop franches contre les classes aisées, accusées d'être «coupées» du reste de la société.

Matraquage
Conséquence, après avoir longtemps indiqué un net avantage pour le président sortant, les sondages trahissent désormais un rééquilibrage des forces, les deux candidats recueillant environ 47 % chacun des intentions de vote. Barack Obama demeure assuré d'un large soutien populaire, malgré des performances économiques décevantes et l'aliénation des Américains les plus aisés. Mitt Romney, pour sa part, mène une critique efficace du bilan d'Obama mais peine à soulever les foules, desservi par son image de patricien emprunté. Seuls 37 % des électeurs républicains se disent tout à fait résolus à voter pour lui.

C'est ici que le trésor de guerre républicain pourrait se révéler décisif. Puisque rien ne semble joué dans cette campagne de plus en plus incertaine, les regards se tournent vers les fameux «swing states», cette douzaine d'«États bascule» à l'électorat particulièrement mouvant, à commencer par l'Ohio, la Floride, la Virginie, le Nevada et le Colorado. Quelque 110 millions de dollars y ont déjà été dépensés en publicités négatives visant à dénoncer les failles de l'adversaire.

Mal reçues par le public, las de ces joutes mesquines, elles continuent néanmoins de se multiplier comme des petits pains. L'équipe démocrate en a produit 68.000 en juin, dont 52.000 visaient directement Mitt Romney, accusé d'avoir «bradé» les emplois américains face à la concurrence chinoise. À ce petit jeu de matraquage médiatique, l'avantage démocrate pourrait aussi tourner court, avec l'immixtion croissante des plus puissants «Super Pac» (supercomités d'action politique) républicains, ces groupes de pression autorisés à collecter et à dépenser des sommes illimitées, à condition de ne pas financer directement leur favori.

Par Maurin Picard


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