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SANEEX ET CIE SUR L’ANNIVERSAIRE DU SOLEIL LEVANT AU GRAND THÉÂTRE : "NOUS REMBOURSERONS LE PRIX DU TICKET À CELUI QUI NE SERA PAS ENCHANTÉ"

Depuis quinze ans déjà, ils se sont imposés sur les planches sénégalaises. De leur premier produit, Saneex, au dernier, Wiri wiri, la troupe Soleil Levant n’a cessé d’émerveiller son public. Pour une première fois, Saneex et ses amis fêtent leur anniversaire au Grand Théâtre de Dakar ce 31 octobre. De passage au journal Le Quotidien, les trois artistes leaders de cette troupe, Cheikh Ndiaye, Aziz Niane et Cheikhou Guèye plus connu sous le nom d’artiste Saanex, expliquent les préparatifs de cet évènement et acceptent volontiers d’échanger sur tout sujet. Un entretien sans tabou.


Rédigé par leral.net le Mercredi 22 Octobre 2014 à 23:26 | | 0 commentaire(s)|

SANEEX ET CIE SUR L’ANNIVERSAIRE DU SOLEIL LEVANT AU GRAND THÉÂTRE : "NOUS REMBOURSERONS LE PRIX DU TICKET À CELUI QUI NE SERA PAS ENCHANTÉ"
Parlez-nous du spectacle que vous préparez pour le 31 octobre prochain au Grand Théâtre...

Cheikh Ndiaye : Soleil Levant a 15 ans d’existence. Dans ces 15 années, nous avons eu dix ans de succès. Cela fait donc une dizaine d’années que nous sommes reconnus partout et que nous faisons rire les Sénégalais. C‘est ce succès que nous voulons fêter avec le public, en collaboration avec le Grand Théâtre. L’équipe de ce dernier a estimé que nous pouvons rassembler du monde et offrir un beau spectacle. Ainsi, l’administrateur général, M. Keyssi Bousso, nous a appelés pour nous mettre à l’épreuve. Il faut dire aussi qu’on a remarqué que le Grand Théâtre, jusque-là, n’a encore pas reçu les artistes comédiens. Il n’y a que les musiciens qui s’y produisent depuis quelque temps. Pour toutes ces raisons, nous avons jugé nécessaire de relever ce défi et de montrer à tout le monde que le théâtre existe toujours au Sénégal... Souvent, nous entendons les gens dire que notre troupe ne sait faire que du théâtre télévisé. "Ils ne sont pas fort en live...", rapporte-t-on également. Ce sont toutes ces rumeurs que nous voulons taire. Vous verrez que ce spectacle sera du feu.

Pour ce spectacle anniversaire, toute la troupe sera-t-elle réunie, puisqu’on entend dire que certaines personnes ont été renvoyées par Saneex ?

Saneex : Depuis que notre troupe existe, il n’y a jamais eu de man- quant. Je n’ai renvoyé personne du Soleil Levant. Je suis un simple acteur dans la troupe et je n’ai même pas le droit de renvoyer qui que ce soit. Alors, pour ceux qui disent que tel ou tel a été renvoyé par moi, ils n’ont qu’a venir le 31 octobre prochain pour avoir des preuves. Et si jamais un artiste déclare être renvoyé par moi au sein du groupe, qu’il le notifie haut et fort aux yeux de tout le monde.

Comment expliquez-vous ce succès croissant de vos productions ?

Aziz : Nous, avant de partager la même troupe, on était déjà très amis. Ce qui fait que lorsqu’on a une idée en tête, on l’essaie à la base en toute harmonie. Et si ça passe, on la propose au public. On est très soudé et ça se ressent même dans nos produits. C’est d’ailleurs ce qui explique ce succès, notre spontanéité dans nos rôles. Pour revenir à ce que Saneex disait, parfois lors d’un tournage on peut inviter quelqu’un pour un rôle quelconque. Alors automatiquement, il devient figurant dans la pièce. Et après, lorsque tout se termine et qu’on ne le revoie plus, les gens disent qu’il a été renvoyé. Alors que tel n’est pas le cas. Il faut que les gens arrêtent de s’inventer ou de s’imaginer des choses qui n’existent pas. Nous, nous n’avons même pas le temps de renvoyer quiconque. Soleil Levant est une université...

Cheikh Ndiaye : Il est quand même bien de savoir que lorsque Leuz a appelé Saneex pour Buur Guewel (Ndlr, une série télévisée), il est venu nous en parler et personne n’y a vu d’inconvénients, parce que lui aussi voulait montrer une autre facette de son art. Mais dès lors qu’on a commencé à tourner une nouvelle pièce intitulé Wiri wiri, on l’a immédiatement appelé et il a laissé ses tournages pour revenir à la maison mère... Je le dis juste pour tirer au clair les histoires d’isolation, de rupture, etc. On n’a aucun problème. Tout ce passe à merveille au sein de notre troupe théâtrale.

S’il n’y a pas de problème, pourquoi alors vous ne produisez plus comme avant ?

Cheikh Ndiaye : on ne peut plus produire comme avant parce qu’il n’y a plus de producteurs. Avant, il y avait des producteurs, car ils y gagnaient au moins quelque chose. Mais maintenant, il y a pire que la piraterie. Ce sont les réseaux câblés. Imaginez-vous qu’une troupe sorte un produit aujourd’hui et demain tout une cité le regarde par le biais d’un réseau câblé. C’est grave. Avec ça, vous voulez qu’on continue à produire comme avant ? C‘est impossible. Aucun producteur ne mettra son argent dans une production tout en sachant que cela ne lui apportera aucun rond. Confronté à de pareilles circonstances, la seule solution est de travailler avec les télévisions, leur proposer nos produits et enfin courir après les sponsors. Cela au moins est plus bénéfique.

A vos débuts, vos pièces étaient plus comiques, mais subitement on vous sent plus sérieux...

Saneex : Nous avons toujours fait une comédie mature. Durant des temps et des temps, les gens se sont toujours plaints de la cherté de la vie, de ce qui marchait et de ce qui ne marchait pas. Alors, dès notre arrivée dans le monde du théâtre, on n’avait pas du tout besoin de stresser les gens avec des pièces pesantes. Du coup, nous avons décidé de les faire rire tout en véhiculant nos messages. Sinon, tout le potentiel qu’un artiste peut détenir dans le monde du théâtre, nous le détenons dans notre groupe. Si c’est de la comédie, nous savons la faire pleinement. Si c’est de l’humour, du drame, des pièces en français, nous avons le potentiel. On a simplement constaté qu’on n’a plus rien à prouver dans le champ de la comédie sénégalaise. Je peux vous assurer que notre dernier opus fera le bouquet. Je promets que toute personne qui le regardera versera des larmes. Si ce n’est pas le cas, on ne répondra plus de nos noms. Après cela, nous allons sortir une pièce. Et si elle ne remporte pas un Festival de Cannes, on abandonne le théâtre. Je vous le jure. Nous sommes des professionnels et jouons bien nos rôles. Nous sommes des artistes pleins sur tous les plans. De la comédie au drame, nous pouvons escalader tous les escaliers du théâtre.

Pour votre anniversaire, quelles seront les troupes invitées au Grand Théâtre ?

Saneex : Puisque les gens nous invitent lors de leurs manifestations, je pense qu’il est tout à fait normal que l’on fasse de même. Mais cela ne veut aucunement dire qu’on n’est pas en mesure d’assurer le spectacle tout seul. Nos invités sont des frères artistes et amis. Et on a la chance, nous la troupe Soleil Levant d’être l’ami des lutteurs, des musiciens et autres acteurs du monde des arts. A chaque fois que l’on organise des spectacles, ils viennent tous assister. On est en mesure d’assurer trois heures de spectacle. Nous garantissons de rembourser le prix du ticket à celui qui ne sera pas enchanté ou qui relèvera un manque de professionnalisme dans notre prestation. On promet de faire du jamais vu aussi bien dans le théâtre que la mise en scène. Remplir la salle est certes un défi de taille, mais le plus important pour nous, c’est de montrer aux journalistes et spectateurs que ce que nous faisons est très professionnel. C’est une façon pour nous, de faire taire ceux qui parlent. Il faut qu’ils se taisent...

Vous faites allusion à qui exactement ?

A personne !

Récemment, Dj Boub’s affirmait qu’il allait écraser les comédiens avec la nouvelle saison de la série Un café avec. Quel commentaire en faites- vous ?

Aziz : Je pense qu’il s’est trompé en tenant de tels propos. Mais tous ceux qui nous connaissent, nous Soleil Levant, savent qu’on est très rigoureux, mais également très respectueux dans ce que nous faisons. C’est d’ailleurs ce que certains interprètent en disant que nous sommes indisciplinés. Mais non ! Et si Boubacar Diallo se trompe en tenant de tels propos, il fallait qu’on lui fasse un rappel à l’ordre. C’est ce qui explique la réaction de Saneex après l’incident.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il lance ce défi aux acteurs du théâtre...

Saneex : Dans la vie, il faut avoir parfois l’esprit de dépassement. Nous nous respectons et respectons tout le monde. Dans ma vie, je peux compter le nombre de fois que j’ai fait des interviews. Ce n’est pas parce que je vous déteste, vous les journalistes. Mais je n’aime pas rentrer dans des détails. Boubacar Diallo est notre ami et grand frère. Et le restera pour toujours. C’est tout ce qu’on peut y dire. S’il dit qu’il joue mieux que nous, qu’il gagne plus que nous ou qu’il a de plus belles voitures que nous, d’accord ! C’est vrai, mais remercions Dieu.

Cheikh Ndiaye : Je pense que quoi qu’on puisse dire, nous avons révolutionné le théâtre. Il fut un temps où on nous traitait de tous les noms d’oiseaux. Mais aujourd’hui, tout le monde aimerait être à notre place. Parce qu’on a apporté du sang neuf au théâtre. Nous avons innové dans le théâtre. Le théâtre, ce n’est pas une compétition. La concurrence qui existe entre nous artistes se passe sur scène. Et vraiment, le tigre n’a pas besoin de crier sa "tigritude", il saute sur sa proie et la dévore. Là, on saura vraiment que c’est un tigre. Boubacar s’est trompé en disant ces mots et je parie que si c’était à refaire, il ne le dirait pas. On doit dépasser toutes ces choses là...

Vous n’avez toujours pas dit ceux qui seront les invités du spectacle du 31 octobre...

Du côté des musiciens, il aura Pape Diouf, Wally Seck, Viviane Chidid, Aïda Samb, Dame Sène. Pour les lutteurs, il y aura Balla Gaye, Modou Lô, Eumeu Sène, Bombardier et pour les comédiens, nous avons retenu Per Bu Khar et Doyen, Arcots de Dakar, de la banlieue, de Thiès, sans oublier Serigne Ngagne.

Qu’est-ce que vous promettez au public ?

Cheikh Ndiaye : Ce sera 100% comédie. Et on lance un appel au président de la République. C’est notre ami et il nous demandait toujours, alors qu’il n’était pas encore Président, de produire beaucoup. Nous ferons tout pour qu’il vienne assister à la soirée. On lui a d’ailleurs adressé une correspondance. On a aussi écrit à la Première dame, et au ministre de la Culture. Mais jusqu’au moment où je vous parle, les lettres sont restées sans suite. Nous savons que le Président admire les artistes. Et nous voulons lui offrir à travers ce rendez au Grand Théâtre un créneau pour qu’il démontre son attachement à la culture. Il avait promis d’aider la culture s’il accédait à la Magistrature suprême. Nous lui demandons solennellement de venir assister à la rencontre. Car il est par excellence le protecteur des arts et des artistes.

Quel message adressez-vous au ministre de la Culture ?

Cheikh Ndiaye : Nous voulons lui dire que depuis sa création, la troupe Soleil Levant n’a jamais reçu de subvention. Et malgré notre contribution avérée pour l’avancée notoire du théâtre sénégalais. Avec tous les défis qu’on a eu à relever, je pense qu’on méritait franchement un message d’encouragement même si on ne nous remet pas de l’argent...

Saneex : Combien de films produit Ouagadougou par an ? Le président de la République Macky Sall a remis un milliard pour promouvoir le cinéma au Sénégal. Mais jusqu’à présent, on ne sait pas où est passé ce milliard de francs. Il n’y a presque pas de cinéma au Sénégal à part quelques productions de Soleil Levant ou de Daraay kocc, entres autres groupes. Et ces productions sont réalisées avec les moyens du bord. C’est avec nos salaires ou en vendant nos voitures que nous réussissons péniblement à réaliser ses productions. Cela aurait été meilleur si ce milliard était logé dans une banque pour financer les troupes ayant des projets. Nous, Soleil Levant, nous ne connaissons pas ce qu’est le ministère de la Culture. Ce qui est sûr, c’est que le ministère ne saurait prétendre promouvoir deux films par an à hauteur d’un milliard. Le théâtre sénégalais devait dépasser ce stade depuis des lustres. On a écrit des films, nous Soleil Levant, et personnes n’écrit mieux que nous au Sénégal. Mais ce qui se passe dans ce pays, c’est qu’il a du favoritisme.

Un mot de la fin...

Aziz : Je donne rendez-vous à tout le monde au Grand Théâtre. C’est un grand défi que nous comptons relever. Et on invite tout le monde. Au passage, on remercie l’administrateur du Grand Théâtre Keyssi Bousso. Car il a au moins cru en nous et nous a fait confiance. Venez nombreux et vous verrez ce qu’on réserve au public.

Lequotidien






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