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SENEGAL : La discipline et le civisme avant l’émergence


Rédigé par leral.net le Vendredi 28 Mars 2014 à 08:30 | | 2 commentaire(s)|

SENEGAL : La discipline et le civisme avant l’émergence
Cela fait déjà deux ans que le Président Macky Sall est au pouvoir et le mot « rupture » est toujours d´actualité. Le mot revient régulièrement dans les discours. Mais qu’est-ce que la rupture ? N’est-ce pas en rapport avec les pratiques de gestion des affaires de l’Etat c’est á dire le fait de rompre avec une antériorité, une pratique ou un passé jugé désuet et complétement devenu stérile pour la société.

Mais au-delà des pratiques de nos gouvernants dont le mot rupture tire sa provenance, avec quoi devrons-nous vraiment rompre ? Autrement dit, en dehors de la rupture par rapport aux pratiques antérieures ou à la gouvernance tropicale, ne serait-ce pas avec l’indiscipline notoire et les mentalités incompatibles à tout développement ?

Le développement d’une nation commence par une discipline individuelle et collective de tous les citoyens. Tout ce qui forge actuellement la suprématie économique des grandes nations repose en grande partie sur la vertu du travail accompagnée de discipline et de civisme.

Certes, l’indiscipline est une question qui interpelle toute l’Afrique. Mais l’une des raisons de notre sous-développement réside sur le fait que nous manquons cruellement de discipline dans tout ce que nous faisons. Voilá ce qui explique la situation et les résultats actuels de notre pays. Les modéles chinois et japonais de discipline devraient faire école chez nous avec tout le respect et l’estime que je dois à mes compatriotes. C’est aussi parce que j´aime mon pays que je tiens un langage direct envers mes compatriotes.

Chers compatriotes, l’indiscipline s’accentue gravement dans notre pays à cause de la nouvelle culture de politique au Sénégal, qui tend plus vers la politique politicienne et la transhumance politique au détriment de l’intérêt général de la nation.

Qu’est-il advenu de notre éthique et de nos idéologies ? Un petit pays de 14 millions d’habitants avec plus de 245 partis politiques, c’est tout simplement du désordre et un grand manque de considération pour le peuple Sénégalais. Faire de la politique pour gravir l’échelle sociale c’est le comble de l’aberration. Les fonds politiques ne sont-elles pas qu’une escroquerie pour manipuler les analphabètes et se servir des biens publics ? Les détournements de fonds publics font partie des plus grandes actions d’indiscipline économique dans la gestion des affaires de l’Etat. De nombreux ONG, mouvements, associations et syndicats ne respectent pas les règles juridiques ou sociales et ne sont pas aussi contrôlés comme il le devrait.

Les médias véhiculent des informations mensongères qui ne sont pas contrôlées et n’ont aucun sens, nous avons un problème de déontologie. Il ne s’agit pas de pointer le doigt vers qui que ce soit, faites juste un tour au niveau des médias vous comprendrez mon amertume. La presse a-t-elle contribué á la culture de l´incivisme au Sénégal ?
L´autre disait: « Pourquoi au Sénégal, des adultes bien nippés urinent partout ? Pourquoi des centaines de fidèles effectuent leur prière du vendredi dans des ruelles sales où coulent des eaux usées ou devant des tas d'ordures ? Pourquoi au Sénégal, des citoyens se font écraser sous les ponts qu'ils rechignent pourtant à utiliser ? Pourquoi le Sénégalais ne fait jamais la queue ? Combien de sachets plastiques sont jetés par terre alors que les corbeilles sont toutes près ? ».

De hautes autorités de notre pays (ministres, directeurs de société) qui sont sensés nous diriger brûlent les feux rouges ou bien même sont auteurs d’insultes à la télévision nationale. Les hommes de tenue qui devaient maintenir l´ordre ne respectent pas malheureusement la loi. Le citoyen continue son bon chemin quand on procède á la levée du drapeau national qui est le symbole de notre nation. Les chauffeurs et les piétons ne respectent pas le code de la route et cela engendre des accidents dramatiques. Des manifestations ont lieu sans une quelconque autorisation. Les jeunes de la nouvelle génération ne respectent plus les personnes âgées. Les fumeurs qui dérangent les non fumeurs en public.
La liste est vraiment loin d’être exhaustive.

Peut-on définir l’indiscipline comme un manque de civisme, d’éthique et d’éducation ?
Nous pouvons changer de régime autant de fois, élaborer des programmes, les exécuter, injecter des milliards, mais seule la DISCIPLINE individuelle et collective des citoyens Sénégalais pourra nous maintenir sur le cap du développement. L’indiscipline et l’incivisme semblent bien être à l’origine des maux dont souffre notre cher pays. Chacun fait ce qu’il veut sans être puni. Au Sénégal on aime trop dire ce n’est pas grave, Dieu est Clémence ou fait le « Masla ». Cette culture de l’excuse empêche de sanctionner, à la limite, de punir les agissements de certains fauteurs.

Nous devons changer nos mentalités pour un vrai développement au Sénégal. L’INCIVISME constitue un frein au développement. Lutter á l’éradication de ce fléau est gage de sécurité d’émergence et de développement de tous les pays y compris le Sénégal. Il faut changer les mentalités de DEMANDEURS (la politique de la main tendue) en mentalité de DONATEURS, de transformer les mentalités de FONCTIONNARIAT en mentalité D’ENTREPRENARIAT.
Point de DISCIPLINE et de CIVISME, point de DÉVELOPPEMENT.

Zaccharia Ndiaye, Sénégalais vivant aux Etats-Unis
Spécialiste des Technologies et d’Information/Consultant des IT







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