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SOULEYMANE SANE, ANCIEN INTERNATIONAL, SUR LA SUCCESSION DE LAMINE NDIAYE «Je suis intéressé»

L’ancien international sénégalais de la Bundesliga dit être intéressé par le poste de sélectionneur national ou tout autre fonction pouvant lui permettre de contribuer au redressement du football sénégalais. Qui passerait «par une nouvelle génération qui connaît les entraîneurs, qui connaît les clubs et qui a plus de facilités pour récupérer les joueurs quand il y a un problème. Il faut tourner la page» et «virer certaines personnes qui sont là depuis plus de 60 ans». L’ex-capitaine et buteur des Lions va droit au…but.


Rédigé par leral.net le Mercredi 12 Novembre 2008 à 15:06 | | 0 commentaire(s)|

SOULEYMANE SANE, ANCIEN INTERNATIONAL, SUR LA SUCCESSION DE LAMINE NDIAYE «Je suis intéressé»
Comment suivez-vous l’évolution du football sénégalais ?

C’est avec beaucoup d’amertume que je suis l’évolution du football sénégalais. Ici, les gens me demandent toujours pourquoi le Sénégal n’était pas qualifié à la coupe du Monde en 2006, pourquoi maintenant le Sénégal est sorti de la course pour la prochaine coupe du monde et la Can ? On me demande également pourquoi je n’aide pas le Sénégal, mais ma réponse est toujours que l’Afrique et l’Europe c’est deux paires de chaussures différentes. En Europe, les anciens joueurs ont une fonction quelque part.

Pour beaucoup d’Européens, c’était une surprise que le Sénégal n’arrive pas à se qualifier pour le Mondial 2006. Maintenant ça arrive encore une autre fois. On n’arrive pas à se qualifier au prochain mondial qui va se jouer pour la première fois en Afrique. C’est la catastrophe. En Afrique, on fait partie du premier lot, du groupe des 10 meilleures équipes africaines. Je n’aime pas tellement critiquer.

Cependant, il y a une façon de gérer une équipe nationale, mais au Sénégal ce n’est pas le cas. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas «Pro» qu’on ne sait pas jouer au football. Le problème n’est pas là, mais d’être prêt quand on est sur le terrain. Mais chez nous les joueurs quand ils arrivent, ils pensent qu’ils sont en vacances. Tout le contraire des Européens qui, quand ils retournent en équipe nationale, vont en guerre. Quand on est appelé en équipe nationale, on doit faire comme si on est convoqué pour faire le service militaire.

Seriez-vous candidat au poste de sélectionneur national si la fédération lance un appel à candidature ?

Pourquoi pas ? Si je lance ma candidature et que j’ai la chance d’être choisi, beaucoup de choses vont changer. Il y aura certaines choses qu’on devra régler avant que je ne dise oui. De toute façon, ce serait un honneur pour moi de prendre l’équipe nationale. Ce sera une occasion de montrer un peu ce que j’ai appris en Europe.

Je suis sénégalais, les Sénégalais me connaissent et ils n’ont pas besoin de voir ma tête pour me confier des responsabilités. Ce serait un plaisir pour moi s’ils (les dirigeants) m’appelaient. J’avais procédé de la même manière dans le passé. J’avais fait une déclaration en disant que je suis intéressé. C’était avant qu’ils ne prennent Lamine Ndiaye. Ils pouvaient peut-être m’appeler, mais ça n’a pas été fait.

Oui, je suis intéressé. Tout ancien joueur de l’équipe nationale aimerait aider son pays. Si la fédération nous demande si l’on peut faire quelque chose, pourquoi pas ?

Faites-vous une fixation sur le poste de sélectionneur national ?

Fixation, non. Je ne peux pas dire que je vais venir, je veux devenir entraîneur ou entraîneur adjoint. Mais je serais très heureux que la fédération ou le ministère m’appelle et après on saura comment on peut travailler ensemble pour que je puisse venir aider en apportant des idées. Je n’ai pas tellement de poste de préférence.

Au Sénégal, on fait venir quelqu’un sans lui donner les moyens de travailler. S’il ne fait pas de résultats, il bouge et l’on fait venir un autre. Ce sont des dépenses qui se font. Les Européens peuvent se permettre de virer un entraîneur après trois ou quatre matches parce que financièrement, ils sont bien assis. Mais nous, nous ne pouvons pas le faire. Il faut qu’on apprenne à donner à certaines personnes le temps de travailler. Il faut qu’on travaille dans la durée. Un entraîneur a besoin de temps.

Avec vous, qu’est-ce qui pourrait changer ?

Pour pouvoir faire quelque chose au pays, il faut qu’il y ait un grand changement. Il faut qu’on essaie de travailler avec beaucoup de professionnalisme. Il faut aussi que les gens nous - mes anciens camarades et moi - fassent confiance. Nous avons prouvé pour la mériter. Nous savons comment gérer un professionnel. Je suis prêt, mais si je dois revenir pour succéder à Lamine Ndiaye, je dois avoir la possibilité de pouvoir faire quelque chose pour la fédération. Je devrais avoir les cartes en main pour pouvoir choisir les gens avec qui je dois travailler. Peu importe si cela doit être des Sénégalais ou des étrangers. Mais si je devais venir, ce ne serait pas pour une question d’argent. La chose la plus importante, c’est qu’on me donne la chance. Si un jour, je reçois un coup de fil de la fédération ou du ministère qui me demande si je suis intéressé par l’équipe nationale, pourquoi pas ? Je vais voir les possibilités. De toute façon si j’ai la chance de prendre ça, il faudra beaucoup changer dans l’équipe et dans la fédération.

Par exemple ?

On s’occupe beaucoup de l’équipe A, mais il n’y a pas de suivi. On ne voit jamais les moins de 18 ou moins de 16 ans dans le système africain. Au Sénégal on s’occupe toujours de la première équipe et l’on oublie tout le reste. C’est pourquoi quand l’équipe A ne marche pas, il n’y a plus de relève. En Europe, le plus important c’est la relève. La base est importante. Mais au Sénégal on oublie la base pour travailler en haut. On doit penser à un mélange entre les jeunes qui sont en Europe et ceux qui sont au pays pour en faire une base solide, mais chez nous c’est toujours le même bordel. Quand quelqu’un commence à réussir, il y a d’autres qui font tout pour lui gâcher sa chance. Ce n’est pas bon. Nous devons tous parler la même voix. Mais il y a des clans par ci et par là. Ce sont des conneries. Ils ne le font pas en club. L’équipe nationale appartient à tout le monde.

Quand est-il des changements par rapport à la fédération ?

L’idée que j’ai, c’est de virer certaines personnes de la fédération. Comme on est éliminé de la coupe d’Afrique et du mondial, la seule chose qui nous reste c’est de recommencer à zéro. Certaines personnes, cela fait des années qu’elles sont là. Depuis les années 60, ils (les dirigeants) sont là. Le football des années 60 et celui d’aujourd’hui sont différents. Il y a un petit changement qui s’est opéré. C’est une autre façon de se préparer. Il faut une nouvelle génération qui connaisse les entraîneurs, qui connaisse les clubs et qui a plus de facilités pour récupérer les joueurs quand il y a un problème. Il faut tourner la page. Il y a certains doyens qui doivent bouger pour céder la place à certains jeunes qui peuvent montrer quelque chose en apportant de nouvelles idées. Le football a totalement changé. C’est comme une roue qui tourne.






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