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Sachons raison garder (Aly Koto Ndiaye)


Rédigé par leral.net le Lundi 29 Février 2016 à 23:33 | | 8 commentaire(s)|

Sachons raison garder   (Aly Koto Ndiaye)
Certains politiciens hâbleurs et les encagoulés tapis dans la « sociétécivile » abusent et nous abusent en se prenant pour les portes voix dessans voix de la population. Pourtant, les dernières d’élections (2012 et2014) ont fini de prouver qu’ils n’ont pas cette légitimité et donc devaientse garder de parler en leur nom. Les réactions enregistrées chez les « wakh kat » professionnels sont àmon humble avis très disproportionnées. Et ce d’autant plus que les 65% de sénégalais qui ont voté pour le Président SALL n’exigeaient pas de lui qu’il réduise le mandat qu’ils venaient de lui accorder, même sil’engagement du candidat (et ensuite du Président) avait séduit plus d’un,jusqu’au-delà de nos frontières parce qu’unique dans les annales.L’attente était devenu, il est vrai, très forte mais de là à dire que sa non effectivité, suite à l’avis du conseil constitutionnel, correspond à un scandaleux recule démocratique relève tout simplement de la démagogie. Certes les sénégalais voulait majoritairement le retour au quinquennatrenouvelable une fois, mais l’idée par trop généreuse de l’appliquer aumandat en court était un engagement du seul Président Macky SALL quidu reste a posé tous les actes légaux pour ce faire. Si in fine le conseil constitutionnel juge que la rétroactivité n’est pas conforme à l’esprit de la constitution et qu’il faille soustraire cet alinéa du projet de révision, on peut comprendre que certains s’en émeuvent mais tout de même,sachons raison garder. Ouvrir une brèche sur la durée du mandat encours reviendrait à soumettre cette disposition aux humeurs d’une seule personne, serait-il le président de la République, peut être lourd de conséquences; les soubresauts connus en 2011 sont encore frais dans nos mémoires or comme dit l’adage, chat échaudé craint l’eau froide.Dans ce débat un peu trop cacophonique, j’attendais des « universitaires» et autres experts autoproclamés, qu’ils plaident pour le respect de la
constitution, gage de stabilité de notre pays. Ces querelles d’écoles, sur les éclairages demandés au conseil de sécurité pour une modification de la durée du mandat présidentiel en cours, a fini d’installer la contradiction entre les « spécialistes » de la question. Pourtant, commedit l’adage, le langage de la vérité est simple: si on se permet uneretouche par le bas, rien d’étonnant que demain, un illuminé s’autoriseune rallonge via le « OUI » de sa majorité du moment. Cette éventualité doit obliger le législateur à encadrer et verrouiller systématiquement tout mandat en cours dans sa durée légale, quelque puisse être la sincérité de l’acteur du moment dans sa volonté de bien faire.Un texte de loi fait par et pour les hommes, fut il fondamental, sera toujours perfectible, mais tant qu’il est en vigueur, il faut l’appliquer : «Dura Lex, Sed Lex » et l’arbitrage de toute nuance doit participer à nous préserver des dérives que nous enregistrons çà et là sur notre continent.C’est ce qu’a fait le Président Macky SALL en décidant de se mettre en dessous de la loi et j’espère que cela servira de jurisprudence. J’aurais même souhaité que l’opportunité qu’offre la révision soit mise à profit pour consolider et lever tout équivoque quant aux rendus du conseil constitutionnel, afin que toute réponse que donnera celui-ci soit désormais considérée comme une « DÉCISION » à appliquer. D’autre part, ce point ponctuel parce que contextuel de la proposition de réforme qui pose la rétroactivité, ne doit pas occulter les autres qui sont beaucoup plus importants pour la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance. Éviter de « jeter le bébé avec l’eau du bain » doit rester le credo de tout bon dirigeant ou aspirant. Il est du rôle des"sachants" d’expliciter aux citoyens le fond des questions soulevées parles réformes proposées au lieu de disserter à longueur d’antenne sur unengagement généreux, volontaire, ferme mais dont la mise en œuvre peutse traduire comme un dangereux précédent. La charte fondamentalen’est pas un jouet, apprenons à la respecter. S’il est vrai que nous devons tout faire pour un dialogue consensuel entre le président Macky Sall et l’ensemble des acteurs politique, pour autant il est regrettable de voir des parti politiques se cacher derrière des jeunes certes volontaires et courageux mais qui ignorent tout ou presque de la gestion des affaires de l’état. S’opposer à tout prix doit-il pousser les mêmes qui, hier se mobilisaient sous la bannière « Touche pas à ma constitution » à hurler à qui mieux mieux avec les loups, contre le respect
de cette même constitution ? L’émotion ne doit en aucun cas prendre lepas sur la raison. Alors surpris ou même déçus, il n’en demeure pas moins que voter pour le NON juste pour ramer à contrario du Président Macky Sall, c’est accepter de perpétuer les « imperfections » naguère décriées qui sont contenues dans la constitution en vigueur. Un examen objectif du projet de réforme montre à bien des égards que voter pour le« OUI » c’est faire preuve de sens de responsabilité pour une avancée notoire vers l’idéal démocratique.PS : en ce qui concerne le manifeste signé par des compétences universitaires, j’ose espérer qu’il s’agit d’une résolution née d’une table ronde et non d’une simple « pétition ».

Aly Koto NDIAYE, responsable politique à Fatick, ancienMinistre, Directeur du Fond de Développement du ServiceUniversel des Télécommunications FDSUT






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